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Nick Suzuki surpris d’atterrir à Guelph

Nick Suzuki dans l'uniforme du Canada au Championnat mondial junior
Nick Suzuki dans l'uniforme du Canada au Championnat mondial junior Photo: La Presse canadienne / Chad Hipolito

Ce n'est pas l'échange en lui-même qui a pris de court l'espoir du Canadien Nick Suzuki, mais plutôt sa destination.

Un texte d’Alexandre Gascon

Comme des dizaines de joueurs du pays après le temps des fêtes, Suzuki a changé d’adresse dans les dernières heures. Il a quitté l’Attack d’Owen Sound pour le Storm de Guelph dans un échange de grande envergure.

À son retour du Championnat mondial junior, son directeur général, Dale DeGray, l’avait mis au parfum des tractations à son endroit.

« Mais il m’avait dit que Guelph n’était pas dans les plans », a expliqué Suzuki, joint au téléphone dans un Tim Hortons quelque part entre les deux villes ontariennes.

« J’ai été surpris de la destination. Je savais que quelques équipes s’intéressaient à moi. J’imagine que quelque chose a dû relancer la discussion et ils ont pu conclure un échange », a-t-il enchaîné.

L’échange

Suzuki et l'attaquant Zachary Roberts, de même que le défenseur Sean Durzi, sont passés de l'Attack au Storm, contre les attaquants Zachary Poirier et Barret Kirwin, du défenseur Mark Woolley et de quatre choix au repêchage, dont un conditionnel.

Sur papier, l’échange est effectivement un peu surprenant. Le Storm n’a que deux points d'avance au classement sur l’Attack, un rival de division qui plus est.

Le hockey junior nous habitue davantage à voir des équipes qui croupissent dans les bas-fonds du classement se départir de leurs meilleurs éléments au profit des formations de tête.

Dans ce cas-ci, le Storm et l’Attack occupent les 7e et 9e rangs du classement général, respectivement.

« La situation est différente à Owen Sound. On jouait bien, mais on n’avait simplement pas les choix de repêchage pour pouvoir aller chercher de bons joueurs. Ils veulent reconstruire en vue de l’année prochaine. La plupart des joueurs échangés ne seront pas de retour l’année prochaine. Ils ont essayé de tirer le meilleur parti de la situation », a fait valoir l’espoir du Tricolore.

Encouragé par sa progression

Suzuki compte 45 points en 30 matchs dans la Ligue de l’Ontario (OHL) cette saison. Sa moyenne de points par match de 1,5 est légèrement inférieure à sa production de l’année dernière (1,56) et légèrement supérieure à celle d’il y a deux ans (1,48).

Le jeune homme de 19 ans n’évalue toutefois pas son évolution uniquement à l’aune de ses statistiques. Il se concentre plutôt à appliquer à la lettre les recommandations que le CH lui a faites avant de quitter le camp d’entraînement en septembre.

« Ils voulaient que je joue à plus haute vitesse que quiconque dans le junior et je pense y être parvenu », a estimé Suzuki.

Ma progression vient du fait que je joue beaucoup plus au centre aussi. Je me réhabitue à cette position. Je suis beaucoup plus fort dans la zone défensive.

Nick Suzuki

« Mais surtout, je défie les défenseurs avec ma vitesse et c’est ce que Montréal voulait que je fasse. »

Rapidité d’exécution, des prises de décisions, utiliser sa vitesse et descendre profondément dans son territoire pour donner un coup de main aux défenseurs afin de relancer l’attaque rapidement : voilà la recette du Canadien cette saison et qui a fait ses preuves jusqu’à présent.

Le CH tient à l'œil la pièce maîtresse de l’échange qui a envoyé Max Pacioretty dans le désert du Nevada.

Et selon son ancien entraîneur à Owen Sound, Todd Gill, il n'a pas à s'inquiéter.

« Sa progression a été A+. Il a été notre meilleur joueur, notre capitaine, notre meneur. À son dernier match avant l'échange, c’était peut-être le meilleur match que je l’ai vu jouer. Il était tellement dominant. C’est agréable de le diriger, de le voir aller. C’est le genre de joueurs pour qui tu dépenses de l’argent pour le voir jouer », a dit Gill.

Le directeur du développement des joueurs du CH, Rob Ramage, s’est aussi déplacé quelques fois à Owen Sound cette saison pour voir jouer son protégé.

« Tu ne sais jamais quand il va se pointer, alors tu es mieux de toujours bien jouer », a sagement résumé le joueur originaire de London.

« Il m’a d’ailleurs appelé il y a deux jours pour parler du mondial junior. Il n’était pas présent physiquement, mais il a regardé les matchs et a reçu de l’information des dépisteurs qui étaient sur place. Ils étaient contents de ma performance. »

Ramage, peut-être. Suzuki, un peu moins.

Toujours difficile à digérer

Visiblement, entre deux bouchées de sandwich, Suzuki a trouvé qu’il ne servait pas à grand-chose de pleurer sur le lait renversé au Championnat du monde.

La douleur de la 6e place, et tout le mélodrame qui l’a suivie, était encore vive.

Nick SuzukiNick Suzuki Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

« Évidemment, ce n’est pas ce qu’on avait imaginé. Ça a été une expérience difficile pour tous. »

« On a joué de malchance dans le dernier match », a soupiré le choix de premier tour en 2017.

« On méritait de gagner », a repris Suzuki, se faisant l’écho du sentiment général exprimé par l’équipe et ses entraîneurs après la défaite en quarts de finale contre la Finlande.

Suzuki aura l’occasion de renouer avec l’un de ses coéquipiers d’Équipe Canada junior à Guelph : MacKenzie Entwistle.

À l’origine choisi comme 12e ou 13e attaquant, le fougueux ailier a grimpé les échelons de la formation au fil du tournoi.

« Il a été un excellent coéquipier. Je le connaissais un peu avant, mais il a eu un très bon tournoi. Il menait par l’exemple à chaque présence et dans la chambre aussi. C’est un bon gars à côtoyer », a-t-il conclu.

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