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Le véganisme au menu du quotidien de plus en plus d'athlètes

Ève Crépeau au laboratoire de nutrition de l'INS avec les athlètes

Photo : Société Radio-Canada

Radio-Canada

Le véganisme, qu'on appelle aussi le végétalisme, connaît un essor croissant dans la communauté des athlètes d'élite. Radio-Canada Sports a constaté le phénomène à l'Institut national du sport (INS) à Montréal, laboratoire en la matière.

D'après un reportage de Marie Malchelosse

La nutritionniste en résidence à l'INS, Ève Crépeau, organisait ce jour-là un atelier de cuisine. Deux des recettes proposées aux trampolinistes sont véganes, dont le pouding au riz, du riz brun bien sûr.

« Oui, je remarque de plus en plus d'athlètes qui vont aller vers le végétalisme pur et dur, explique-t-elle. J'en ai quelques-uns. »

C'est aussi le choix qu'a fait le triathlonien Antoine Jolicoeur Desroches. D'abord végétarien, il est devenu 100 % végane il y a cinq ans pour des raisons éthiques.

« C'est vraiment avec le film Cowspiracy qui démontrait vraiment l'impact de l'industrie alimentaire, les vaches, le lait, le fromage, sur l'environnement que j'ai décidé de devenir complètement végétalien », explique-t-il.

Antoine Jolicoeur Desroches dans sa cuisine avec un plat véganAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Antoine Desroches-Jolicoeur

Photo : Société Radio-Canada

« Au début, le défi de devenir végane, ça a été d'avoir 100 % confiance que c'était parfait pour ma santé, car j'avais choisi ça pour des raisons éthiques et environnementales. Mais plus je m'informais là dessus, plus je voyais aussi que ça pouvait aider ma santé, que ça peut aussi aider ma performance », précise l'athlète de 24 ans.

Un végane fait le choix d’aliments « très nutritifs avec beaucoup d’antioxydants, beaucoup de vitamines et de minéraux, des choses dont on a vraiment besoin pour performer, mais aussi des aliments qui permette de diminuer l’inflammation », poursuit-il.

Quand on s’entraîne, on crée une inflammation dans notre corps et on veut des aliments qui vont nous permettre de diminuer ça, donc des aliments qui nous permettent de mieux récupérer. Des aliments comme une salade de quinoa avec des légumineuses, des noix, beaucoup de légumes. Ça peut aider à réduire l’inflammation contrairement à des alimentations avec beaucoup de viande, qui vont souvent augmenter l’inflammation. Souvent, ça prend beaucoup plus d’énergie pour le corps à digérer.

Antoine Jolicoeur Desroches, triathlonien

La vague déferle partout

En octobre, l'équipe suédoise de ski alpin a décidé de bannir tout produit animal de son menu, car elle était préoccupée par son empreinte carbone et par la fonte des glaciers où elle s'entraîne.

D'après Animal Rights Sweden, près de 10 % de la population suédoise serait végétarienne. Dans un souci écologique, le gouvernement suédois envisage même une taxe sur la viande.

Pour l'anecdote, la marque américaine de restauration rapide McDonald's propose depuis 2017 en Suède un sandwich nommé McVegan, et elle a ajouté un menu enfant végane, soit des falafels accompagnés d'une sauce à base de poivrons.

La marque américaine n'envisage pas de faire la même chose dans les succursales canadiennes.

Le véganisme a aussi la cote parmi les athlètes professionnels. Du pilote britannique de F1 Lewis Hamilton, aux soeurs Williams au tennis, en passant par le quart-arrière des Patriots de la Nouvelle-Angleterre Tom Brady.

Le célèbre quart devra fermer les yeux sur les quelque 700 millions de poulets dont les ailes seront dévorées pendant le Super Bowl.

Dans tous les sports

« Au début, on voyait plus ça dans les sports d'endurance, dans la course à pied, le triathlon », rappelle Antoine Jolicoeur Desroches.

« Les gens ne pensaient pas que dans des sports de force comme l'haltérophilie ou même la boxe on pouvait être végétalien puis performer, explique-t-il. Mais de plus en plus, on voit ça dans le UFC (Ultimate Fighting Championship), dans les arts martiaux, dans la boxe. »

Ève CrépeauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ève Crépeau

Photo : Société Radio-Canada

En raison de leur grande dépense énergétique, les athlètes véganes ont tous la même bête noire.

« Souvent, ils sont inquiets par rapport à leurs protéines. Est-ce qu'ils vont avoir assez de protéines », fait remarquer Ève Crépeau.

« Au début, j'essayais de trop rendre ça complexe, donc trop compter tous les grammes de protéines comme de glucides. Mais à la longue, tu réalises que, dans le fond, ce n'est pas si compliqué que ça », affirme Antoine Jolicoeur Desroches. « Maintenant, je mange une alimentation variée et je ne compte plus les calories, je ne compte plus mes nutriments. J'y vais comme je le sens. »

« Tu peux juste remplacer ta source de viande par une sauce végétale de protéines par exemple, remplacer le poulet par des légumineuses, par du tofu, par du tempeh ou par d'autres produits. Comme ça, c'est vraiment facile », ajoute-t-il.

Le laboratoire de nutrition de l'INS à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le laboratoire de nutrition de l'INS à Montréal

Photo : Société Radio-Canada

Un autre défi

Pour certains, les nombreux déplacements représentent un obstacle majeur. C'est le cas de la plongeuse de haut vol Lysanne Richard, végane à temps partiel.

« Pour les compétitions, on voyage beaucoup. J'ai quand même assez de compétitions en Asie ou aux Émirats arabes unis, donc ce n'est pas toujours le même alphabet. Alors là, en partant, si on veut acheter de la nourriture sur place, on ne sait même pas c'est quoi les composantes », explique Richard.

Antoine Jolicoeur Desroches se souvient lui de sa famille d'accueil à l'occasion d'un triathlon en Guadeloupe.

Premier repas qu'ils mangeaient, ils mangeaient du boudin et plein de fromage. Alors je me sentais un peu mal à l'aise surtout parce qu'ils m'invitaient.

Antoine Jolicoeur Desroches

Durant l'atelier de cuisine à l'INS, Ève Crépeau a passé les bocaux à tout le monde. Le pouding au riz végane est prêt. La réaction est unanime. C'est vraiment bon, s'exclament les athlètes.

Sophiane Méthot (en blanc) au laboratoire de nutrition de l'INSAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sophiane Méthot (en blanc) au laboratoire de nutrition de l'INS

Photo : Société Radio-Canada

« C'est des recettes qu'on sait qu'on peut refaire justement dans le quotidien, avant les entraînements », dit la trampoliniste Sophiane Méthot.

« Ça nous montre un peu, au niveau nutriments, qu'est-ce qui a beaucoup de fibres, qu'est-ce qui a beaucoup de protéines, qu'est-ce qui est bon avant, après, précise-t-elle. Donc, c'est sûr que c'est super utile. Et puis en plus, c'est amusant à faire parce qu'on est tous en gang. »

« Que les athlètes soient végétariens ou véganes, peu importe le sport, ce que je leur montre au laboratoire peut être utile à toute l'équipe, affirme la nutritionniste en résidence de l'INS. Je peux encourager les gens à manger un peu moins de viande, à manger de nouveaux aliments. C'est vraiment populaire auprès des athlètes. C'est le fun. »

Ève Crépeau a atteint l'objectif qu'elle s'était fixé à l'INS : faire découvrir aux athlètes une nouvelle façon de s'alimenter et élargir leur horizon culinaire.

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