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Samuel Girard, ou la nouvelle vague de défenseurs

Photo: Getty Images / Matthew Stockman
Radio-Canada

La LNH a fini par se tourner vers les petits attaquants dans la foulée des succès de Martin St-Louis, pourrait-on arguer. Elle le fait maintenant avec les défenseurs de modeste gabarit.

Un texte d’Alexandre Gascon

Ce à quoi correspond parfaitement Samuel Girard, le jeune arrière du Colorado. Répertorié à 1,78 m (5 pi 10 po) sur le site de l’Avalanche, permettez-nous de douter de la fiabilité du galon utilisé pour prendre les mesures.

Girard, défenseur à caractère offensif, s’établit cette saison comme un pilier à la ligne bleue de l’Avalanche à 20 ans seulement.

Il est l’un des 23 défenseurs de moins de 1,83 m (6 pi) à être utilisé régulièrement en 2018-2019. Il s’agit d’une augmentation de 50 % par rapport à l’ère qui a précédé le conflit de travail de 2004-2005, alors que 15 arrières de petite taille avaient un poste stable dans la ligue.

Bon nombre d’entre eux occupaient d’ailleurs un poste névralgique dans l’organigramme de leur équipe, comme Dan Boyle, Brian Rafalski ou Kimmo Timonen.

À Montréal, Girard est d’ailleurs souvent comparé à Victor Mete. D’un point de vue statistique, probablement injustement.

Le patineur de Roberval n’a pas encore explosé à l'attaque dans le circuit Bettman avec 13 points en 44 matchs, mais il est le 4e défenseur pour le temps d’utilisation dans l’équipe à 19 min 52 s par rencontre en moyenne.

Inversement, Mete est bon dernier parmi les 10 arrières utilisés par Claude Julien cette saison avec 16:23 de temps de glace.

Girard a amassé 149 points en 126 matchs à ses deux dernières campagnes avec les Cataractes de Shawinigan, tandis que Mete s’est contenté de 82 points en 118 rencontres avec les Knights de London, l’une des meilleures formations juniors au pays.

Il marque un but contre les Sénateurs d'Ottawa.Samuel Girard a marqué le premier but de l'Avalanche en deuxième période Photo : The Associated Press / David Zalubowski

Le premier est un choix de deuxième tour, perçu plus élevé par bien des équipes avant le repêchage, l'autre est une sélection de quatrième tour, 100e au total.

En zone défensive par contre, les deux défenseurs parlent la même langue.

« Ce n’est pas vraiment un défi de jouer contre des plus gros joueurs que moi. C’est vraiment naturel. Il faut que j’embarque sur la glace et que j’utilise mes qualités, ma vitesse, ça va m’aider. Si je vois un gars de 6 pi 3 po (1,91 m) et 240 lb (109 kg) en arrière de moi, je vais savoir quoi faire. Il faut que j’utilise ma vitesse pour le contourner et ne pas me faire frapper parce qu’il y a de bonnes chances que je ressorte de là avec une épaule cassée », a dit Girard.

Un peu comme Mete qui a droit au flanc gauche de Shea Weber, Girard a aussi un colosse à ses côtés en Erik Johnson. Rien ne lui sert toutefois de tenter de modeler son jeu sur la façon de faire de son partenaire.

« Si je vois un gros dans le coin, je n’essaierai pas de le ramasser, je vais revoler de l’autre bord. J’essaie de le pousser dans la bande, bâton contre bâton, de lui prendre la rondelle », a ajouté le Québécois.

Pour l’instant, la stratégie réussit mieux à l’un qu’à l’autre.

Les Girard débarquent à Montréal

L’histoire a fait le tour du monde du sport au Québec. Si Samuel Girard vit son rêve dans l’uniforme de l’Avalanche aujourd’hui, il le doit en bonne partie à son frère.

Jouer au hockey coûte cher et la famille Girard, avec quatre enfants, était prise à la gorge par les besoins des frères Jérémy et Samuel pour poursuivre leur développement.

Jérémy a laissé sa place à Samuel.

On est une famille qui se soutient, et on s’aime.

Samuel Girard

« Mon frère, c’était un bon joueur de hockey aussi quand il était jeune. Il a laissé sa place pour moi, pour que ça coûte moins cher à mes parents. Il savait que j’étais un peu plus talentueux que lui, mais veut, veut pas, c’était son sport. C’est ça qu’il voulait faire aussi, c’était son rêve de jouer dans la Ligue nationale. Il a travaillé fort. Il s’est sacrifié pour moi, et je vais m’en rappeler. Ça, c’est sûr.

« Je me rappelle au repêchage, il m’a pris dans ses bras et m’a dit : "Je suis content de vivre ça avec toi. J’aurais aimé ça être toi et être repêché, mais j’ai la chance aujourd’hui de vivre ça avec toi." »

RDS a d’ailleurs raconté l’histoire de la famille dans un documentaire paru pendant le match du Canadien au Colorado le 19 décembre.

Cette famille tissée serrée sera nombreuse à Montréal pour le deuxième match à vie de Samuel au Centre Bell.

« Le fan-club des Cataractes vient. Ils vont être 60. Du Lac-Saint-Jean, ils seront 250. C’est toujours une belle expérience de jouer devant famille et amis au Centre Bell. J’ai grandi en regardant le Canadien, maintenant je suis sur la glace et je joue contre eux », a-t-il conclu.

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