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Les bénéfices d'un peu de stabilité à la ligne bleue du Canadien

Carey Price (no 31), Nathan MacKinnon (no 29) et Shea Weber (no 6)
Carey Price (no 31), Nathan MacKinnon (no 29) et Shea Weber (no 6) Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

Sur papier, le duel paraissait inégal. Le meilleur trio de la LNH contre une unité défensive instable qui se cherche encore des combinaisons idéales près de 50 matchs après le début de la saison.

Un texte d’Alexandre Gascon

Le Canadien devait freiner Nathan MacKinnon, Gabriel Landeskog et Mikko Rantanen. Une unité qui avait des choses à se faire pardonner après sa dernière rencontre. Un trio qui devait se charger de relancer une équipe qui tentait d’éviter de perdre une 9e rencontre en 10 confrontations.

Le CH n’a pas le luxe de miser sur un duo défensif à toute épreuve prêt à affronter et éteindre à lui seul les meilleurs éléments adverses.

Pourtant, Shea Weber et Victor Mete y sont parvenus avec brio.

MacKinnon et ses ailiers ont offert une performance en demi-teinte, il est vrai. Les trois joueurs ont dirigé un maigre total de cinq tirs sur Carey Price. Le site Natural Stat Trick leur accorde seulement deux occasions de marquer dans la rencontre. Les deux sont venues du bâton de Landeskog.

Se concentrer uniquement sur leur prestation serait injuste pour le premier duo d’arrières du Tricolore qui a passé la soirée à les affronter.

Il n’est pas question d’essayer de mettre un seul trio ou une seule paire de défenseurs contre eux, c’est important d’essayer d’en mettre plus qu’un.

Claude Julien à propos de la stratégie contre le trio de Nathan MacKinnon

Pourtant, Weber a joué 12 minutes à cinq contre cinq contre le trio de l’année 2018, un total dépassé seulement par Mete et ses 13 min 13 s. On tombe ensuite à Mike Reilly et 3:33 de temps de glace contre le bouillant MacKinnon.

Pour ce qui est d’une répartition des tâches, on en a déjà vu une plus équilibrée.

Les lacunes de Mete ont été abondamment documentées. Sa chétive charpente le restreint à l’occasion. Les deux buts marqués par Tampa Bay récemment en raison d’épreuves de force facilement gagnées par les attaquants à ses dépens constituent un bon exemple.

À 80 kg (175 lb), selon l'équipe, Mete est l’un des plus légers défenseurs de la LNH, au 7e rang pour être exact.

Face à des costauds de 98 kg (215 lb) (Rantanen et Landeskog) et de 93 kg (205 lb) (MacKinnon), il y avait du danger, même avec capitaine Weber à ses côtés.

Ces trois messieurs ont amassé 185 points depuis le début de la campagne et avaient à peine ralenti en dépit de la léthargie de 10 matchs de l’Avalanche (1-7-2) avec une récolte de 30 points pendant cette séquence.

« Ils sont gros, ils sont forts, ils sont rapides », a lancé Julien dans une tentative de reprise de l’idéal olympique.

Le petit défenseur a réussi à miser sur ses forces. Un peu comme l’expliquait son frère de poids dans l’autre camp : Samuel Girard.

« Si je vois un gros dans le coin, je n’essaierai pas de le ramasser, je vais revoler de l’autre bord. J’essaie de le pousser dans la bande, bâton contre bâton, de lui prendre la rondelle », a dit le Québécois vendredi.

Mete n’a pas tenté de « ramasser » de « gros » dans le coin, pour reprendre les termes utilisés par Girard.

« Il a fermé le jeu rapidement, il avait un bon bâton. Tous les joueurs ont leur force quand vient le temps de fermer le jeu. Il y en a que c’est plus physique, d’autres c’est plus avec la rapidité », a fait valoir l’entraîneur-chef.

« Il a été bon. Dans le cas de Victor, c’est une question de récupération de rondelle. »

Mete est le quatrième partenaire de Weber cette saison. En 21 matchs, c’est plutôt disparate. L’un de ses compagnons, Brett Kulak, a même passé directement du premier duo d’arrières de l’équipe à la galerie de presse. Un rare exploit.

Le no 53 est maintenant réuni avec le pierre angulaire de la défense depuis 10 rencontres.

Tout le monde conviendra qu’il ne s’agit probablement pas d’une relation profitable à long terme. Mais se peut-il qu’un peu de stabilité à l’arrière ne nuise pas?

Désordre à l’avant

Inversement, à l’attaque, les mêmes combinaisons s’enlisaient, stériles depuis le jour de l’An. Seulement sept buts ont été marqués en cinq matchs, et Julien en a eu assez.

Jonathan Drouin a semblé revigoré à la gauche de Phillip Danault et de Brendan Gallagher. Difficile de dire si c’était le changement de trio ou la présence de son ancien coéquipier des Mooseheads d'Halifax Nathan MacKinnon qui l’a inspiré, mais le résultat a été probant.

Combatif en échec avant, vif d’esprit en avantage numérique, il a aussi servi une passe d’anthologie pour permettre à Jesperi Kotkaniemi de marquer d’un violent tir à la réception.

« Quand il est appliqué comme ça, il fait vraiment beaucoup d’espace sur la glace, il se crée de l’espace à lui-même et pour nous. C’est un excellent passeur aussi. Un bon match de 60 minutes de Jo », a estimé Danault.

Notez le début de la phrase du joueur de centre…

En rafale

Le Tricolore n’a toujours pas touché la cible en supériorité numérique, bien qu’il ait eu meilleure mine. Ses 3 occasions ratées gonflent son total à 0 en 27 à domicile. Le dernier but au Centre Bell avec l’avantage d’un homme remonte au 1er décembre contre les Rangers de New York.

Kotkaniemi a laissé partir un boulet de canon du haut des cercles qui en a laissé plus d’un songeur, au point de demander à l’entraîneur s’il peut représenter une option à cet endroit en supériorité.

« C’est fou ce qu’un but peut faire », a dit Julien en plaisantant.

« Il était là au début de l’année. Et, croyez-le ou non, il a été meilleur sur son côté fort que de l’autre côté. À part son lancer, il a été menotté. Ça ne veut pas dire qu’il n’y retournera pas. »

Carey Price a signé un troisième blanchissage cette saison. Maintenant détenteur de 43 jeux blancs, il n'est plus qu'à 3 longueurs de Ken Dryden.

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