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L'Impact choisit Amar Sejdic avec un optimisme prudent

Amar Sejdic (à gauche), de l'Université du Maryland, et Cario Ritaccio, d'Akron), se jettent au sol pour mettre le pied sur le ballon.
Amar Sejdic (à gauche) a remporté le championnat national universitaire en 2018. Photo: Associated Press / Daniel Dreifuss
Olivier Tremblay

L'entraîneur-chef de l'Impact de Montréal Rémi Garde n'est pas de ceux qui doutent de la pertinence du repêchage universitaire de la MLS. En Amar Sejdic, l'unique choix du Bleu-blanc-noir au cours des deux premiers tours, le pilote français espère avoir trouvé un jeune qui apportera une pierre à l'édifice dès cette saison.

Un des critères de sélection, a souligné Garde en conférence téléphonique après le repêchage organisé vendredi, à Chicago, était la nationalité américaine ou canadienne du joueur. Ce préjugé favorable, qui évite le recours à une précieuse place de joueur étranger, suggère que l’Impact voulait intégrer un produit d'une université à son effectif en 2019.

Cette décision, qui peut s’expliquer autant par un coup de cœur envers le joueur que par la nécessité de s’offrir au plus vite des options supplémentaires, fait en sorte que Sejdic, milieu de terrain de 22 ans de l'Université du Maryland, a entendu son nom au 34e rang – l’unique choix de l’Impact dans les deux premiers tours. Ce n'est pas gagné, mais il aura sa chance.

« Amar est un joueur qui a une très bonne technique, a expliqué Garde en conférence téléphonique. Il analyse et juge les situations très vite sur le terrain. Il prend beaucoup d’informations. Il n’est pas extrêmement rapide en qualités athlétiques, mais son analyse du jeu lui permet de donner de bonnes passes vers l’avant. »

Les statistiques du jeune homme le présentent à la fois comme buteur et passeur. En quatre années universitaires, Sejdic a joué 82 matchs, a inscrit 23 buts et a fourni 16 passes décisives.

Surtout, il a marqué l’unique but de la finale nationale contre Akron, le 9 décembre dernier. Un tir de pénalité pris avec sang-froid, malgré l’enjeu et une occasion ratée dans le premier quart d’heure.

Né en Allemagne dans une famille bosniaque, Sejdic a la double nationalité américaine et allemande. Lorsqu’il avait 15 ans, trois clubs néerlandais l’ont accueilli en essai. C’est finalement le Vitesse Arnhem qu’il a convaincu, assez pour rester un an en son centre de formation.

« Il a une culture footballistique intéressante, a reconnu Garde. Il fait partie de ces joueurs de l’ex-Yougoslavie, comme on dit en Europe, qui sont souvent dotés d’une très belle technique. C’est ce qui nous a séduits chez lui. »

Garde admet toutefois qu’il ne « connaissait pas spécialement » Sejdic avant la semaine de matchs et d’entraînements à Orlando (le « Combine » de la MLS) qui a précédé le repêchage. Comme en 2018, le personnel technique du club s’est fié à ses observations en Floride et à un entretien « très positif » avec le joueur avant de faire son choix.

La recette, après tout, a fonctionné l’an dernier pour Ken Krolicki, choix de troisième tour qui a fini par jouer 1588 minutes en 24 matchs de MLS avec le Bleu-blanc-noir.

« J’espère pour Amar et pour l’Impact de Montréal qu’on aura la même bonne surprise », a indiqué Garde.

De la pertinence du repêchage

À deux jours de l’encan des joueurs universitaires, l’Union de Philadelphie a mis cartes sur table. L’organisation a échangé tous ses choix de repêchage au nouveau venu, le FC Cincinnati.

Il n’en fallait pas plus pour attiser le feu du débat qui revient tous les mois de janvier depuis quelques années : le repêchage est-il si important que ça en MLS, compte tenu de la montée en puissance des académies?

Tout Européen qu’il est, Rémi Garde aime cette particularité du sport nord-américain. Il serait même « déçu » si l’exercice devait disparaître. Une réforme, peut-être, mais le bouton Supprimer? Surtout pas.

Ici, l’université donne l’occasion à beaucoup de jeunes de progresser dans le soccer. Pourquoi se priver de ce vivier de joueurs qui arrive par cette voie aux portes de la MLS?

Rémi Garde

« Sur le fond, je trouve qu’il est important que la MLS conserve ces joueurs qui proviennent des universités et qui – et c’est ce que j’ai découvert cette année avec des garçons comme Daniel Lovitz, Chris Duvall ou Evan Bush – ont un niveau intellectuel intéressant, une culture générale intéressante, a poursuivi Garde. Il est très positif de travailler avec eux. »

Le calendrier, un peu « désagréable »

Peut-on vraiment faire autrement? C’est la question que Garde s’est posée en jetant un coup d’œil au calendrier 2019. Des neuf premiers matchs de l’Impact, huit seront joués sur les pelouses adverses, temps froid à Montréal oblige.

Si cette embûche a dégoûté de nombreux supporteurs, elle n’a pas monopolisé l’attention de l’entraîneur montréalais. Ce qui dérange plutôt Rémi Garde, c’est le repos dont profitera l’adversaire avant le premier match de son équipe à domicile, le samedi 13 avril.

Le Crew de Columbus sera chez lui pendant que l’Impact affrontera le D.C. United à Washington, le mardi précédent, trois jours après une autre rencontre sur la route, à New York.

« Ce sont des inégalités de calendrier qui me semblent désagréables, a déploré Garde. Ce sont des choses pas très positives, mais je vais faire amende honorable et penser que, justement, on va trouver la force, tous ensemble, avec ce groupe qui a fait une très bonne deuxième partie de saison, pour mieux démarrer que l’année dernière. On part de moins loin et j’espère qu’on saura le montrer en début de saison. »

Et les longues séquences de matchs à l’extérieur en début de saison n’ont pas que leurs inconvénients. L’exemple le plus récent? Le D.C. United de 2018 a disputé sa première rencontre à Washington en juillet. Il s’est pourtant qualifié en séries avec encore un match à jouer à sa saison.

En rafale

  • L’attaquant québécois, qui a essuyé des mots durs de son entraîneur au bilan de la saison, n’a pas trouvé preneur, selon les dires de Garde. Mais Jackson-Hamel demeure sous contrat jusqu’à nouvel ordre et l’entraîneur a répété qu’il n’avait rien contre lui personnellement. Les ponts brisés peuvent se reconstruire, comme l’a évoqué Rémi Garde en soulignant l’exemple d’un conflit avec un gardien exclu de l’équipe à Lyon, « parce qu’il ne méritait plus de jouer ». Ce joueur, Rémy Vercoutre, est son nouvel entraîneur des gardiens à Montréal.
  • En apportant des précisions sur le transfert d'Alejandro Silva (les discussions auraient été « avancées » au moment du renouvellement du contrat d’Evan Bush, à la fin novembre), Garde a tout bonnement fait allusion à une prolongation de contrat du défenseur américain Daniel Lovitz, ce qui n’avait pas été abordé en public. Le club devait confirmer une nouvelle entente sous peu.

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