•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Comité international paralympique réintègre la Russie

Trois seringues disposées sur une surface noire à côté d'une médaille et son ruban.
Des seringues et une médaille Photo: iStock / MartinFredy
Agence France-Presse

En annonçant vendredi la réintégration de la Russie, le Comité international paralympique (CIP) permet au pays de Vladimir Poutine de faire un pas de plus dans son retour sur la scène sportive internationale, malgré les inquiétudes de nombreux pays.

Quatre ans après la révélation du scandale de dopage institutionnalisé en Russie, seule la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), parmi les grandes fédérations, refuse encore de lever sa suspension, même si elle accepte des sélections d'athlètes triés sur le volet, sous bannière neutre.

La Russie était déjà de retour au Comité international olympique (CIO) depuis février 2018, à l'issue des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, où une sélection de sportifs russes avait été invitée sans drapeau ni hymne.

Aux Jeux olympiques d'été de Rio en 2016, le CIP avait totalement banni la Russie dans la foulée du rapport McLaren qui avait dévoilé un système de dopage institutionnel ayant pu bénéficier à plus d'un millier de sportifs, dans une trentaine de disciplines, entre 2011 et 2015.

« Après 28 mois de suspension, nous sommes convaincus que celle-ci n'est plus nécessaire parce que la situation en Russie a changé », a déclaré vendredi à Bonn le président de du CIP Andrew Parsons:

« Pendant la suspension, le RPC (Comité paralympique russe) a pris 69 mesures indispensables. Nous allons donc réintégrer le RPC sous strictes conditions le 15 mars ».

Moscou applaudit

Le Kremlin s'est immédiatement félicité de cette décision. « Nous sommes absolument ravis pour nos athlètes paralympiques. Le président Poutine leur a toujours témoigné un soutien total et inconditionnel », a affirmé son porte-parole Dmitri Peskov, espérant qu'un « travail constructif et transparent » permettra aux autorités sportives russes de tourner cette page dans leurs relations avec les instances internationales.

Le Comité paralympique russe a également salué cette annonce. « Même si elle nous semble tardive et conditionnelle, elle nous permettra néanmoins de résoudre les principaux problèmes de la préparation et de la participation des équipes russes aux XVIes Jeux paralympiques à Tokyo », a affirmé le comité russe, qui ajoute que les critères de l'IPC lui paraissent « acceptables dans l'ensemble ».

En sanctionnant le Comité russe en 2016, le CIP avait posé deux conditions majeures à son retour : que l'Agence antidopage russe (RUSADA) soit entièrement réintégrée par l'AMA, ce qui est fait depuis septembre, et que la Russie reconnaisse le rapport McLaren, commandé par l'AMA.

Cette seconde condition n'a pas été remplie, aux yeux du CIP. « La Russie ne va probablement pas accepter le rapport McLaren, mais nous avons cependant décidé de chercher une voie commune avec le RPC pour rendre possible une levée des sanctions sous strictes conditions », a constaté M. Parsons.

Encore des réfractaires

En janvier, la Russie a échappé à de nouvelles sanctions de l'AMA, à qui elle avait tardé à fournir des données cruciales sur le système de dopage mis en place entre 2011 et 2015. Le gendarme mondial de la lutte antidopage a cependant estimé que ce retard ne justifiait pas une nouvelle suspension.

Quelques jours plus tard, 13 agences nationales de lutte contre le dopage ont publié un texte commun pour faire part de leur défiance envers les Russes et appeler l'AMA à la plus grande vigilance.

« Le temps n'est pas encore venu de tourner la page de ces événements ni pour l'AMA de crier victoire. C'est au contraire le temps d'ouvrir un nouveau chapitre dans cette saga tragique du dopage d'État », indiquaient les signataires du texte, dont les agences américaine, allemande et canadienne.

« La vigilance est nécessaire et beaucoup de travail est encore à accomplir avant de tourner la page du plus grave scandale de dopage de l'histoire », insistaient-ils.

Dopage

Sports