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chronique

La prochaine question à la mode : qui le CH affrontera-t-il en séries?

Jesperi Kotkaniemi du Canadien face à John Tavares des Maple Leafs
Jesperi Kotkaniemi du Canadien face à John Tavares des Maple Leafs Photo: The Canadian Press / Nathan Denette
Martin Leclerc

BILLET - Il y a des modes, comme ça, qui passent et disparaissent dans le temps d'un éclair. Prenons, par exemple, la question : « le Canadien va-t-il participer aux séries? » Ça fait tellement mois d'octobre. Au train où vont les choses, la nouvelle tendance consistera bientôt à s'interroger sur l'identité des adversaires du CH dans les prochaines séries éliminatoires...

Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’oeil attentif au classement de l'Association de l’Est. Le Tricolore et les Penguins de Pittsburgh occupent les places des deux équipes repêchées, tandis que les Sabres de Buffalo (54 points, soit 5 de retard sur le CH) et les Hurricanes de la Caroline (51 points, soit 8 de retard sur le CH) les poursuivent.

Peu après la mi-saison, les équipes de la LNH atteignent une sorte de point de bascule qui ne les met plus seulement en compétition avec les équipes rivales, mais aussi avec les probabilités mathématiques.

Prenez Buffalo par exemple. Ils occupaient le 1er rang de la ligue à la fin novembre. Ils se sont ensuite écroulés comme un véritable château de cartes. Depuis le 1er décembre, les Sabres présentent la pire fiche de la LNH : 7-11-3 (,405).

Pour une jeune équipe comme celle-là, qui croupit dans les bas-fonds depuis des années, quelle est la tendance lourde à votre avis? Les Sabres devraient jouer pour environ ,618 d’ici la fin de la saison, peut-être même plus, pour récolter les quelque 42 points qui leur manquent pour participer au tournoi printanier. On leur souhaite la meilleure des chances.

Idem pour les Hurricanes, une autre jeune formation qui n’a pas pris part aux séries depuis le printemps 2009.

Bien que cette équipe soit talentueuse, la Caroline ne joue que pour ,500 depuis le 1er décembre (11-11-1), ce qui est bien en dessous du seuil de respectabilité dans la LNH. Pour récolter environ 96 points et participer aux séries, les Hurricanes devraient maintenir un rythme de croisière de ,662 d’ici la fin du calendrier. On parle d’une cadence digne des trois meilleures formations de la LNH.

Bref, ne misez pas votre hypothèque ou votre fonds de retraite sur les Sabres ou les Hurricanes. Ils sont pour ainsi dire cuits. Et s’ils sont cuits, le Canadien (qui n’a besoin que d’un rythme presque pépère de ,578, quelque 37 points en 32 matchs d’ici la fin des émissions) jouera en séries.

***

Parlons science-fiction, maintenant.

Prisonnier d’une division où l’on retrouve les Van Gogh, Renoir et Picasso de la LNH, le Bleu-blanc-rouge semblait destiné, au mieux, à faire de la peinture à numéros en 2018-2019. Mais après 50 matchs, même si leur style est peu conventionnel, incroyablement, les hommes de Claude Julien n’ont pas à rougir de leur tableau :

  • Tampa Bay : 76 points en 49 matchs
  • Toronto : 60 points en 48 matchs
  • Boston : 59 points en 49 matchs
  • Canadien : 59 points en 50 matchs

À la fin du camp d’entraînement, peu d’observateurs sérieux considéraient le CH comme une formation pouvant aspirer à une place dans les séries. Dans ce contexte, émettre l’idée que Montréal puisse souffler dans le cou dans Maple Leafs de Toronto (Renoir) et des Bruins de Boston (Picasso) à quelques heures de la pause du match des étoiles aurait été l’équivalent de soutenir que la Terre est plate ou que les grands maîtres mentionnés ci-dessus, après tout, faisaient peut-être, eux aussi, de la peinture à numéros.

Les Bruins n’ont remporté que deux de leurs six derniers matchs et leur gardien numéro un Tuukka Rask a subi une sérieuse commotion cérébrale en fin de semaine face aux Rangers de New York. Boston vient d’entamer une période de relâche de 10 jours. Si Rask devait s’absenter pour une longue période, Bruce Cassidy devrait se tourner vers Jaroslav Halak, qui a l’habitude de briller par séquences et d’être moins efficace quand sa charge de travail est lourde.

C’est par ailleurs la panique à Toronto. Depuis 22 matchs (le 1er décembre), les Leafs Maple sont 15es dans la LNH. Leur attaque est en panne. Ils viennent de perdre 4 de leurs 5 dernières rencontres et 7 de leurs 10 dernières. Depuis le début de décembre, leur avantage numérique censé terroriser toutes les défenses ne fonctionne qu’à 13,2%.

À compter de maintenant, le CH n’est donc plus tout à fait engagé dans une course aux séries, mais plutôt dans une course avec les Leafs et les Bruins pour s’assurer d’une des trois premières positions dans la Division atlantique.

C’est presque irréel.

***

En disputant son 50e match de la saison, le Tricolore a conclu son dixième segment de cinq matchs en fin de semaine. Voici les dernières tendances statistiques qui marquent le parcours de l’équipe...

Brendan Gallagher semble être l’attaquant le plus affecté par les changements de trios apportés par Claude Julien le 12 janvier dernier. Au cours des cinq derniers matchs, Gallagher a vu sa moyenne de chances de marquer (par 60 minutes de jeu) chuter considérablement :

Depuis cinq matchs, Gallagher et Phillip Danault jouent en compagnie de Jonathan Drouin, alors que Tomas Tatar a été muté par l’entraîneur aux côtés de Max Domi. Avant ce changement, Gallagher était constamment l’attaquant de l'équipe récoltant le plus de chances de marquer de qualité.

***

Tomas Tatar, que Marc Bergevin a récemment qualifié de « plus belle surprise » de la saison parmi les nouveaux porte-couleurs du CH, exerce clairement un effet positif sur ses partenaires de jeu.

Au cours du dernier segment de 5 matchs, Tatar (10 chances de qualité) et son nouveau centre Max Domi (9 chances de qualité) sont les deux attaquants qui ont causé le plus de fil à retordre aux défenses adverses.

Auteur de deux buts lors des trois derniers matchs, Domi a notamment secoué une panne sèche de 18 parties au cours du dernier segment de cinq matchs.

***

Collectivement, le Canadien vient peut-être de régler la moitié des problèmes qui affligeaient ses unités spéciales.

L’unité de désavantage numérique (l’une des pires de la LNH depuis le début des années 2000 la saison dernière) s’est longtemps située sous la moyenne de la ligue cette saison. Mais lors des 10 derniers matchs, cette unité a fermé la porte 32 fois en 35 occasions pour un taux de succès de 91,4 %.

Toutefois, au cours de la même période, l’unité d’avantage numérique a seulement secoué les cordages deux fois en 25 occasions (8 %).

Avec un taux d’efficacité global de 12,6 %, l’unité d’avantage numérique est la moins performante de l’histoire de l’organisation (cette statistique est compilée depuis 42 ans).

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