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Les athlètes collégiaux au coeur d'un bras de fer entre Ski Québec alpin et les équipes universitaires

Le skieur Adam Lamhamedi du Rouge et Or de l'Université Laval
Le skieur Adam Lamhamedi du Rouge et Or Photo: Courtoisie Rouge et Or, Jean-Baptiste Benavent
Antoine Deshaies

La collaboration entre les instances sportives scolaires et civiles n'est pas toujours simple. Un bras de fer qui oppose Ski Québec alpin et certaines équipes de ski du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) en est la plus récente illustration.

La cause des tensions? La décision de Ski Québec alpin d’exclure les athlètes collégiaux des compétitions de ski universitaire.

Le 18 janvier, 17 skieurs collégiaux, déjà affiliés aux Universités de Montréal et de Laval, ont appris qu’ils ne pourraient prendre le départ des deux courses universitaires prévues ce week-end-là au mont Sainte-Anne.

La fédération estime que les skieurs cégépiens devraient plutôt courir dans les deux circuits civils fédérés.

En entrevue à Radio-Canada Sports, le directeur général de Ski Québec alpin explique que la décision vise à assurer la viabilité des circuits de courses sanctionnés par la Fédération internationale de ski (FIS).

« On a présentement trois circuits au Québec avec à peine 300 skieurs et l’offre de courses est trop grande, explique Daniel Paul Lavallée. Les circuits doivent être mieux coordonnés. Déjà, on a négocié pour que quatre des huit courses de la saison universitaire soient des courses collaboratives, donc qu’elles comptent à la fois pour le classement universitaire et pour le circuit FIS. »

« On demande simplement que les cégépiens participent aux deux autres circuits fédérés, le circuit super série et le championnat junior provincial, ajoute M. Lavallée. On ne comprend pas où est le problème. On ne cause aucun préjudice aux athlètes du cégep. »

La skieuse Adrienne Poitras des Carabins de l'Université de Montréal Adrienne Poitras des Carabins de l'Université de Montréal Photo : Carabins de l'Université de Montréal / James Hajjar

La fédération provinciale a annoncé sa nouvelle politique au RSEQ l’été dernier, mais les représentants du réseau avaient compris que l’interdiction entrerait seulement en fonction après la présente saison.

Le président-directeur général du RSEQ, Gustave Roel, évalue une proposition soumise par Ski Québec alpin dans les dernières heures et espère annoncer un règlement dans les prochains jours.

M. Roel affirme que si le RSEQ avait le gros bout du bâton, les cégépiens auraient le droit de courir.

Les règlements de la fédération sportive ont préséance sur les nôtres, donc nous sommes un peu impuissants. La décision d’exclure les cégépiens de nos courses représente un risque à la survie du circuit de ski universitaire, donc c’est évident qu’elle ne nous plaît pas.

Gustave Roel, président-directeur général du RSEQ

Cette saison, le circuit universitaire québécois ne compte que cinq équipes. Aux universités de Montréal, de Laval et de McGill, s’ajoutent les universités ontariennes Carleton et d'Ottawa.

La section universitaire de la FIS permettrait au RSEQ d’organiser un circuit conjoint avec les universités et les cégeps, mais encore faut-il que Ski Québec alpin le sanctionne.

Les entraîneurs déçus

Plusieurs acteurs du ski universitaire ont fait entendre leur mécontentement quant à la décision de Ski Québec alpin. Une page Facebook a été créée et compte aujourd’hui 1200 membres. Une pétition circule également.

Gustave Roel comprend la frustration des personnes concernées, mais refuse de cautionner cette approche.

Dans une lettre envoyée aux parents d’athlètes, Michel Huot, entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal, exprime sa frustration sans retenue. Quatorze cégépiens font partie de l’équipe de l’Université de Montréal cette saison.

C’est une triste journée pour le ski universitaire. Ski Québec alpin et le RSEQ devraient défendre les intérêts des étudiants athlètes. Je suis triste et dégoûté. Nous avons d’un côté la fédération québécoise qui défend ses intérêts élitistes et de l’autre un réseau étudiant qui ne comprend rien au fonctionnement du ski alpin dans le monde et qui se fie à la parole de son ami de Ski Québec alpin.

Michel Huot, entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal

L’entraîneur du Rouge et Or, Sven Pouliot, est aussi déçu.

« On veut simplement offrir de belles expériences à des jeunes dans un environnement complet. Et là, des décisions politiques privent des jeunes de ça, explique Pouliot en entrevue à Radio-Canada Sports. C’est incompréhensible. »

La skieuse Alice Stoll du Rouge et Or de l'Université LavalLa skieuse Alice Stoll du Rouge et Or Photo : Courtoisie Rouge et Or, Jean-Baptiste Benavent

L’entraîneur du Rouge et Or estime que les meilleurs skieurs du circuit universitaire sont aussi bons que les skieurs de la super série, le niveau de compétition civil le plus relevé de la province.

Pour lui, l’intégration des skieurs cégépiens aux équipes universitaires représente une option de choix pour les jeunes de 17 et 18 ans. Ils peuvent profiter d’un encadrement universitaire à un moindre coût.

« Même si leurs résultats ne comptent pas pour le classement universitaire, ces jeunes-là font partie intégrante de l’équipe, explique M. Pouliot. Ça fait une dizaine d’années que la cohabitation donne de bons résultats. Je trouve important que les skieurs aient une incitation à poursuivre leurs études. »

Il reste deux week-ends de compétition à la saison universitaire. Les 16 et 17 février à Bromont et les 15 et 16 mars à Stoneham.

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