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Wandrille Lefèvre se joint à l’AS Blainville avec le rêve d’affronter l’Impact

Wandrille Lefèvre
Wandrille Lefèvre Photo: Getty Images / Minas Panagiotakis
Antoine Deshaies

Wandrille Lefèvre s'ennuie de la pelouse et de la camaraderie qui règne sur les terrains de soccer. Forcé à l'inactivité depuis qu'il a été libéré par l'Impact de Montréal en janvier 2017, l'ancien défenseur effectuera un retour au jeu avec l'AS Blainville, l'équipe championne de la Première Ligue de soccer du Québec.

Il aurait bien aimé jouer l’an dernier, mais puisqu’il était encore sous contrat avec la MLS, le jeu n’en valait pas la chandelle financièrement. Il est donc resté chez lui à écouler la dernière année de son entente.

Avec du recul, cette année sabbatique était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Il dit être encore en très grande forme, ce qui a toujours été l’une de ses marques de commerce.

« J’avais besoin d’être loin des terrains, admet Lefèvre, 29 ans. Le sport professionnel, ça use physiquement et mentalement. Là, je vais retrouver un équilibre avec ma nouvelle vie professionnelle et sportive. Je vais me retrouver dans un environnement plus détendu avec des amis d’enfance. »

Depuis sa retraite sportive forcée, Lefèvre ne chôme pas. Il est conseiller en financement et en transfert d’entreprises pour Capital Conseil. Son emploi demeurera au sommet de ses priorités, bien avant le soccer.

Avec l’AS Blainville, il s’entraînera deux ou trois fois par semaine en plus de disputer un match. Surtout, il aura la chance de participer au Championnat canadien, une voie qui pourrait le mener à un affrontement contre son ancienne équipe.

Si Blainville gagne ses duels aller et retour contre York puis Edmonton, deux équipes de la toute nouvelle Première Ligue canadienne, ce rêve deviendra réalité.

« Ce n’est même pas un luxe de rêver, avance Lefèvre. On n’est qu’à deux tours de retrouver l’Impact de Montréal. Chaque année, dans les coupes nationales en Europe, il y a toujours des surprises. »

Fin de mariage difficile, divorce courtois

Wandrille Lefèvre est catégorique : il n’en veut pas à la direction du Bleu-blanc-noir de l’avoir libéré avant la fin de son contrat. Bien sûr, il a ruminé la décision dans les premières heures, mais il dit s’être rapidement ressaisi.

« C’est un choc de perdre un emploi qu’on aime et surtout de perdre la camaraderie du vestiaire, explique-t-il. Je suis rapidement passé en mode prospection pour me trouver de nouveaux défis. Ma force mentale a toujours été l’un de mes points forts et ça m’a bien servi dans ce passage. J’étais prêt à passer à autre chose. »

La vraie brisure entre lui et le club est toutefois survenue avant son départ officiel. Un an avant la fin prévue à son contrat, en 2016, Lefèvre avait commencé les négociations pour prolonger son séjour avec l’Impact.

Wandrille LefèvreWandrille Lefèvre Photo : Reuters / Noah K. Murray-USA TODAY Sports

Il avait atteint les objectifs fixés à son contrat et voulait être payé en conséquence. La tournure des discussions l’a blessé.

« C’était anormalement long comme négociations, confie-t-il. Je n’étais pas un joueur vedette comme Piatti ou Drogba, alors je pensais que ça se réglerait rapidement. J’avais rendu de fiers services à l’équipe et, dans ma tête, la récompense devait être le nouveau contrat. »

Les pourparlers se sont échelonnés sur un an et demi. Les deux parties en sont venues à une entente, mais le mal était fait.

« Je comprenais le principe qu’un joueur de Montréal doive accepter un escompte à rester chez lui, explique-t-il. On a beau répéter que les affaires sont les affaires, mais je devais quand même me sentir valorisé comme n’importe quel travailleur. Le processus m’a affecté. »

Le lien, dans la perspective de Lefèvre, venait de se briser. Avec le recul, il en fait une lecture très réfléchie.

« C’est là que ça s’est brisé et principalement de mon côté, confie le défenseur. Je ne suis pas rancunier et je réalise que la vie que j’ai en ce moment, je la dois en partie à l’Impact. Mes années dans le club m’ont permis de me forger un mental qui me permet d’être qui je suis aujourd’hui. »

Si Lefèvre est en froid, il le cache bien. On le croise régulièrement aux matchs au stade Saputo.

Il enfilera aussi ses espadrilles samedi après-midi à l’invitation de son ancien coéquipier Patrice Bernier pour un match caritatif au profit de la Maison d’Haïti et de la fondation Bon départ au Centre Pierre-Charbonneau.

« Je devais l’affronter, mais il m’a échangé contre Georges Laraque et on sera dans la même équipe », conclut-il en riant.

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