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Jean Pagé, dernier animateur de la Soirée du hockey à Radio-Canada, n'est plus

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Jean Pagé

Jean Pagé

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une célèbre voix de la Soirée du hockey s'est éteinte. Jean Pagé, qui a été l'animateur de l'émission pendant 17 saisons à Radio-Canada, est mort lundi à l'âge de 73 ans d'un cancer de la prostate.

Né à Chicoutimi le 8 mars 1946, Jean Pagé a fait ses débuts à la radio dans sa ville natale à 18 ans à CJMT, avant de faire son entrée à Radio-Canada, à Québec, au début des années 1970.

En 1976, trois ans après son embauche à Radio-Canada, il a été membre de l'équipe du tonnerre affectée à la couverture des Jeux olympiques de Montréal aux côtés des René Lecavalier, Richard Garneau, Lionel Duval et autres Claude Quenneville.

Ce seront les premiers de ses douze JO, où il agira maintes fois comme chef d'antenne, de Sarajevo jusqu'à Sotchi.

Entre les Jeux, Jean Pagé n'a jamais chômé.

Animateur permanent du bulletin des sports de fin de soirée comme de l'Univers des sports, il a été tout autant matinal pour commenter les sports à la radio au cours de sa carrière, que ce soit avec Joël Le Bigot ou avec René Homier-Roy.

Passionné de tennis, de sports motorisés et de voile, il a également été le descripteur de ces sports dans les années 1980, en plus d'être président, pendant un moment, de la Fédération québécoise de tennis ou encore porte-parole du Salon de l'automobile de Montréal. Il a aussi été affecté à la Coupe du monde de soccer au Mexique, en plus d'être la voix pendant quelque temps du patinage artistique avec Alain Goldberg.

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Jean Pagé souriant dans sa jeunesse en veston et cravate à l'animation d'un bulletin de nouvelles sportives.

C'est toutefois à la Soirée du hockey qu'il a durablement gagné la faveur du public. À partir de 1987 et jusqu'à la fin de sa production à l'interne, il a assuré l'animation de l'émission phare de Radio-Canada. En studio, il recevait toujours avec charme et tact les joueurs, les entraîneurs et les analystes.

Même s'il était déjà un animateur apprécié du public, sa présence à la Soirée du hockey a fait exploser sa cote de popularité. Il est ainsi monté huit fois de suite sur la scène du gala Métrostar pour y cueillir les honneurs dans les années 1990, et deux fois sur celle des Gémeaux.

Il était l’anti-élitiste par excellence. Il voulait, quel que soit votre niveau d’intérêt envers le sport qu’il allait commenter, que vous soyez accroché, que vous puissiez apprécier le spectacle offert. Il a toujours eu – et ça s’est manifesté dans sa vie privée plus tard – ce que j’appelle l’intérêt du bien commun.

René Pothier, ancien collègue de Jean Pagé à Radio-Canada

« Jean avait su établir des liens très intimes avec les téléspectateurs, relate pour sa part son ancien collègue Serge Arsenault, aujourd'hui à la tête de l'organisation des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal. Par son immense talent, il a réalisé une transition dans le style du commentateur de sport entre la vieille école, dont je faisais partie, et la nouvelle qui était beaucoup plus près, presque intime, avec le téléspectateur. »

Jean, c’était à la fois la grande simplicité combinée à la compétence et une grande générosité. Il laissait toute la place à ses collègues et à ses analystes. Je garde de lui le souvenir du plaisir de vivre, la bonhomie, le sourire.

Serge Arsenault, ancien collègue de Jean Pagé à Radio-Canada

Plusieurs évoquent le plaisir évident que Jean Pagé ressentait à pratiquer son métier.

Du défilé de la Coupe Grey jusqu'aux Jeux olympiques, Marie-José Turcotte a souvent travaillé à ses côtés.

« On sentait qu’il aimait ça, raconte-t-elle Je dis à la blague qu’il était fait pour ça. Il aimait raconter. Il aimait être la courroie de transmission entre un gros événement et les téléspectateurs. Il était très sociable. Il aimait les gens. »

Et elle aussi a été marquée par la générosité de Jean Pagé.

Il avait beau être une vedette, il était généreux. Il avait très bien compris que, pour que ça aille bien, il fallait se servir des forces de tout le monde.

Marie-José Turcotte, ancienne collègue de Jean Pagé à Radio-Canada

En 2002, après un demi-siècle à l'antenne, les artisans de la Soirée du hockey avaient appris que l'émission ne serait plus produite par Radio-Canada.

En 2005, après avoir lancé Adrénaline à l'automne, Jean Pagé a quitté la société d'État pour devenir l'arbitre des débats sportifs de 110 %, à TQS, où il a succédé à Paul Rivard.

