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Un rapport vieux de 30 ans montre le traitement inéquitable réservé à Ben Johnson

Il les devance d'une longueur.
Ben Johnson domine le 100 m contre Carl Lewis et Linford Christie. Photo: La Presse canadienne / Gary Kemper

Ben Johnson a peut-être remporté la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Séoul, en 1988, mais il est surtout célèbre pour avoir tout perdu, trois jours plus tard, en raison d'un contrôle antidopage positif.

Un rapport tenu secret pendant 30 ans et mis au jour par une enquête des quotidiens Toronto Star et Le Matin Dimanche dévoile que plusieurs autres athlètes ont été trouvés coupables de dopage, mais n’ont pas été sanctionnés.

« Je suis arrivé propre, je suis reparti dopé », a dit Ben Johnson, cité dans le Star.

Le document de 134 pages découvert montre qu’il n’y a eu aucun bénéfice du doute pour Johnson. Il a été le seul participant aux épreuves d’athlétisme trouvé coupable de dopage.

Pourtant, huit Américains qui ont été testés avant les Jeux de 1988 ont été blanchis. Le sprinteur britannique Linford Christie a obtenu l’argent dans la fameuse finale du 100 m, en dépit d’un « cas évident de dopage » au 200 m.

L’Américain Carl Lewis, le vainqueur officiel du célèbre 100 m de Séoul, avait échoué à trois tests antidopage aux essais olympiques nationaux. Il avait d’abord été disqualifié et exclu des Jeux, mais le Comité olympique américain avait réussi à changer la décision en appel.

Quand est venu le temps de contester la décision de Johnson, l’appel n’a duré que trois heures. C’est l’avocat montréalais Richard Pound, alors vice-président du Comité international olympique, qui a défendu le sprinteur canadien en dépit du conflit d’intérêts.

Selon le rapport, Pound n’a pas mis en doute les résultats des tests. Il a plutôt déploré que le protocole n’ait pas été respecté entre la fin de la course et la remise de l’échantillon d’urine.

Pound a noté que, selon un agent de la GRC qui a accompagné Johnson au contrôle antidopage, « plusieurs personnes étaient dans le local, alors qu’ils n’avaient pas besoin d’y être ». La bouteille d’eau utilisée par Johnson aurait pu être manipulée et son intégrité compromise.

La thèse d’un sabotage a cependant été écartée parce que le test de Johnson montrait des traces d’une utilisation de produits dopants sur une longue période de temps.

Pound a protesté en faisant remarquer que Johnson était propre dans un test quelques semaines avant les Jeux, après une course à Zurich. Derrière les portes closes, un des médecins spécialistes a dit que ce test réussi était « sans conséquence ».

Questionné sur les démarches de Pound pour défendre son innocence, Johnson a déploré qu’il ne fût pas allé assez loin.

Dans le rapport, l’un des membres de la commission qui s’est penchée sur l’affaire Johnson a dit qu’un vice-président du CIO ne devrait pas se présenter pour défendre un athlète de son pays et s’est assuré qu’un cas similaire ne se représenterait plus jamais.

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