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chronique

Les Molson donnent 1 M$ au futur programme de hockey de l’UQAM

Un des pavillons de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

L'UQAM fêtera ses 50 ans en 2019.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Par l'entremise de leur fondation familiale, les frères Andrew et Geoff Molson viennent de donner 1 million de dollars à l'UQAM pour l'aider à mettre sur pied une équipe universitaire de hockey masculin. Ce don pourrait avoir des retombées considérables dans le monde du hockey québécois.

Étonnamment, il n’existe qu’un seul programme francophone de hockey universitaire masculin au Québec. Depuis plus de trois ans, les dirigeants des programmes sportifs de l’UQAM travaillent d’arrache-pied pour en créer un deuxième, et sans puiser dans les budgets de fonctionnement de l’université. Ils se retrouvent soudainement, pour ainsi dire, à la porte des buts.

Nous sommes en pleine célébration du 50e anniversaire de l’UQAM. Dans ce contexte, l’arrivée imminente d’une nouvelle équipe francophone est quasiment un cadeau. Je ne remercierai jamais assez nos généreux donateurs!

Magda Fusaro, rectrice de l’UQAM

Magda Fusaro souligne par ailleurs qu’au-delà de sa passion pour le hockey, la famille Molson a décidé de faire ce don dans une perspective beaucoup plus large.

« Les Molson se sont dits préoccupés par le décrochage scolaire et les difficultés que connaissent les jeunes hommes à compléter leurs études. Ce sont des phénomènes dont on doit se préoccuper comme société et comme institution. Leurs valeurs rejoignent celles de l’UQAM », ajoute la rectrice.

« Notre fondation familiale a fait un don dans le cadre de la campagne de financement de l’UQAM, qui a pour thème « 100 millions pour 100 idées ». Nous avons donné 1 million comme on le fait pour plusieurs institutions à Montréal et à l’extérieur de Montréal. Cela dit, c’est une bonne nouvelle que l’UQAM a décidé de l’utiliser pour mettre sur pied un programme de hockey. Nous croyons beaucoup aux bienfaits du sport et de l’éducation lorsqu’ils sont menés de front. C’est un bon fit, ce qu’ils ont fait. Geoff était très enthousiaste à l’idée de contribuer à la création d’une nouvelle équipe de hockey », dit Andrew Molson, au téléphone.

***

Sur le plan sportif, ce pas de géant que vient de franchir l’UQAM s’annonce aussi extrêmement intéressant.

Les lecteurs de cette chronique le savent : le hockey est en pleine mutation au Québec. Il y a 10 ans, les équipes de hockey scolaire étaient considérées comme « hors-la-loi » par Hockey Québec. Or, les programmes scolaires sont désormais tellement nombreux que ce mouvement est devenu irréversible.

« Selon nos prévisions, la saison prochaine, il y aura au Québec davantage de programmes de hockey scolaire s’adressant aux jeunes de 15 à 17 ans que d’équipes civiles midget AA et midget AAA », souligne le coordonnateur des sports de l’UQAM, Daniel Méthot.

La popularité du hockey scolaire a évidemment fait exploser la demande au niveau collégial, où l’on retrouve une intéressante ligue de 12 équipes en première division. Seulement au cours de la dernière année, six cégeps de plus ont fait part de leur intérêt pour créer de nouveaux programmes.

Avec quelque 100 000 joueurs, Hockey Québec constitue la quatrième fédération de hockey du monde. Toutefois, au sommet de cette gigantesque pyramide de développement, illogiquement, on ne retrouve que trois équipes universitaires, dont une seule francophone. Il s'agit des Redmen de McGill, des Stingers de Concordia et des Patriotes de l’UQTR.

Le hockey est un sport à développement tardif et le modèle universitaire américain en tient parfaitement compte. Mais pas le modèle québécois. Ni canadien, d’ailleurs.

Suivant de près l’évolution du hockey québécois, Daniel Méthot et Jean-Pierre Hamel, directeur du centre sportif de l’UQAM, veulent contribuer à la modernisation de notre sport national.

« Je vois tellement de parents chercher des écoles et des universités américaines pour leurs enfants qui pratiquent le hockey. C’est décevant que nous soyons incapables de développer ces talents chez nous », plaide le coordonnateur des sports de l’UQAM.

***

Avant de présenter leur projet à la Fondation Molson, Méthot et Hamel ont fait leurs devoirs. Ils ont monté leur plan d’affaires, conclu des ententes de partenariat avec la Ville de Montréal (pour sécuriser l’utilisation d’un aréna), Hockey Montréal et Hockey Québec.

Le printemps dernier, quand Radio-Canada a annoncé que leur projet allait bon train, des candidatures d’entraîneurs chevronnés leur sont rapidement parvenues. Et aussi des appels de soutien de plusieurs cégeps.

« Les gens du collégial nous disent : "Dites-nous ce qu’on peut faire pour vous aider à mettre ce programme sur pied. On veut participer à votre réussite, car, en même temps, elle sera la nôtre" », raconte Daniel Méthot.

Il n’a pas été difficile de convaincre la rectrice de l’UQAM de lancer son université dans un tel projet, dit-elle. À une seule condition, toutefois, soit qu’aucun budget de fonctionnement de l’université ou de cotisation des étudiants ne soit sollicité pour faire fonctionner l’équipe de hockey.

Ce nouveau programme sportif devra s’autofinancer, surtout par l’entremise de la Fondation de l’UQAM. Pour atteindre les mêmes standards d’excellence que les équipes québécoises et ontariennes existantes, on parle tout de même d’un budget annuel de 500 000 à 650 000 $.

« Ce n’est pas une mince tâche. Et on veut s’assurer de bien faire les choses », insiste Daniel Méthot.

***

Grâce au don providentiel de la Fondation Molson, l’UQAM a presque atteint ses objectifs. Des discussions avec les partenaires des autres équipes sportives de l’établissement se poursuivent, mais il manque un dernier coup de pouce pour mettre le train sur les rails.

« Il nous manque encore des fonds pour assurer la pérennité du futur programme de hockey. Nous espérons obtenir de l’aide de la communauté d’affaires ou, qui sait, de l’un ou de quelques-uns de nos 250 000 diplômés. Nous espérons trouver un partenaire qui sera motivé à l’idée de lancer ce beau programme et de faire entrer 30 jeunes hommes de plus à l’université », explique Jean-Pierre Hamel.

À l’intérieur des murs de l’UQAM, beaucoup de gens sont enthousiastes à l’idée de voir naître cette équipe, semble-t-il. Plusieurs facultés aimeraient s’y accrocher pour faire de la recherche.

Et si l’aventure de l’UQAM devait s’avérer un succès, plusieurs espèrent ou croient que d’autres universités finiraient par emboîter le pas.

L’année 2019 est déjà entamée et les délais seraient trop courts (embauche de personnel, recrutement de joueurs) pour permettre aux futurs Citadins de l’UQAM de fouler la patinoire l’automne prochain. Mais avec encore un peu d’aide, on les verrait jouer en 2020-2021.

Pour le hockey québécois, ce serait formidable.

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