Ambassadeur de la lutte contre le cancer

Jean Pagé a aussi utilisé sa notoriété pour sensibiliser les hommes au cancer de la prostate qui l'a frappé tôt, en 1995, à 49 ans. Porte-parole de Procure, un organisme de bienfaisance dans la lutte contre cette forme de cancer, à partir de 2002, il a été l'un des créateurs, avec Robin Burns et le père John Walsh, de la Marche du courage en 2007. Elle amasse chaque année des centaines de milliers de dollars pour la recherche.

Laurent Proulx, président-directeur général de Procure, était aux côtés de Jean Pagé lundi quand il a rendu son dernier souffle.

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Témoignage de Laurent Proulx

« C’était un superbe porte-parole pour Procure, mais c’est aussi un homme, un ami qui a été en soutien à beaucoup d’hommes qui étaient victimes du cancer de la prostate à travers les années, a confié M. Proulx, très ému.

Maintenant, c’est à nous de poursuivre le travail qu’il a amorcé.

Laurent Proulx, président-directeur général de Procure

Pour son travail à Procure, Jean Pagé a reçu la médaille d'honneur de l'Assemblée nationale du Québec. Incapable de se rendre à Québec pour aller la chercher en raison de sa santé déclinante, il l'a reçue des mains du président de l'Assemblée nationale, François Paradis, qui lui a rendu visite à Morin-Heights.

Si cette année il n'a pu participer aux activités de Procure comme il l'aurait souhaité, Jean Pagé était cependant très fier de voir le travail effectué par sa fille, qui a pris la relève. Et il était particulièrement fier de voir le premier ministre François Legault porter le noeud papillon en appui à Procure en novembre dernier.

En mission commerciale en Californie mardi, le premier ministre québécois a d'ailleurs pris la peine de s’arrêter avant d’entrer chez Google pour offrir ses condoléances à la famille Pagé.

Jean Pagé, pour moi, c’est la Soirée du hockey, c’est 110%, les Jeux olympiques. C’est quelqu’un qui était toujours souriant, sympathique. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à quelques reprises. C’était quelqu’un qui était facile d’approche, apprécié de ses collègues de travail. On va se souvenir de Jean Pagé.

François Legault, premier ministre du Québec

Jean Pagé laisse dans le deuil sa conjointe Brigitte Bélanger ainsi que ses enfants Isabelle, Alexandra, Elisabeth et William.

Pluie d'hommages

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Témoignages de René Pothier et de Marie-José Turcotte

René Pothier, ancien confrère de travail de Jean Pagé à Radio-Canada, a parlé de ses années à travailler à ses côtés et de son réalisme face au destin qui l'attendait.

« C’est une très triste nouvelle. On a été collègues pendant plus de 20 ans. Nous avons beaucoup travaillé en reportage extérieur, que ce soit aux Jeux olympiques ou encore à la Soirée du hockey pendant quelques années. On savait depuis quelques mois que Jean était en fin de vie. Même au tout début de sa maladie, on sentait chez lui une forme de sérénité. Il refusait de s’apitoyer sur son sort. Il m’a dit : "Moi, je ne connaîtrai pas le naufrage de la vieillesse." C’était sa façon à lui d’accepter cette finalité », a dit René Pothier.

Ron Fournier, animateur au 98,5 FM, s'est également souvenu de son temps passé aux côtés du commentateur sportif.

« Je l'ai rencontré dans les années 70, je suis allé avec lui à Albertville aux JO, a-t-il confié au micro de Pénélope. C’était une des voix extraordinaires [...] Il est l'exemple à suivre pour les jeunes qui se lancent dans les communications [...] Récemment, il a confié : "J’ai eu une belle vie." Et je crois qu’il avait raison. »

Pour sa part, l'analyste Michel Bergeron l'a côtoyé sur le plateau de la Soirée du hockey ainsi qu'à TQS à l'époque de 110 %. L'ancien entraîneur a confié avoir bénéficié de la vaste expérience de Jean Pagé­.

Il m’a aidé professionnellement par sa bonne humeur, sa préparation, son professionnalisme. Tu n’avais qu’à allumer la lumière et tu savais qu’il était prêt [...] En dehors des ondes, il était tellement agréable à côtoyer. Il était facile d’approche, il avait toujours un bon mot pour tout le monde.

Michel Bergeron, au micro de Pénélope

Ronald Corey était président du Canadien quand Jean Pagé était animateur à la Soirée du hockey. Il vante son professionnalisme et son souci du détail, mais surtout son approche axée sur l'amour du public.

Quand tu respectes les gens, les gens te respectent. Jean, c'était un gars aimable.

Ronald Corey, ancien président du Canadien de Montréal

L'ancien pilote Bertrand Godin a été analyste aux côtés de Jean Pagé lors de la diffusion de courses automobiles. Il perd un ancien collègue, mais surtout un ami.

« Il savait rendre les gens heureux et à l’aise, a-t-il confié. C'est cette passion qu'il a eue pour le sport, mais aussi pour la vie en général. Il a tellement donné de soi dans tout ce qu'il a entrepris. Que ce soit son professionnalisme ou lorsqu'il a eu cette maladie, il a été dans les premiers à parler ouvertement de la maladie et il le faisait par amour des gens. »

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