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Le mouvement paralympique canadien espère que la Russie a appris sa leçon

La Russie aux Jeux paralympiques
La Russie aux Jeux paralympiques Photo: Getty Images / Harry Engels
Olivier Tremblay

Acceptation, résignation, optimisme prudent. L'heure n'est pas à la réjouissance dans le milieu du sport paralympique, maintenant que la Russie a eu la confirmation qu'elle était sortie du purgatoire.

Le Comité international paralympique (CIP) a réintégré la Russie « sous strictes conditions », vendredi, plus de deux ans après la suspension du pays en raison du scandale de dopage généralisé qui l’avait éclaboussé.

Dans un communiqué, le Comité paralympique canadien (CPC) a indiqué qu’il acceptait la décision tout en exprimant sa déception envers les Russes, qui n’ont « pas respecté tous les critères en vue de [leur] réintégration ».

Benoît Huot, nageur nouvellement retraité aux 20 médailles paralympiques, ne cache pas non plus sa consternation.

« Les Russes ne reconnaissent pas la grande erreur qu’ils ont commise, déplore Huot en entrevue à Radio-Canada Sports. Ça démontre une fermeture d’esprit. On se croise les doigts, dans la communauté des athlètes, pour que des situations du genre soient éliminées. C’est incompréhensible. Je présume qu’il y a une certaine pression politique, à l’interne, au Comité international paralympique, pour les réintégrer. »

La Russie, c’est un gros joueur dans le milieu sportif. Mais ça n’explique pas pourquoi ils n’ont pas à remplir tous les critères, comme chacun d’entre nous.

Benoît Huot

Huot, dans toute cette histoire, jette le blâme sur la Russie et non sur le CIP. C’est qu’avec la Fédération internationale d’athlétisme, qui n'a toujours pas levé la suspension du pays, le mouvement paralympique demeurait, lui aussi, plutôt strict dans le dossier du dopage russe.

Le président du CPC, Marc-André Fabien, croit malgré tout que le CIP maintient une ligne suffisamment dure envers la Russie. Le pays, dans son refus de reconnaître les conclusions du rapport McLaren, se tirerait dans le pied, d’une certaine façon.

« La contrepartie de cette non-reconnaissance, c’est le fait que la Russie et ses athlètes devront s’astreindre à passer des tests antidopage plus rigoureux, plus rapprochés et plus systématiques que les autres athlètes paralympiques, souligne-t-il. Et je suis convaincu que ça va se faire. La volonté du CIP est très claire à cet égard […] Je n’ai absolument pas de raison de croire que cela ne se produira pas, car autrement il y aura une levée de boucliers. »

Marc-André Fabien ne se met pas la tête dans le sable. Il reconnaît que les athlètes paralympiques canadiens ne seront que « relativement satisfaits » de la décision du CIP. Mais il espère qu’ils seront rassurés, d’autant plus qu’il voit la Russie devenir « extrêmement prudente » à l’avenir.

« Ils ont été ciblés, rappelle le président du CPC. Je ne pense pas que la Russie voudra vivre, à court ou moyen terme, une expérience similaire à celle qu’elle vient de vivre. Les mesures mises en place sont hors de l’ordinaire. Les athlètes russes seront astreints à des mesures qui leur sont propres. Ce n’est pas léger. »

Benoît Huot donne le bénéfice du doute aux organisations. Il se souvient du sentiment de fierté qui s’est propagé chez les athlètes paralympiques à l’annonce de la décision, en vue des Jeux paralympiques de 2016, de refuser l’accès aux athlètes russes.

Le CIP a donc mérité qu’on fasse confiance au système, selon le jeune retraité.

« C’est extrêmement dommageable pour un pays, ce qui s’est passé, indique Huot. Représenter son pays dans les grands rendez-vous, c’est l’occasion d’une vie. Il y avait sûrement des athlètes qui n’avaient pas adhéré au dopage systématique en Russie. C’est d’une tristesse qu’on ne donne pas cette occasion à ces athlètes, qui l’avaient méritée.

« Est-ce que le Comité paralympique pourrait revenir sur sa décision? Je suis persuadé que, s’il y a le moindre doute, la Russie sera encore sanctionnée. Espérons seulement que la Russie a appris des conséquences de Sotchi. »

Dopage

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