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Place aux marathoniens du pape

Des athlètes de la première association sportive du Vatican courent devant la basilique Saint-Pierre.
Le Vatican a officiellement présenté la première association sportive de son histoire. Photo: Associated Press / Andrew Medichini

Le Vatican a écrit une page d'histoire en présentant officiellement sa première association sportive jeudi : Athletica Vaticana. Soixante-dix personnes qui travaillent au Vatican en sont membres. Au programme : marathon, ultra-marathon, course de haies, sprint, demi-fond.

Un texte de Robert Frosi

Une entente bilatérale avec le Comité olympique italien (CONI) vient de donner une légitimité sportive nationale et internationale à cette première association.

Robert Frosi s'est entretenu avec le ministre des Sports du Vatican et président d'Athletica Vaticana, monseigneur Melchor Sanchez de Tosca.

Q. : Monseigneur, parlez-moi d’Athletica Vaticana.

R. : Athletica Vaticana c’est un petit miracle. La première association sportive créée au Vatican. C’est une association amateur composée de divers employés du Vatican. Typographe, garde suisse, bibliothécaire, pharmacienne, archivistes et la curie romaine pratiquent diverses disciplines de l’athlétisme.

Nous avons tous les âges et parmi nos deux doyens de 61 ans, l’un est typographe dans les imprimeries vaticanes et l’autre est responsable de la bibliothèque. Les deux participent régulièrement à des demi-marathons.

Q. : Vous venez de signer une entente avec le Comité olympique italien, est-ce que cela veut dire que vos coureurs ont des velléités olympiques?

R. : (rires) Non, non! En fait, notre entente avec le CONI nous permet d’être reconnus comme n’importe quel club italien d’athlétisme et de participer en tant que tel à toutes les compétitions nationales ou internationales.

Si vous demandez si on envisage une participation olympique, pour le moment nous n’y pensons pas, c’est encore dans le tiroir. Mais nous pensons participer à de petites compétitions internationales comme les Jeux méditerranéens.

Le président du Comité olympique italien peut dormir sur ses deux oreilles. Nous ne volerons pas de médailles aux athlètes italiens!

Q. : Mais le Vatican pourrait espérer une représentation olympique tout de même?

R. : C’est déjà le cas. En tant que ministre des Sports, j’ai été invité aux Jeux olympiques de Rio et de Pyeongchang, mais comme observateurs. De la même manière que nous sommes observateurs à l’ONU. Nous n’avons aucun pouvoir décisionnel.

Q. : Mais vous ne rêvez pas un jour d’une médaille olympique pour le Saint-Siège?

R. : Rêver ne coûte pas cher, c’est toujours joli de rêver, mais je ne crois pas. Le rôle du Vatican est un rôle spirituel, culturel, notre rôle n’est pas sur le même plan que les autres pays.

Comme dans notre rôle d’observateur aux Nations unies, nous partageons la vie des peuples des nations, des peuples de la Terre, mais nous n’intervenons pas dans les décisions, car nous devons maintenir une certaine neutralité.

Dans le monde sportif, nous voulons défendre les valeurs morales, humaines et spirituelles au travers de nos activités et non pas être en quête de médailles. Nous voulons profiter de ces rencontres sportives pour contribuer au développement du dialogue interculturel, interreligieux. C’est ce qui nous importe le plus.

Q. : Mais si on vous surnomme les marathoniens du pape, cela vous convient?

R. : (Rires) Nous sommes heureux d’être connus et reconnus comme les marathoniens du pape, mais c’est une énorme responsabilité pour chacun des membres, car porter sur nos maillots les emblèmes du Vatican et le nom Athletica Vaticana, c’est une grande responsabilité! Nous portons un message très simple de joie, de solidarité, cher au pape François depuis le début de son pontificat.

Q. : Ma dernière question va peut-être vous surprendre, mais finalement vos athlètes ne sont-ils pas un peu privilégiés, car ils ont une aide directe de Dieu, non?

R. : (Éclats de rires) Dans ce cas-là, la bénédiction et la grâce de Dieu ne servent pas à courir plus vite, mais à courir avec plus de joie et de sympathies envers les autres.

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