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La pure passion de Mikaël Kingsbury

Il s'exécute dans les bosses.
Mikaël Kingsbury Photo: FIS / Mateusz Kielpinski

À la veille de la Coupe du monde de bosses de Calgary, Mikaël Kingsbury trépigne d'impatience. Il a hâte de sortir du portillon et de se lancer sur la piste.

Un texte de Michel Chabot

Rentré au bercail pour passer les Fêtes avec les siens, le Québécois de 26 ans a su éviter les excès.

« Je voulais bien me reposer, surtout que j’ai eu une gastro en Chine, rappelle-t-il. J’ai perdu un peu de poids. Et Noël, c’est le temps parfait pour en reprendre, alors ç’a été bon, mais je voulais quand même aller au gym à chaque deux jours. J’en ai aussi profité pour passer du temps avec mes amis et ma famille. Mais là, j’ai hâte que ça recommence. »

Après huit ans de carrière, 52 victoires en Coupe du monde, 7 grands globes de cristal, une médaille d’or olympique et deux titres de champion du monde, la passion de cet athlète hors norme brûle avec la même ardeur qu'à ses débuts.

Et alors que nombre d’athlètes lèvent le pied lors d’une année post-olympique, Kingsbury, lui, ne ralentit pas.

« On a les Championnats du monde dans un mois. Pour moi, c’est une compétition super importante. Et chaque Coupe du monde, je m’y prépare comme si c’était les Jeux olympiques. »

Certains se demandent comment il parvient à garder la flamme aussi vive, même s’il domine sa discipline outrageusement. C'est que contrairement à ce que plusieurs croient, il n’est pas seul sur la montagne.

Le calibre est toujours fort, même qu’il y a plusieurs jeunes qui poussent beaucoup. Je ne suis pas tout seul. Il faut vraiment que je skie bien si je veux gagner. Si tu regardes les résultats, c’est peut-être l’impression que tu peux avoir, mais non, il faut que je me batte à chaque course. Si je fais de petites erreurs, je ne vais pas terminer sur le podium. Je ne peux pas m’écraser et me dire que ce sera facile parce qu’il y a bien des gars qui veulent prendre ma place.

Mikaël Kingsbury

N’empêche, il a remporté les honneurs des trois premières épreuves de la saison, dont les bosses en parallèle à Taïwoo, malgré un estomac fragile.

« Je suis fier de mon début de saison parce que ça skiait fort en Finlande et en Chine et j’ai été capable d’aller chercher les trois victoires en partant, comme l’année dernière. Ça me crée du momentum. »

Un perfectionniste

Kingsbury est un skieur discipliné même s’il admet avoir occasionnellement fait la fête à un plus jeune âge. C’est aussi un athlète en constante quête de perfection. Malgré un palmarès généreusement garni, il évoque des améliorations à apporter à son ski et à sa force physique.

« Je vieillis et je veux éviter le plus possible les blessures, dit le roi des bosses. Je me suis entraîné aussi fort, sinon plus, durant la saison morte. Et mes résultats confirment à quel point j’ai été professionnel à l’entraînement. »

Il affirme avoir de nouveaux sauts à présenter, mais il ne le fera qu’en temps opportun.

« Dans notre sport, 60 % de la note est donnée pour les virages, expose-t-il. Tu veux vraiment faire du bon ski clean et être assez rapide. En Finlande, je voulais voir comment les juges allaient réagir et j’ai gagné la qualif, la finale et la super-finale par deux points, donc ce n’était pas le moment d’essayer de nouveaux sauts.

« En Chine, j’ai été malade, donc j’ai gardé ça un peu plus safe, ajoute Kingsbury. Et en plus, on avait des duels, ce n’est jamais là que tu vas pousser le degré de difficulté dans tes sauts. Mais là, à Calgary, j’ai un plan. Je vais voir comment les sauts vont être, mais ça risque d’être le double full 1080 que je vais faire. »

Lake Placid et le Mont-Tremblant sont des pentes plus faciles, propices à de nouvelles tentatives. Mais encore là, celui qui compte 300 points à sa fiche, 110 de plus que le Français Benjamin Cavet, jaugera préalablement la piste et le comportement de ses rivaux.

La journée que quelqu’un aura l’avantage sur moi, c’est sûr que ce sera un bon moment d’essayer du nouveau. J’ai quand même hâte à ce moment-là.

Mikaël Kingsbury

Jamais rassasié

La soif de gagner est toujours aussi grande qu’à sa première victoire en 2010, répète le bosseur de Deux-Montagnes.

Il prend encore autant de plaisir à se préparer, à discuter stratégie avec ses entraîneurs, et il trouve beaucoup de satisfaction dans sa manière de gérer la pression.

La retraite demeure un concept lointain pour celui qui se voit skier même après 30 ans. Il ne veut toutefois pas prendre une décision avant 2022.

« J’y réfléchis un peu. Pékin c’est le prochain objectif à long terme. Plusieurs athlètes ont réussi à rester dominants dans la trentaine, mais c’est loin encore. Tant que je suis en santé et que je suis capable de me battre avec les meilleurs, ça me donne envie de continuer. »

Mikaël Kingsbury apprécie son métier et son mode de vie sain. Voyager, s’entraîner et être avec ses meilleurs amis en piste le rendent heureux et il reconnaît pouvoir bien gagner sa vie en faisant du sport.

Pas étonnant qu’il ne se voit pas faire autre chose. Et même, une fois ses skis raccrochés, il pense rester associé au ski acrobatique.

« L’amour de ma vie, c’est le sport que je fais, c’est sûr que je veux rester proche, répond-il sans hésiter. Entraîner, je ne le sais pas. J’adorerais ça, je pense que je ferais quand même un bon entraîneur à un certain niveau. Je ne sais pas exactement ce que je vais faire après ma carrière. Plusieurs choses m’intéressent, je veux juste être heureux dans ce que je vais faire. On va voir, j’ai encore du temps. »

Ski acrobatique

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