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Le rôle prépondérant de Brendan Gallagher

Brendan Gallagher

Brendan Gallagher

Photo : Getty Images / Kevin Hoffman

Alexandre Gascon

Shea Weber arbore la lettre du capitaine sur son chandail. Carey Price en a souvent la pression. Brendan Gallagher, lui, en possède certainement l'âme.

Ce n’est pas une nouvelle en soi. Son cœur à l’ouvrage et sa détermination ont été largement dépeints au fil des ans. À travers la ligue, on lui reconnaît ses indéniables qualités.

« Gallagher mène la barque et les autres suivent », avait lancé l’entraîneur du Lightning de Tampa Bay, Jon Cooper, lors de son passage à Montréal au mois de novembre.

L’attaquant du Tricolore n’aura jamais le charisme, le côté rassembleur et l’ascendance que Weber détient sur ses coéquipiers. Certaines aptitudes naturelles des grands meneurs lui échapperont probablement toujours et, normalement, il ne deviendra jamais le capitaine du Canadien de Montréal.

Mais depuis plus d’un an, son rôle dans le vestiaire a crû.

Question de maturité

Gallagher a sonné la charge avec deux buts et une passe dans la victoire facile de 4-1 sur les lamentables Ducks d’Anaheim, mardi soir.

Son premier filet survenu après 7 minutes et 11 secondes de jeu a fragilisé la confiance – peut-on vraiment utiliser ce terme quand une formation a perdu 17 de ses 19 derniers matchs – d’une équipe qui semblait sur le point de rappeler Charlie Conway pour se tirer de cet autre mauvais pas. Une triple feinte par-ci, un grand V par-là.

Il est la bougie d’allumage utilisée à toutes les sauces par Claude Julien pour relancer un joueur qui tourne en rond.

Depuis que Jonathan Drouin s’est joint à son trio, le Québécois a retrouvé de sa superbe et a inscrit neuf points en neuf matchs, après avoir traversé sa pire séquence de l’année.

Il joue simple, il est sur la game, il est présent, c’est à moi d’être présent aussi.

Jonathan Drouin à propos de Brendan Gallagher

« Il inspire bien des joueurs de notre équipe par son éthique de travail et son engagement. Chaque équipe a besoin d’un joueur comme lui. Ce soir, il a marqué de gros buts pour nous », a d'abord dit Claude Julien.

« Ce genre de joueurs, les équipes qui les ont les apprécient, parce qu’ils te donnent une étincelle. Une fois de temps en temps ton équipe est à plat, ces joueurs-là te donnent soudainement la présence que tu recherches. Ça inspire et réveille les autres. C’est pour ça qu’il a une lettre sur son chandail. »

Brendan Gallagher célèbre son but avec ses coéquipiers.

Brendan Gallagher célèbre son but avec ses coéquipiers.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

L’an passé aussi, Gallagher avait une lettre sur son chandail. La même d’ailleurs.

Mais quand on le voyait, soir après soir, défaite après défaite, se présenter devant les médias les yeux bouffis, parfois rougis par la rage et l’impuissance, tandis que d’autres s’esquivaient en douce, on se demandait si c’était la bonne.

Il n’a jamais eu les attributs du capitaine, mais il en avait les responsabilités. Particulièrement en l’absence de Max Pacioretty qui, blessé le 3 mars, n’a plus jamais endossé l’uniforme par la suite.

Rebelote au début de la saison. Le Canadien souffrait encore de l’absence de son nouveau capitaine et voulait chasser rapidement les affres de la dernière campagne.

Gallagher a répondu en inscrivant 9 buts au cours des 12 premiers matchs et le CH s’est donné une fiche de 7-3-2 pour entamer la saison. D’où la fameuse barque à laquelle référait Jon Cooper.

Vu par ses coéquipiers

Après deux opérations à une main et une carrière que l’on croyait presque en péril, le jeune homme de Vancouver est revenu plus fort que jamais. Il a atteint un sommet personnel en 2017-2018 avec 31 buts, et il maintient le même rythme de production avec ses 21 filets après 54 rencontres.

« C’est sûr qu’il prend plus de place maintenant », avait confié Phillip Danault à l’auteur de ces lignes pendant le voyage du Tricolore dans l’Ouest canadien à la mi-novembre.

« Dès que je suis arrivé, il parlait déjà et était présent. Je trouve qu’il prend plus sa place. Il travaille chaque soir. C’est un bon leader. Quand il dit quelque chose, on l’écoute », a ajouté le joueur de centre.

C’est le genre de joueur que tu aimes avoir dans l’équipe. Il fait tout bien. Il se bat, c’est un compétiteur. Il n’abandonne jamais, il bloque des tirs, il fait tout. Le groupe voit un de nos meneurs jouer comme ça et ça rejaillit d’un gars à l’autre. C’est immense.

Andrew Shaw

« Tout le monde le prend en exemple. Tout le monde s’abreuve de son énergie. Depuis que je suis arrivé, je l’ai vu prendre de la maturité assurément. Par sa constance, tous les jours, il repousse ses limites. Il sera le premier à te dire qu’il n’est pas le plus talentueux, mais il est déterminé. Il a du caractère, une passion pour le jeu et ça marche pour lui. Et je l’ai toujours dit aussi : le travail acharné va toujours prendre le dessus sur le talent. Je ne dis pas qu’il n’a pas de talent, mais il y a des gars qui en ont beaucoup plus que lui dans la ligue. Mais il va avoir plus de succès qu’eux parce qu’il travaille tellement fort », avait-il dit.

Venant d’un des joueurs les plus respectés dans le vestiaire, entre autres en raison de ses deux bagues de la Coupe Stanley, le commentaire est excessivement révélateur.

« Claude a une grande confiance en lui et ça semble lui servir énormément. Il s’est approprié ce rôle de leader avec son équipe et il guide cette équipe dans la bonne direction », avait estimé Milan Lucic, son partenaire d’entraînement sur la côte ouest tous les étés.

Carey Price et lui sont les seuls joueurs à avoir traversé l’entièreté du règne de Marc Bergevin. Voilà pourquoi.

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