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chronique

Quel avenir Marc Bergevin veut-il protéger?

Marc Bergevin en conférence de presse à Montréal
Marc Bergevin en conférence de presse à Montréal Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Guy D'Aoust

BILLET - À l'approche de la date limite des échanges, Marc Bergevin a clairement indiqué qu'il ne souhaitait pas compromettre l'avenir du Canadien pour améliorer l'équipe à court terme. Mais quel est cet avenir au juste? Le court terme, ça veut dire quoi? Serait-ce un sacrilège d'échanger son premier choix?

D’abord, soyons clairs : aucun directeur général de la Ligue nationale n’a le mandat de gagner la Coupe Stanley dans 10 ans. Une décennie, ce n’est pas du long terme dans le sport professionnel, c’est de la science-fiction.

La « fenêtre d’opportunité »

Cette expression est devenue populaire ces dernières années. Et avec raison. Une équipe doit penser en fonction du développement de l’ensemble de ses effectifs et en fonction du vieillissement aussi.

Trois des piliers du CH, Shea Weber (33 ans), Carey Price (31) et Jeff Petry (31) ont encore quelques bonnes années à offrir. Après, il ne faudra plus chercher à les soutenir, mais à les remplacer. Les gardiens vieillissent mieux, parfois. Les défenseurs, un peu moins. Mais disons que d’ici trois ans, il faudra s’attendre de la part de ces éléments essentiels à un rendement et à une assiduité (risques de blessures) qui iront en diminuant.

Carey Price (à gauche) et Shea WeberCarey Price (à gauche) et Shea Weber Photo : USA Today Sports

Le repêchage

C’est la clé, dit-on.

L’ennui, c’est qu’à de rares exceptions près, il faut attendre plusieurs années pour voir les jeunes espoirs se développer. Si on établit la « fenêtre d’opportunité » du Canadien à trois ou quatre ans, on peut regarder ce qu’on a obtenu depuis trois ou quatre ans pour comparer.

Le Tricolore a repêché 29 joueurs depuis quatre ans. Quatre d’entre eux jouent dans la Ligue nationale : Noah Juulsen (26e en 2015), Mikhail Sergachev (9e en 2016), Victor Mete (100e en 2016) et Jesperi Kotkaniemi (3e en 2018). C’est bon pour un taux de succès de 14 %, ce qui est à peine suffisant pour combler les départs.

Jesperi KotkaniemiJesperi Kotkaniemi Photo : Getty Images / Claus Andersen

Le 1er choix

Marc Bergevin doit-il envisager de céder son premier choix au repêchage? Serait-ce vraiment un sacrilège? Que vaut-il au juste ce premier choix?

S’il maintient son rythme actuel, le Canadien parlera au 19e ou au 20e rang au repêchage de juin prochain. Depuis 10 ans, 112 joueurs ont été repêchés en fin de premier tour, du 20e au 31e rang. Seulement deux d’entre eux ont brûlé les planches : Evgeni Kuznetsov (2010, Washington) et David Pastrnak (2014, Boston).

David PastrnakDavid Pastrnak Photo : The Associated Press / Winslow Townson

D’accord, il y a eu une bonne part de Kyle Palmieri, de Kevin Hayes et autres Shea Theodore. Mais il y a eu beaucoup plus de Michael McCarron, de Nikita Scherback et de Jarred Tinordi.

Marc Bergevin n’aurait-il pas intérêt à utiliser ce premier choix dans un échange?

Comme à la bourse

Vends en hausse et achète en baisse. C’est la traduction la moins boiteuse que j’ai trouvée pour le classique « sell high, buy low » qui guide le marché boursier.

Marc Bergevin doit trouver dans les autres organisations le joueur qui, à ses yeux, vaut plus que ses performances récentes. Il doit ensuite convaincre le directeur général de l’équipe concernée qu’il pense le contraire, le persuader qu’il lui fera une faveur en l’en débarrassant. Ça a marché pour Phillip Danault, mais ce n’est pas simple.

Pour ne donner qu’un exemple, Jonathan Huberdeau connaît une saison ordinaire. Seulement 13 buts en 55 matchs et surtout une fiche de -24 qui le place au 839e et dernier rang de la ligue. Est-ce qu’on téléphone à Dale Tallon? Et on lui offre quoi?

Il faudra trouver

Bergevin a fait plaisir à Claude Julien en renflouant son quatrième trio. Nate Thompson et Dale Weise n’ont pratiquement rien coûté.

Mais on ne s’achète pas une coupe au rayon des aubaines. S’il vise le sommet d’ici trois ou quatre ans, le DG devra faire mieux.

Après, tout sera à refaire. Et je vous parierais mon… premier choix que c’est un autre qui s’en chargera.

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