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L’ancien entraîneur de gymnastique Dave Brubaker jugé non coupable à son procès pour agression sexuelle

L’ancien entraîneur de gymnastique Dave Brubaker jugé non coupable à son procès pour agression sexuelle
Radio-Canada

L'ancien entraîneur de l'équipe féminine canadienne de gymnastique Dave Brubaker a été déclaré non coupable, mercredi, à la conclusion de son procès pour agression sexuelle et incitation à des attouchements sexuels, à Sarnia, en Ontario. La juge Deborah Austin a jugé sincère le témoignage de la plaignante, mais a noté des failles dans la façon dont l'enquête policière a été menée.

Les accusations émanaient d’une série d’incidents qui se seraient produits de 2000 à 2007 sur une athlète de moins de 16 ans que Brubaker a entraînée pendant cette période.

Au début de ce procès devant juge seul, la femme dans la trentaine a révélé dans son témoignage que Brubaker l'a embrassée sur les lèvres à maintes reprises pour lui dire bonjour et au revoir quand elle n'avait que 12 ans.

Il a affirmé qu'il n'a jamais fait de sieste avec la plaignante et qu'il n'avait jamais non plus dormi en cuillère avec elle. Mais il l'embrassait sur la bouche chaque fois qu'il la voyait, a-t-il admis.

Brubaker a nié toute intention à caractère sexuel. Il a expliqué qu’il palpait le haut de la cuisse de la plaignante, près de son pubis, de même que les muscles pectoraux près de ses seins, et qu’il le faisait pour améliorer ses performances sportives.

La vidéo de l'interrogatoire et l'enquêteur

Au cours du procès, l'avocat de la défense, Me Patrick Ducharme, a remis en question la légitimité de la vidéo de l’interrogatoire de Brubaker parce que l'enquêteur qui l'a réalisé a un lien de parenté avec la plaignante. Il est son cousin et a agi comme garçon d’honneur à son mariage. La victime alléguée est aussi la marraine de l’enfant du policier.

La juge Deborah Austin a admis en preuve la vidéo, dans laquelle on entend Brubaker dire qu'il a « franchi la limite » avec la plaignante, mais a dit qu’elle l'examinerait avec « prudence ».

« Je ne critique pas le fait qu’il soit un bon ami, je critique sa décision d’assumer seul la responsabilité de l’enquête, a dit la juge Austin dans la lecture de son verdict au sujet du policier, appelé à la barre des témoins pendant le procès. Des questions se posent sur la façon dont le dossier a été traité. La fiabilité des arguments de la Couronne en est entachée. Ce sont des choses qu’on ne peut ignorer. »

« Dans l'interrogatoire, il y a un long commentaire et un monologue de l'enquêteur, et les questions sont très larges », a noté la juge Austin, suggérant qu'il a servi de « courroie » à la victime alléguée.

« L'enquêteur n'a pas demandé à Brubaker quelle limite il avait franchie, ou de quelle façon », a-t-elle ajouté.

À la sortie de la cour, l'avocat de Dave Brubaker a réclamé la tenue d'une enquête sur l'enquêteur. « Il doit (à Brubaker) plus que des excuses. Il a complètement chamboulé sa vie », a lancé Me Ducharme.

« Sincère et authentique »

La juge Austin a tenu à préciser, dans son verdict, que la plaignante avait été « sincère et authentique » au moment de témoigner.

La défense a aussi argué que la femme éprouvait de l'amertume parce qu'elle n'a pu se rendre aux Jeux olympiques, contrairement à d'autres athlètes sous la supervision de son entraîneur.

Dave Brubaker est bien connu dans le monde de la gymnastique canadienne et internationale. Il était entraîneur de l’équipe nationale féminine pendant les Jeux olympiques de 2012 et 2016 et a dirigé le club Bluewater Gymnastics de Sarnia de 1985 à 2017.

Gymnastique Canada fera enquête

Dans les minutes qui ont suivi le verdict de la juge Deborah Austin, Gymnastique Canada a annoncé qu’elle mènera une enquête interne au sujet de Dave Brubaker.

La fédération nationale avait déjà suspendu l’ancien entraîneur après son arrestation en décembre 2017, une procédure normale inscrite dans ses politiques et qu’elle applique en cas de plainte.

Elle « reconnaît et accepte sa responsabilité de créer et de préserver un environnement favorisant une expérience positive, saine et enrichissante pour tous les participants en gymnastique et est déterminé à l’exercer », écrit-elle par communiqué, et s’engage à continuer à mettre en oeuvre « un cadre sportif sécuritaire pour la gymnastique, partout au pays ».

Gymnastique Canada avait aussi suspendu le 21 janvier la femme de Dave Brubaker, Elizabeth Brubaker, entraîneuse au club Bluewater de Sarnia, pour des violations alléguées à son Code d'éthique et de conduite.

Avec les informations de La Presse canadienne

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