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Un ancien gardien en croisade contre l'homophobie au hockey

Brock McGillis donne une conférence.
Brock McGillis Photo: Brock McGillis
Radio-Canada

« Nous n'avons pas fait assez pour régler le problème. » Depuis deux ans, l'ancien gardien de but Brock McGillis donne des conférences dans écoles du pays pour dénoncer l'homophobie au hockey, dont il a lui-même souffert pendant sa carrière de joueur, et changer les discours.

D'après un article de Peter Mendelsohn, de CBC sports

Dans un entretien à CBC Sports, l'ancien gardien semi-professionnel explique que le langage utilisé au hockey n'a pas changé en 50 ans.

McGillis, un homosexuel, parcourt les écoles du pays pour raconter son histoire aux élèves du primaire, aux adolescents du secondaire et aux joueurs des équipes juniors.

Il espère que les hockeyeurs changeront leur discours et leur façon de penser si c'est l'un des leurs qui leur parle.

« Quand ils me voient, ils voient un joueur de hockey, explique-t-il. J'ai la silhouette d'un joueur de hockey. Je parle comme un joueur de hockey et je peux entrer dans les vestiaires pour leur parler. »

Brock McGillis tente de faire comprendre aux jeunes à quel point un discours homophobe peut choquer.

Quand ils se rendent compte que ce qu'ils disent m'a fait mal au point de penser au suicide, ils comprennent que leurs paroles peuvent faire mal à leurs amis, à leurs coéquipiers.

Brock McGillis

L'ancien gardien originaire de Sudbury a joué dans la Ligue de l'Ontario (OHL) au début des années 2000, avec les Spitfires de Windsor et les Greyhounds de Sault-Sainte-Marie. Il a aussi fait partie des Stingers de l'Université de Concordia et a joué dans la ligue professionnelle des Pays-Bas.

Il a longtemps caché son homosexualité en adoptant un discours volontairement homophobe et en sortant avec des femmes. Une attitude qui l'a mené à la dépression et à des idées suicidaires.

C'est en novembre 2016 qu'il a dévoilé son orientation sexuelle.

Toujours le même discours

Brock McGillis est navré de constater que les mêmes discours contaminent encore les vestiaires du hockey junior. Il raconte l'expérience d'un jeune joueur qui venait d'arriver dans son équipe.

« Leur discours d'avant match était toujours le même, raconte McGillis : "Ces gars-là sont des maudites tapettes. Allons leur donner une leçon." »

Ce jeune joueur se demandait où il avait atterri, rapporte Brock McGillis.

Brock McGillis sur la glace avec de jeunes joueurs de hockeyBrock McGillis (au centre, avec la casquette) Photo : Brock McGillis

Selon lui, de nombreux jeunes talentueux ont préféré laisser tomber le hockey plutôt que de vivre ça. Et c'est la nature même du hockey qui a permis aux propos homophobes de se perpétuer.

« Le hockey est incroyablement insulaire, dit McGillis. La plupart des parents ont joué au hockey, les entraîneurs sont d'anciens joueurs. Le langage qu'on utilisait il y a 50 ans n'a pas évolué. »

L'OHL agit

Cela dit, l'OHL a décidé de sévir à l'endroit des auteurs de propos homophobes.

« C'est une suspension automatique, minimum de cinq matchs, rappelle Ted Baker, vice-président de l'OHL. Mais c'est dur pour la ligue de surveiller ce qui se dit dans les vestiaires. On demande aux officiels de surveiller ce qui se dit sur la glace. »

« Nous avons une politique de diversité, qui condamne tout type de langage qu'il soit homophobe ou raciste », précise M. Baker.

« La Ligue de l'Ontario a envoyé à toutes ses équipes avant le début de la saison un message vidéo que tous les membres des équipes, joueurs, personnel et direction, devaient regarder, pour leur rappeler de respecter les différences de chacun », explique M. Baker.

« Nous n'avons pas fait assez pour régler le problème »

Malgré les efforts de l'OHL, Brock McGillis constate qu'il faudra beaucoup de temps avant que les discours changent dans les vestiaires.

J'entends encore : "On est en 2019, les choses ont changé." Mais ces propos font mal à tout le monde, autant les jeunes que les adultes. Nous n'en avons pas fait assez pour régler le problème.

Brock McGillis

Après avoir parlé à quelque 200 000 personnes dans ses conférences partout au Canada, Brock McGillis a décidé de changer d'approche. Il va maintenant faire passer son message par les réseaux sociaux et la télévision.

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