•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Balotelli, un fada comme Marseille les adore

L'Italien Mario Balotelli montre son nouvel uniforme, celui de l'Olympique de Marseille, pendant une conférence de presse.

Mario Balotelli représente un pari risqué pour l'Olympique de Marseille.

Photo : Associated Press / Claude Paris

Agence France-Presse

Il est fada (un peu fou) et il va droit au but : Mario Balotelli a tout pour embraser l'Olympique de Marseille, mais l'instabilité qui a suivi toute la carrière du nouvel attaquant phocéen pourrait aussi tout brûler.

Le Vélodrome en a déjà aimé passionnément des plus fous que lui, comme « El Loco » Marcelo Bielsa, même sans gagner, ou Chris Waddle, à la fois clown et acrobate de l'âge d'or du grand chapiteau de l'OM.

En privé, de hauts responsables du club marseillais concèdent que « Super Mario » est un pari risqué, et un pari cher.

C'est quitte ou double. Sa frappe de mule et son caractère de cochon peuvent enflammer les supporteurs, mais s'il échoue et qu'il se fâche contre son public, comme il l'a déjà fait partout où il est passé, de l'Italie à Manchester à City, l'OM se retrouverait avec un cactus dans le pied.

Si on parle d'abord de football, la puissance de « Balo », redoutée par tous les défenseurs qui l'ont croisé, et son sens du but ne peuvent qu'apporter un plus à un OM dont les attaquants Valère Germain et Kostas Mitroglou sont complètement en panne. Ils n'ont réussi que 3 buts chacun cette saison.

L'Italien reste toutefois un des plus spectaculaires exemples d'irrégularité du soccer mondial.

Il est capable presque à lui seul d'abattre l'Allemagne avec un doublé dans un gain de 2-1 en demi-finale de l'Euro 2012, dans la nuit de Varsovie. C'était le plus grand match de sa vie. Ce soir-là, Mario, avec sa pose à la Hulk, torse nu et pectoraux saillants, devait entrer dans le panthéon des grands attaquants. Mais la porte s'est vite refermée...

Balotelli est aussi ce joueur capable de ne marquer que deux buts en championnat en deux années, de Liverpool (2014-2015) à l'AC Milan (2015-2016). Ces six derniers mois à Nice, le joueur aux coupes de cheveux folles n'a mis aucun but, alors qu'il en avait inscrit 42 les deux saisons précédentes avec les Aiglons.

Il a connu trop de bas dans sa carrière pour que Marseille n'ait aucune crainte de le voir exploser entre ses doigts.

« Ça me désole qu'il gâche son talent comme ça, je pense qu'il a de quoi divertir la foule en marquant des buts », a dit son mentor, Roberto Mancini, à Radio Anch'io Sport.

« L'espoir meurt le dernier, pourvu qu'un déclic se produise dans sa tête. Le temps passe, il doit saisir les occasions qui passent. Mais à 28 ans, il est encore temps », ajoutait le sélectionneur de l'Italie, qui avait rappelé son poulain l'an dernier. Désormais, il attend que Balotelli redevienne buteur pour éventuellement l'emmener à l'Euro 2020.

Après le Mondial de 2014, Balotelli avait lassé les cadres de la « Nazionale » qui ont largement incité Antonio Conte à ne pas rappeler l'électron trop libre, trop boudeur.

L'Italien le reconnaît lui-même. « Je n'ai aucune patience, seulement avec mes enfants », dit-il dans le documentaire d'Olivier Dacourt sur le racisme dans le football.

« Je ne pourrais jamais devenir entraîneur, je leur donnerais des coups de pieds », avoue-t-il dans un sourire.

« Jeune, il m'a beaucoup donné, aussi bien à l'Inter qu'à Manchester City », ajoute Mancini dans une interview au Corriere dello sport.

« Mais ces derniers mois il a vraiment peu donné, ajoute le sélectionneur. Moi, j'ai fait tout mon possible. J'espère toujours qu'il va se passer quelque chose, en positif, naturellement. »

Les rapports avec ses entraîneurs ont trop souvent été conflictuels. Rudi Garcia, qui parle parfaitement italien, n'a pas peur de cet aspect de « Super Mario ». Il avait parfaitement amadoué Francesco Totti, le 8e Roi de Rome, lui aussi muni d'un très gros tempérament. Mais ce sera difficile pour lui comme pour les autres.

À Nice, la diva hors de forme a fini par décourager Patrick Vieira, qui l'a sorti de l'équipe pour les derniers matchs.

Son prédécesseur, Lucien Favre, n'en pouvait plus du caractère de Balotelli. Il le confiait en privé. Mais le technicien suisse, avec Mancini, est celui qui a obtenu le meilleur du joueur. Sans oublier, dans une moindre mesure, Cesare Prandelli, sélectionneur qui a mené Balotelli en finale de l'Euro 2012, à moins que ce ne soit le contraire.

Tout dépend quel Balotelli l'OM a acheté. Mais souvent, au début d'une histoire, Mario donne le meilleur de lui-même...

Soccer

Sports