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L'IAAF aurait l'intention de classer Caster Semenya comme un « mâle biologique »

Caster Semenya
Caster Semenya Photo: Getty Images / Vidar Ruud
Radio-Canada

Selon le quotidien The Times, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) veut que Caster Semenya, double championne olympique du 800 m, soit considérée comme un « mâle biologique », et doive abaisser chimiquement son niveau de testostérone. L'IAAF a démenti l'information.

Selon le journal britannique, l'IAAF défendra cette position dans quelques jours dans une audience très attendue devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), au cours de laquelle la Sud-Africaine et d'autres athlètes veulent contester l'entrée en vigueur des nouvelles règles controversées de la Fédération internationale sur l'hyperandrogénisme.

« Les avocats de l'IAAF vont plaider que la Sud-Africaine de 28 ans, et d'autres athlètes avec des DSD (differences of sexual development ou différences de développement sexuel), devrait être classés comme mâles biologiques, mais être autorisés à s'identifier comme femmes et à concourir dans des courses réservées aux femmes si, comme le font les athlètes transgenres, ils prennent des produits pour réduire la testostérone », écrit The Times.

Le titre de l'article du journal The Times sur Caster SemenyaLe titre de l'article du journal The Times sur Caster Semenya Photo : The Tiimes

« L'IAAF ne classe aucun athlète DSD comme mâle. Au contraire, nous acceptons leur sexe officiel sans aucune question, et leur permettons de concourir dans les compétitions réservées aux femmes », a rétorqué l'IAAF dans un communiqué.

« Cependant, si une athlète DSD a des testicules et des niveaux de testostérone masculins, elle a le même développement osseux, la même augmentation de la masse musculaire et de la puissance que chez les mâles après la puberté, et c'est ce qui donne l'avantage aux hommes par rapport aux femmes, précise l'IAAF.

« Pour préserver l'équité de la compétition réservée aux femmes, il est donc nécessaire de demander aux athlètes DSD de réduire leur taux de testostérone au niveau de celui des femmes avant une compétition internationale », plaide la fédération internationale.

La double championne olympique (2012, 2016) et triple championne du monde du 800 m (2009, 2011, 2017) bénéficie du soutien de la Fédération d'athlétisme d'Afrique du Sud. Elle est sûrement l'athlète la plus connue touchée par le nouveau règlement de l'IAAF.

Caster Semenya donne un discours lors du gala de l'organisme Women in Sports le 17 octobre 2018 à New York.Caster Semenya donne un discours lors du gala de l'organisme Women in Sports le 17 octobre 2018 à New York. Photo : Getty Images / Nicholas Hunt

En vertu de ce texte, les athlètes qualifiées d'« hyperandrogènes » comme Caster Semenya devront abaisser chimiquement leur niveau de testostérone pour pouvoir concourir, ce qui selon l'athlète sud-africaine entre en violation avec la constitution de l'IAAF et la charte olympique.

Ces nouvelles règles devaient entrer en vigueur le 1er novembre 2018, mais elles ont été suspendues pour cinq mois afin d'éviter un nouveau report des procédures entamées par Caster Semenya pour revoir la légalité de ces règles.

« Incontestablement une femme »

Les avocats de Semenya ont réagi à l'article du Times dans un communiqué.

« Mademoiselle Semenya est incontestablement une femme. Elle est une héroïne et une source d'inspiration dans le monde entier », écrivent-ils.

« Elle se réjouit de pouvoir répondre à l'IAAF à l'audience à venir du Tribunal arbitral du sport », ont-ils par ailleurs ajouté.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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