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Un Super Bowl pauvre en points, mais non moins intéressant

Trois joueurs des Patriots arrêtent le quart des Rams.

La défense des Patriots a muselé le quart Jared Goff et l'attaque des Rams.

Photo : The Associated Press / Charlie Riedel

Radio-Canada

Le 53e Super Bowl, que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont remporté 13-3 contre les Rams de Los Angeles, a été une affaire défensive et a déçu nombre d'amateurs qui espéraient plus de points. Fallait-il être entraîneur pour apprécier le spectacle? Jacques Dussault, Sylvain Girard et Danny Maciocia, eux, l'ont bien apprécié. Radio-Canada Sports a recueilli leurs impressions.

Propos recueillis par Jean-François Chabot

Jacques Dussault, ex-entraîneur et analyste

Je ne m’attendais pas à un pointage aussi bas. Mais c’est le genre de match que j’apprécie. Je n’aime pas quand les matchs ont l’air de matchs de flag football.

La rencontre a été âprement disputée. Ça a été très dur physiquement. Les deux équipes ont été bien dirigées, surtout les Patriots qui ont complètement menotté l’attaque des Rams. Les partisans de la Nouvelle-Angleterre ont sûrement été inquiets de voir leur équipe totalement dominer du point de vue des statistiques, sans mener davantage à la marque.

C’est certain que Monsieur et Madame Tout-le-Monde n’ont pas beaucoup apprécié ce match. Ils veulent voir beaucoup de points. Les entraîneurs apprécient le match quand leur équipe gagne, que ça finisse 40-39 ou 13-3!

Je pense que le coordonnateur défensif des Patriots et nouvel entraîneur-chef des Dolphins de Miami, Brian Flores, a dû l’apprécier au plus haut point. Celui des Rams [Wade Phillips, NDLR] aussi, car son unité a joué un fort match. Mais quand ta brigade est constamment sur le terrain, on a vu qu’en fin de rencontre, c’était devenu pénible pour Los Angeles de maintenir la pression sur Tom Brady et surtout d’arrêter l’attaque au sol.

Si je devais convaincre un amateur de jeu offensif que le match d’hier était un grand match, je lui dirais qu’il faut savoir apprécier les jeux défensifs même s’ils sont moins spectaculaires que les jeux en attaque.

McCourty empêche Cooks d'attraper le ballon.

Jason McCourty (30) des Patriots prive Brandin Cooks (12) et les Rams d'un touché certain en deuxième demie du Super Bowl LIII

Photo : The Associated Press / Lynne Sladky


Sylvain Girard, ex-joueur des Alouettes de Montréal et directeur sportif du Collège Sainte-Anne

Ce qui saute aux yeux, c'est que personne, absolument personne, ne s’attendait à un duel défensif de la sorte. Je croyais même qu’il se marquerait plus de 50 points.

La stratégie des Rams pour contrer les Patriots a été de placer leurs deux gros bonshommes [Suh et Donald, NDLR] au centre de la ligne. Ils ont réussi les gros jeux durant presque tout le match. Leurs secondeurs ont également répondu à l’appel.

Ce fut un match très difficile pour les deux attaques. Si plusieurs n’ont pas aimé la rencontre, pour ma part, je n’ai pas détesté le spectacle, même si ce ne fut pas la finale la plus excitante des dernières années.

Les entraîneurs et ceux qui apprécient toutes les subtilités du jeu défensif ont aimé ce match. C’est grâce à leur défense que les Rams sont demeurés dans le match presque jusqu’à la toute fin. Dommage qu’ils aient été aussi brouillons en attaque.

Je n’ai pas compris qu’ils ne fassent pas davantage appel à Todd Gurley, un gars sur qui ils ont compté tout au long de la saison. À part de brèves étincelles au troisième quart, on l’a peu vu. Je m’attendais à plus de mouvement dans le champ arrière, plus de courses à contre-courant. Ils ont tenté beaucoup de passes voilées, mais le synchronisme n’y était pas.

Le fait que la défense des Rams n’a pas su contrer Julian Edelman explique aussi le résultat. Elle aurait pu mettre une double couverture sur lui, mais elle se serait exposée à d’autres ouvertures.

Si ce match passe à l’histoire, ce sera essentiellement en raison de la sixième conquête du Super Bowl pour Tom Brady et les Patriots, et non pas pour la qualité du spectacle. Voilà un record que l’on ne reverra probablement jamais.

Tom Brady et Bill Bellichik déjà dans la légende

Tom Brady et Bill Bellichik déjà dans la légende

Photo : La Presse canadienne / (AP Photo/Darron Cummings)


Danny Maciocia, entraîneur-chef des Carabins de l'Université de Montréal

Si vous adorez le jeu défensif, alors c’était tout un match de football. Il suffit de se rappeler que les Rams ont été contraints d’y aller de bottés de dégagement à chacune de leurs huit premières possessions du ballon en attaque.

En face, la défense des Rams a limité l’attaque des Patriots et Tom Brady à seulement trois points dans les trois premiers quarts. Les deux équipes avaient de bons plans défensifs en place.

Au bout du compte, l’expérience de Bill Belichick et de son personnel d’entraîneurs et les qualités de Brady ont permis aux Patriots d’aller chercher les points qui ont fait la différence.

J’ai bien aimé ce match, même si je sais que beaucoup de gens ont trouvé ça plate. J’ai regardé le match à la maison. Ma famille, mes enfants en particulier, a trouvé ça ennuyant. De mon côté, j’avais hâte de voir qui allait trouver la façon d’aller chercher ce fameux touché qui allait faire toute la différence.

Je m’attendais à un match plus ouvert. Quand on regarde les armes et les excellents joueurs à l’attaque dans les deux camps, ni l’une ni l’autre des équipes ne manque de talent de ce côté du ballon.

Le seul point sur lequel je ne me suis pas trompé est que j’avais prédit un écart de 10 points et c’est ce que l’on a eu (rires). [Danny Maciocia avait prédit une marque finale de 30 à 20 en faveur des Patriots, NDLR.]

Les Rams ont tenté d’y aller homme à homme contre Julian Edelman. Ils ont eu recours, tour à tour, à leurs deux meilleurs joueurs en Marcus Peters et en Aqib Talib pour le contrer. Mais les tracés d’Edelman et son synchronisme avec Brady le rendent difficile à couvrir.

Edelman déjoue trois joueurs des Rams.

La défense des Rams n'a jamais trouvé une solution à l'énigme qu'a représenté Julian Edelman tout au long du match

Photo : The Associated Press / Chuck Burton

Au moment crucial, les Pats ont établi leur jeu au sol avec des courses pour des gains d’une vingtaine de verges. On a senti à ce moment que la défense des Rams était épuisée.

On se souviendra de ce Super Bowl surtout en raison du manque d’exécution et d’imagination de l’attaque des Rams, et parce que l’on aura vu le fin stratège qu’est Belichick à son meilleur.

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