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Hélène Dumais veut courir pour les autres et pour la planète

Une femme court sur des grosses roches.

Hélène Dumais

Photo : Taylor Paige Photography

Julien Lamoureux

L'athlète québécoise Hélène Dumais entreprendra dans quelques semaines une double traversée du Grand Canyon afin de lancer une saison de courses qu'elle souhaite placer sous le signe des causes humanitaires et environnementales.

Résidente du Maryland depuis trois ans, où elle gère un gymnase de course à obstacles et fait du coaching à distance par Internet, elle ne manque pas de projets pour l’avenir.

C’est d’ailleurs avec un client qu’elle passera la Saint-Valentin à faire l'aller-retour du canyon, puis qu'elle répétera l'expérience le lendemain, après une nuit d'environ quatre heures. Un petit trajet de 160 km qui peut sembler hors d'atteinte pour le commun des mortels, mais qui est à la portée de celle qui est devenue, en 2018, la première femme à vaincre l’Infinitus, un défi de longue haleine de 888 km en 10 jours.

Hélène Dumais, assise sur un banc de parc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hélène Dumais

Photo : Radio-Canada / Vincent Champagne

« J’ai pris le temps de digérer Infinitus pour me demander quel était le prochain défi pour moi », mentionne-t-elle.

La réponse, pour elle, ne se trouve pas dans une expédition plus longue ou plus difficile.

« Ma prochaine étape, c’est de démarrer une série de courses d’endurance avec un objectif humanitaire ou environnemental », assure-t-elle.

Des puits en Afrique

« Je jongle entre mes multiples projets, le travail et l’entraînement, pour trouver du temps pour contacter [des organismes] et pour explorer les possibilités », dit l’athlète qui a quelques idées ambitieuses en tête.

Comment, avec mes aptitudes, puis-je contribuer, aider les autres, faire une différence?

Hélène Dumais
Une grue entourée de travailleurs dans la savane en Éthiopie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un puits en construction en Éthiopie

Photo : Facebook / charity: water

En premier lieu : une expédition d'environ 200 km en autonomie complète qui relierait des villages de régions d’Afrique où l’eau potable manque cruellement. « Mon projet […] serait d’emprunter à la course le parcours de ces femmes qui font cinq heures de marche par jour pour aller chercher de l’eau. »

En invitant d’autres ultra-coureurs, en publiant des vidéos et des articles et en s’associant à une organisation caritative, Hélène Dumais croit pouvoir apporter une visibilité à cette cause.

La coureuse aimerait entrer en contact avec Charity: Water, un OSBL américain qui a donné accès à de l’eau potable aux habitants de 26 pays, en grande partie en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, depuis 2006.

Le trafic humain est un autre problème qu’elle aimerait aider à régler grâce à ses jambes et à sa notoriété dans le monde de l'ultra-marathon.

Les idées sont là, après ça, c’est d’aller chercher les contacts et faire du réseautage. Le but, c’est de faire un impact à grande échelle.

Hélène Dumais

À égalité avec les hommes

On verra si ses exploits sportifs la rapprocheront de ses ambitions d’aider les plus démunis de la planète. Ce qu’on sait déjà, c’est que ses performances ont au moins réussi à ouvrir les yeux de plusieurs sur les capacités des ultra-marathoniennes à rivaliser avec leurs homologues masculins.

L’an dernier, Hélène Dumais a terminé l’Infinitus en 19 h de plus que Greg Salveson, une différence négligeable sur un trajet de plus de neuf jours. Aucun autre coureur, homme ou femme, n’est parvenu à boucler la distance.

Quelques mois plus tard, l’Américaine Courtney Dauwalter a parcouru 449 km au Big’s Backyard, seulement 6 km de moins que le gagnant Johan Steene.

Courtney DauwalterAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Courtney Dauwalter

Photo : Rokis Photo

Et c’est une femme, Jasmin Paris, qui a gagné la Spine Race, une autre course mixte, battant Eoin Keith de 15 heures.

C’est que, dans les courses de grande endurance, la puissance musculaire est moins importante, ce qui fait que l’écart entre les meilleures femmes et les meilleurs hommes est beaucoup plus faible, voire inexistant, lorsqu'on compare aux sprints, par exemple, explique Hélène Dumais.

Physiologiquement, dans de longues courses comme ça, le sexe n’a plus d’importance.

Hélène Dumais

Au-delà de la science, il y a un « phénomène socioculturel » qui joue à l’avantage des hommes.

« Il y a toujours moins de femmes que d'hommes qui se présentent dans les événements sportifs. Les hommes ont été exposés plus longtemps à de l’entraînement, ils ont plus de bagage, plus de références… », croit la Québécoise.

Bref, si autant de femmes que d’hommes prenaient part aux épreuves d’ultra-marathon, on serait de moins en moins surpris et de plus en plus habitués à les voir terminer sur le podium.

La rivière Colorado au fond du Grand CanyonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Grand Canyon

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

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