•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Slopestyle ou grand saut, Laurie Blouin vise haut aux mondiaux

Laurie Blouin pose fièrement avec sa médaille d’or lors d’une conférence de presse dans une brasserie du secteur de Stoneham, à Québec.
Laurie Blouin a remporté la médaille d’or au grand saut lors des derniers X Games. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La carrière de la planchiste Laurie Blouin a évolué de manière fulgurante depuis que la Québécoise a décroché le titre de championne du monde de slopestyle, en mars 2017, à Sierra Nevada, en Espagne.

Après avoir remporté l'argent olympique en slopestyle aux Jeux de Pyeongchang, puis sacrée championne du grand saut aux X Games 2019, l'athlète de 22 ans s'apprête à participer à ses deuxièmes mondiaux de surf des neiges, à Park City, en Utah.

Radio-Canada Sports a conversé lundi avec Laurie Blouin et avec son entraîneur, Max Hénault, à la veille du grand saut.

Que gardez-vous tout d’abord de ces X Games 2019, à Aspen, au Colorado?

Laurie Blouin : C’était vraiment incroyable. Même moi j’étais surprise à quel point je descendais bien. J’atterrissais tout ce que je faisais. Je pense que c’était vraiment une des compétitions où j’ai le plus progressé, côté snowboard. C’était vraiment une expérience incroyable, et j’étais contente d’être là.

Avez-vous été surpris des récents succès de Laurie?

Max Hénault : Je n’ai pas été surpris du tout de ces résultats parce que je savais que Laurie avait le potentiel et les manœuvres pour gagner, mais la drive aussi. Ça prend un certain caractère pour partir d’en haut de la rampe et prendre un saut de 21 ou 23 mètres de long, et Laurie l’a.

Avez-vous le sentiment que vous figurez maintenant parmi les meilleures du monde en grand saut, ou est-ce que c’était seulement une bonne journée lors de laquelle tout s’est déroulé à merveille?

L. B. : Pas nécessairement. J’ai appris à être constante dans mes manœuvres, et ça va beaucoup m’aider à atterrir plus souvent mes manœuvres et justement faire plus de podiums. Je pense que c’est un peu comme ça pour toutes les athlètes. C’est rare, dans notre sport, que c’est toujours la même fille qui gagne. Pendant un certain temps, ç’a été ça, mais il y a de nouvelles générations qui arrivent et nous faisons progresser le sport. C’est comme ça pour toutes les athlètes.

Vous aviez obtenu de bons résultats en slopestyle, maintenant vous avez ce résultat exceptionnel en grand saut aux X Games. Sentez-vous que vous êtes une athlète plus complète?

L. B. : Oui. Honnêtement, je ne m’attendais pas à recevoir une médaille d’or au big air. Je visais plus le slopestyle. J’étais un peu déçue parce que ç’a vraiment passé proche [7e, NDLR], mais je me suis rappelé que j’avais eu l’or au grand saut. J’aime vraiment les deux disciplines.

J’ai vraiment évolué, surtout côté constance, d’atterrir souvent mes manœuvres. La répétition, c’est la clé. Quand je m’entraîne [au centre] Maximise, à Sainte-Agathe-des-Monts, il y a une corde rapide qui nous tire, une sorte de remonte-pente, qui nous permet de faire un saut tous les 15 à 20 secondes. Donc, pour la répétition, pour s’entraîner, c’est vraiment parfait.

Que doit travailler Laurie pour progresser?

M. H. : C’est juste de continuer, d’éviter les blessures, de poursuivre l’entraînement physique, la visualisation et la nutrition. Juste continuer à faire ce qu’on fait maintenant, mais aussi continuer à vouloir évoluer aussi. Elle a gagné une médaille d’or, mais les autres compétitrices continuent à s’entraîner et à évoluer. C’est juste de garder le cap et demeurer au sommet.

Quelles sont ses plus grandes qualités comme planchiste?

