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Les athlètes, grands perdants de l’annulation des Jeux de la Francophonie

Geneviève Lalonde court le 3000 m steeple.
Geneviève Lalonde Photo: La Presse canadienne / Fred Chartrand
Jean-Philippe Hughes

Les querelles politiques ont pratiquement éclipsé, mercredi, les grands perdants de l'annulation des Jeux de la Francophonie 2021 : les athlètes et les artistes que l'événement devait réunir. Le milieu sportif acadien digère mal la mise au rancart des compétitions.

La coureuse de fond Geneviève Lalonde aurait peut-être profité de la compétition devant les siens pour effectuer un dernier tour de piste en 2021, mais il en ira autrement.

Elle avait relancé sa carrière avec une médaille de bronze au steeple lors des derniers Jeux de la Francophonie, en 2014, à Nice, en France.

Comme athlète, être capable de compétitionner dans notre pays, notre chez-nous, c’est quelque chose qu’on vit peut-être une ou deux fois dans notre vie, se désole-t-elle.

À Nice, elle portait fièrement sa médaille par-dessus son dossard aux couleurs de sa province natale. Elle courait dans une équipe 100 % néo-brunswickoise.

Je suis triste pour les jeunes.

Geneviève Lalonde

La province perd surtout une vitrine hors pair pour la relève sportive.

L’ancien entraîneur national de cyclisme Luc Arsenault pense que la jeunesse acadienne est laissée-pour-compte.

Des jeunes spectateurs qui auraient vu des Geneviève Lalonde à l’oeuvre, ça les aurait motivés à continuer, souligne celui qui a assisté à des compétitions internationales aux quatre coins du globe.

Dans cette partie de poker entre politiciens, la fierté régionale a tout simplement été ignorée, soutient le Dieppois.

Quand Sidney Crosby a compté le but à Vancouver en 2010, la population n’a jamais été aussi fière d’être Canadien, se souvient-il.

Le mélodrame des Jeux de la Francophonie de Moncton-Dieppe lui rappelle l’expérience d’Halifax en 2007. La métropole avait dû retirer sa candidature pour les Jeux du Commonwealth, incapable de payer la note.

C’est malheureux qu’on s’embarque dans de tels projets et on frappe un mur.

Luc Arsenault

Revoir le financement

Le budget pour les Jeux de la Francophonie - 62 millions de dollars selon la dernière estimation du comité organisateur - ne représente qu’une fraction de la facture des derniers Jeux du Commonwealth. L’Australie a dépensé un milliard pour accueillir l’événement en 2018.

Le Canada songe à soumettre sa candidature pour le centenaire des Jeux du Commonwealth, en 2030, rappelle le président d’Athlétisme Nouveau-Brunswick, Marc Lalonde.

Pour le Nouveau-Brunswick, c’est un oeil au beurre noir, dit-il au sujet de l'annulation des Jeux de la Francophonie.

Il déplore que la province renonce à d’importantes infrastructures sportives qui auraient accompagné les Jeux. Quand votre partenaire [fédéral] veut payer 50 %, ça a peut-être une valeur.

La communauté sportive locale se sent profondément lésée.

C’est plate de dire parce qu’on vient du Nouveau-Brunswick, ça ne se fait pas ce genre d’événement international, lâche la directrice générale de la Société des Jeux de l'Acadie, Mylène Ouellet-LeBlanc.

Mylène Ouellet-LeBlanc, directrice générale de la Société des Jeux de l'AcadieMylène Ouellet-LeBlanc, directrice générale de la Société des Jeux de l'Acadie

Le règlement limitant la participation du fédéral aux grands événements sportifs à 50 % de la facture est perçu comme une injustice envers les provinces moins nanties­.

Pour nous, c’était une belle opportunité de se développer et grandir, croit Mylène Ouellet-LeBlanc.

En dépit des nombreux avantages qu'on lui avait fait miroiter, le gouvernement Higgs n'a retenu, au final, que la facture considérable pour ces Jeux, une dépense qu'il a jugée injustifiable dans un contexte de compressions budgétaires.

Avec les informations de François LeBlanc

Francophonie

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