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La plongée en apnée vise une place aux Jeux olympiques de 2024

La plongée en apnée sera-t-elle inscrite aux Jeux olympiques de Paris?
La plongée en apnée sera-t-elle inscrite aux Jeux olympiques de Paris? Photo: AFP/Getty Images / BORIS HORVAT
Agence France-Presse

Après une absence de près de 120 ans, la plongée en apnée souhaite remonter à la surface et prendre une nouvelle bouffée d'air olympique.

C'était la belle époque. En 1900, à Paris, l'apnée était une épreuve olympique. Un siècle plus tard, la discipline liée au film Le grand bleu veut replonger dans les Jeux en 2024, en misant sur ses performances extrêmes, son côté nature et ses images oniriques.

Il s'appelait Charles de Vendeville. En 1900, dans un bassin de 33 mètres aménagé sur la Seine, il a été sacré champion olympique dans une épreuve aquatique plutôt étonnante : faire un aller-retour le plus lentement possible sous l'eau, sans respirer. Il a mis 1 min 8 s.

C'était l'unique expérience de l'apnée aux Jeux olympiques. Depuis, la pratique a connu un essor considérable avec un boom phénoménal dans les années 90 grâce au film français réalisé par Luc Besson, qui retraçait la vie d'une légende de l'apnée, le Français Jacques Mayol, le premier de l'histoire à être descendu à 100 mètres de profondeur.

Même si les ondes de choc du Grand Bleu se dissipent avec le temps, l'apnée ne cesse d'attirer. Son principe? Descendre dans les profondeurs le long d'un câble, à une distance déterminée à l'avance puis remonter, le tout sans respirer. Une performance qui avoisine les 4 minutes quand il s'agit de descendre au-delà des 100 mètres.

« Aux Jeux, c'est celui qui va le plus vite, celui qui va le plus haut, celui qui va le plus loin. Il y a une histoire d'universalité là-dedans et l'apnée, c'est celui qui va le plus profond. Ça entre dans cette logique, ça coule un peu de source. Donc ça mériterait qu'on laisse une place à l'apnée aux Jeux olympiques », dit Guillaume Néry, double champion du monde descendu à 126 mètres, et aujourd'hui auteur et acteur dans des courts-métrages sous-marins qui font des millions de vues sur Internet.

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Les émules du commandant Cousteau

La Confédération mondiale des activités subaquatiques (CMAS), créée il y a 60 ans par un Français, le commandant Jacques-Yves Cousteau, a vu dans les Jeux de 2024 une occasion pour faire entrer l'apnée au programme olympique comme sport additionnel, tant la discipline est liée à la France.

La présidente, la Russe Anna Arzhanova, a rencontré le comité d'organisation fin novembre 2018.

« On a pleinement notre place aux Jeux. D'abord parce qu'on est très différent de ce qui se fait. Ensuite, sur notre planète, il y a plus de la moitié d'eau. C'est un sport extrême parce que les athlètes réalisent des performances fantastiques et incroyables. C'est un sport magnifique à regarder », argue la présidente.

En France, l'apnée, c'est de 25 000 à 30 000 personnes, selon le directeur technique national de la Fédération française (FFESSM), Richard Thomas.

« L'apnée prend une part de plus en plus importante. Elle prend du poids. En termes de coût, ça ne représente pas grand-chose, alors c'est un vrai levier. Ça séduit. Aujourd'hui, c'est la discipline qui a du sens par rapport à l'aventure olympique », souligne Thomas.

« L'eau est un enjeu majeur du 3e millénaire, l'apnée a un message énorme à faire tourner autour de tout ça », ajoute-t-il.

Le grand point d'interrogation

Reste le point primordial : la sécurité. Personne n'a oublié l'accident qui a failli coûter la vie à Guillaume Néry en 2015 lors des mondiaux. Alors qu'il visait 129 mètres, une erreur de câble l'a fait descendre à... 139 mètres!

« Ça révèle que malgré tout notre sport est encore très amateur. Je ne sais pas si on a vraiment la légitimité et l'organisation pour pouvoir prétendre à ce niveau olympique. Je le souhaite. Mais j'espère qu'on est prêt, et là-dessus j'ai encore quelques doutes », confie Morgan Bourc'his, double champion du monde.

L'apnée manque aussi cruellement d'une structuration internationale avec un vrai circuit, comme le déplore Richard Thomas. La discipline a peiné à s'organiser. En plus de la CMAS, l'Association internationale pour le développement de l'apnée (AIDA) existe depuis 1992 et organise ses propres Championnats du monde.

Alice Modolo, vice-championne du monde, veut y croire.

« Ça permettrait à l'apnée d'être reconnue comme sport de haut niveau. On est de véritables athlètes, on a une préparation physique générale, on doit faire fonctionner notre corps sans oxygène et ça demande beaucoup d'entraînement, hors de l'eau, mais aussi en piscine, dans les salles de sports. C'est aussi de la méditation, du yoga pour acquérir une certaine souplesse, un certain relâchement », dit-elle.

Le Comité organisateur des Jeux de Paris présentera au CIO fin mars une présélection de sports invités. Les heureux élus seront connus en décembre 2020.

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