M. H. : Elle adore compétitionner contre les gars. Elle aime vraiment ça faire de la planche avec les gars et de se pousser avec eux. Elle a un vouloir incroyable et elle n’a pas peur d’essayer. Avec l’entraînement, on fait en sorte que les athlètes puissent essayer des choses de façon sécuritaire. Laurie voit clair dans tout ça, et sa motivation est vraiment ce qui l’aide dans tout ça.

Quels sont vos objectifs pour les prochains Championnats du monde?

L. B. C’est sûr que mes objectifs sont de viser un podium, comme toute athlète, je pense. Je vais aller là en ayant du plaisir, et en me disant que peu importe ce qui arrive, je vais être fière de moi. J’ai des nouvelles manœuvres pour le grand saut, que je pourrais aussi introduire en slopestyle. Si les sauts sont beaux et que ça me permet de faire ma nouvelle manœuvre en slopestyle, c’est sûr que je vais le faire.

En vrai, j’ai des nouvelles manœuvres pour les deux. Ça va vraiment dépendre des conditions. J’ai plusieurs plans, au cas où une descente ne fonctionne pas. Je suis contente d’avoir plusieurs options, parce que si une descente ne marche pas, c’est dur de changer.

Ce sont vos deuxièmes Championnats du monde. Il n’y aura donc pas cet effet de nouveauté, ou même de nervosité. Est-ce que déjà, ça vous aidera au départ?

L. B. : Je suis quelqu’un qui contrôle assez bien sa nervosité, et je suis capable de me mettre dans un mood et d’avoir juste du plaisir. Donc non, je vais me rendre là-bas en étant calme et fière d’être là, mais aussi pour prendre de l’expérience.

Est-ce que vous vous sentez l’obligation de défendre votre titre aux mondiaux?

L. B. : Un peu, mais je ne me mets pas de pression avec ça. Tout peut arriver. C’est sûr que c’est bon d’avoir une petite pression, mais je pense que c’est une bonne pression. Et il arrivera ce qui arrivera.

Max, voyez-vous une grande différence chez Laurie depuis son titre aux mondiaux de 2017?

M. H. : C’est sûr qu’aux Championnats du monde, elle était déjà bien préparée. Son évolution a été exceptionnelle. Je dirais qu’elle a maintenant le calibre pour bien performer dans n’importe quelle autre compétition qui s’en vient. Pour les Championnats du monde, c’est prometteur.

Est-ce que les Championnats du monde revêtent aussi une importance particulière pour vous?

L. B. : Les Championnats du monde ne sont peut-être pas aussi gros que les Jeux olympiques ou les X Games, mais oui c’est sûr qu’ils ont une importance parce que ça demeure très gros. À chaque compétition, et même aux X Games, je me mets dans une mentalité où je me dis que c’est une compétition comme les autres, que ce sont les mêmes compétitrices, pour ne pas me mettre de la pression.

C’est sûr que c’est important parce que j’ai gagné [en 2017], mais même si je n’avais pas gagné, ça reste important et je ne manquerais pas ça.

Max, avec tous les succès des deux dernières années, sentez-vous le besoin de devoir motiver Laurie pour éviter une sorte de relâchement?

M. H. : J’ai toujours motivé Laurie, depuis le début. Je suis un entraîneur qui va beaucoup pousser à faire plus de répétitions et plus d’entraînements. Je pense que Laurie est rendue suffisamment mature maintenant. C’est plus avec les athlètes de 15 à 19 ans que ça peut être un peu plus difficile, mais Laurie est à un âge où elle comprend bien l’ampleur des résultats et des compétitions auxquelles elle participe, mais aussi l’importance de s’entraîner et de faire en sorte qu’elle demeure une athlète de haut niveau. Non, je n’ai pas trop besoin de la pousser. Quand elle vient s’entraîner cependant, je suis là pour la motiver et on s’arrange pour avoir un bon entraînement.

Radio-Canada Sports webdiffuse les Championnats du monde de surf des neiges, en Utah, aux États-Unis. Pour plus de détails sur cet événement, consultez l’horaire de diffusions ici.

Ski et surf des neiges

Sports