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Après son duel contre les Maple Leafs, où en est le Canadien?

Brendan Gallagher marque contre Frederik Andersen.
Brendan Gallagher marque contre Frederik Andersen. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Alexandre Gascon

La visite des Maple Leafs tombait à point nommé. Une occasion pour le Canadien de prendre la pleine mesure de sa progression face à des rivaux naturels, de potentiels adversaires en séries éliminatoires, la plus productive formation de la ligue à forces égales.

Après une période creuse à la mi-janvier, les Leafs sont débarqués à Montréal avec une récolte de neuf points à leurs cinq dernières rencontres.

On le répète, ils forment la meilleure équipe à cinq contre cinq de toute la LNH avec 141 buts, et ils misent sur une pléthore de talents de pointe, dont les 3 meilleurs marqueurs ont en moyenne 11 points de plus que le plus productif du CH.

En dépit du revers en prolongation, le Tricolore a échangé coup pour coup avec les Torontois.

On ne grimpe pas sur nos grands chevaux, mais on est assez confiants pour se dire que si on joue bien, on peut gagner n’importe quel match.

Claude Julien

Non, le Bleu-blanc-rouge n’a pas à pâlir de sa prestation, bien qu’il ait vécu quelques moments de panique ici et là.

Des exemples? En première période après les deux buts rapides des Leafs, Phillip Danault a perdu la rondelle dans l’enclave, Max Domi a dégagé par le centre, la rondelle est restée vacante devant Price après un tir d’Auston Matthews.

En troisième, à la suite du but égalisateur de William Nylander, que Carey Price « aurait dû arrêter pour mettre fin au match » selon ses dires, Toronto a passé près de 2 minutes dans le territoire des Montréalais.

En fait, Danault, Mike Reilly et Jeff Petry se sont retrouvés sur la glace pendant 2 minutes exactement. Ils ont plié, mais n’ont pas rompu. C’est venu plus tard, seulement après l’inefficacité de l’avantage numérique. Nous y reviendrons.

« Ce match était à nous », a estimé Andrew Shaw, qui regrettait encore cette avance de 3-2 au troisième tiers que le Tricolore n’a su conserver.

Pourtant, les regrets apparaissent oiseux dans ce contexte.

Le Canadien est clairement en avance sur son programme de reconstruction qui repartait sur des fondations ébranlées et qu’on prévoyait long et fastidieux. Les Maple Leafs arrivent à maturité, en dépit de leur jeunesse, et cherchent à franchir un premier tour éliminatoire depuis que ce groupe est réuni.

Le directeur général ontarien distribue les millions à ses jeunes vedettes. La structure financière de l’équipe constitue un vilain caillou dans la chaussure de Kyle Dubas et, soudainement, cette formation est bâtie pour gagner dès maintenant. Il n'y a plus de temps à perdre.

Pourtant, le CH accuse seulement deux points de retard au classement sur ses voisins. Il vient au 6e rang des buts inscrits à 5 contre 5 (126) et, si ce n’était de ses unités spéciales moribondes, aurait peut-être déjà réussi la prise en passant contre les Leafs (y a-t-il des amateurs d’échecs dans la salle).

L’expérience ne s’achète pas

« Ce soir il y avait beaucoup d’émotions dans le match. On le voyait sur le banc si un juge de ligne ou un arbitre faisait une erreur, les gars étaient vraiment dedans. Il fallait prendre un pas de recul. C’est bien de vivre ces situations pour apprendre à mieux les gérer. On a eu une bonne idée de ce à quoi ça ressemblerait en séries », a commenté le pilote du CH.

Qui ne souhaiterait pas voir ces deux équipes, qu’on dit rivales, s’affronter dans un duel au meilleur des 7 matchs pour la première fois en 40 ans? Mais ne nous emportons pas.

Comme l’a si bien dit Max Domi…

« Où est-ce qu’on joue notre prochain match jeudi? »

À Nashville, Max.

« Concentrons-nous là-dessus. »

D’accord.

On ne peut empêcher les partisans de rêver et, honnêtement, dans cette ambiance survoltée avec une foule pratiquement également répartie entre les deux camps, on a eu un aperçu de ce que ça donnerait.

Jordie Benn qui frappe solidement Nylander d’un bon coup d’épaule, qui reçoit par la suite la visite de Nazem Kadri. Weber qui se colle à Matthews. Gallagher et Zach Hyman qui échangent des politesses lors d’une mise au jeu. De la vitesse, des revirements, des buts. Du hockey moderne.

Malgré toutes les facettes encourageantes des Montréalais, il y a encore quelques points d’interrogation en comparaison à celles des Torontois.

Le noyau de l’attaque (Drouin, Domi, Danault, Kotkaniemi, Lehkonen, Byron), exception faite de Brendan Gallagher et de Tomas Tatar, n’a pas beaucoup d’expérience dans les grands moments comme l’a souligné Julien.

Le quatrième trio du Canadien, duquel se plaint Julien à mots couverts depuis deux semaines, s’est fait dévorer par celui de Toronto.

« C’est sûr qu’en tant que quatrième trio, tu ne veux jamais être sur la patinoire pour un but contre. Ce soir, ils étaient sur la glace pour deux buts contre […] C’est sûr que leur quatrième trio a été meilleur que le nôtre et c’est pour ça que le banc a été coupé en troisième période », a expliqué l’entraîneur.

Il ne faut toutefois pas écarter la possibilité que Marc Bergevin déniche du renfort à ce niveau. Certains affirmeraient qu’il l’a déjà fait en rapatriant Dale Weise pour prêter main-forte aux cinq joueurs qui se partagent la tâche.

Et l’avantage numérique. Il a beau avoir fourni un filet, il a été annihilé par la défense torontoise pendant une punition de quatre minutes à John Tavares.

Il a aussi été d’une rare inefficacité lors d’un quatre contre trois en prolongation. Drouin, Domi, Weber et Joel Armia ne sont même pas parvenus à décocher un tir au filet pendant 1:29 en ces circonstances.

« On doit avoir cette mentalité de 5 contre 5 et travailler plus fort que leur désavantage numérique », dit Shaw.

Bref, le CH a beaucoup de boulot et ne compte pas sur des armes aussi affûtées que celles des Leafs. Mais il leur a démontré qu’il était prêt à en faire abstraction pour leur donner du fil à retordre.

En rafale

  • Andrew Shaw a marqué exactement 22 secondes après son retour au jeu sur une déviation d’un tir de Jeff Petry. Le numéro 65 a ajouté une passe dans la défaite et a obtenu la deuxième étoile du match.
  • Les Maple Leafs ont signé un sixième gain d’affilée contre le Canadien. Montréal ne les a plus vaincus depuis le 25 février 2017 à Toronto. Juste avant cette séquence, le CH avait battu Toronto 14 fois d'affilée.
  • Carey Price a plié l’échine pour la première fois depuis le 10 janvier. Sa séquence de victoires s’arrête donc à sept.

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