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chronique

Qui sont les gardiens d'impact dans la LNH?

Andrei Vasilevskiy
Andrei Vasilevskiy Photo: Associated Press / Chris O'Meara
Martin Leclerc

L'étape de la mi-saison étant franchie, le temps est venu de publier notre classement annuel des « gardiens d'impact » de la LNH et d'identifier les gardiens qui exercent le plus d'influence sur les destinées de leur équipe. Les gardiens sont particulièrement sollicités cette saison puisque la ligue connaît un soubresaut offensif. Il ne s'est pas marqué autant de buts (3,07 par équipe, par match) au cours des 14 dernières années.

Ce palmarès repose sur l’idée que les gardiens de la LNH sont un peu comme des pilotes de F1. Puisque seuls les deux porte-couleurs d’une même écurie pilotent exactement la même monoplace, ce sont toujours les chronos enregistrés au sein de la même écurie qui servent de référence pour mesurer le rendement des pilotes. À titre d’exemple, comparer les performances de Kimi Raikkonen (Ferrari) avec celles de Lance Stroll (Williams) la saison dernière n’aurait eu aucun sens.

Au hockey, un peu de la même manière, aucun gardien ne joue derrière la même défense, ni derrière la même attaque. N’importe quel amateur peut concevoir, par exemple, que la fiche ou le taux d’efficacité d’Andrei Vasilevskyi ne seraient pas les mêmes s’il défendait les couleurs des Sénateurs d’Ottawa plutôt que celles du Lightning de Tampa Bay.

Notre classement des « gardiens d’impact » compare donc le rendement de chaque gardien numéro un avec celui de son adjoint quand ce dernier est appelé à défendre le filet. En d’autres mots, sans tenir compte de la position d’une équipe au classement, on tente ici d’identifier quels portiers procurent le plus de chances de victoire à leur équipe.

Pour établir quels gardiens ont le plus de poids sur les résultats de leur équipe, j’utilise deux méthodes :

  • a) Comparer le pourcentage de points de classement que protègent les gardiens lorsqu’ils sont utilisés

En 82 matchs de saison, il y a 164 points de classement à protéger.

Donc, si les Blackhawks de Chicago ont récolté 14 points sur une possibilité de 44 quand Corey Crawford défendait leur filet (statistique réelle), on dira que Crawford a protégé 31,8 % des points de son équipe. C’est nettement inférieur au rendement de son partenaire Cam Ward, qui a récolté 16 points sur une possibilité de 34 (47,1 %).

  • b) Comparer les taux d’efficacité des deux gardiens d’une même formation

Ainsi, si Sergei Bobrovski affiche un taux d’efficacité de ,910 devant le filet des Blue Jackets de Columbus (statistique réelle) et que son adjoint Joonas Korpisalo présente une moyenne de ,884, on dira que Bobrovski procure à son club un avantage « Efficacité +26 » par rapport à son partenaire.

Les explications étant données, voici donc le classement de la saison 2018-2019:

1. Marc-André Fleury (Golden Knights de Vegas): Avec 37 départs derrière la cravate, Marc-André Fleury (23-10-4) est le gardien le plus utilisé de la LNH. Constant comme une horloge, il a défendu avec succès 67,6 % des points qu’on lui a confiés.

Le rendement de son adjoint Malcolm Subban explique peut-être pourquoi le gardien de Sorel joue autant. Subban n’a remporté qu’une victoire en six décisions (16,7 % des points défendus). Aucun écart plus grand (50,9 %) n’existe entre deux gardiens d’une même équipe dans la LNH.

La moyenne d’efficacité de Fleury (,912) est de 17 points supérieure à celle de Subban.

2. Craig Anderson (Sénateurs d’Ottawa): Vous croyez que ça va mal chez les Sens? Imaginez un peu à quoi ressemblerait le reste de leur saison sans leur gardien de 37 ans!

Aucune équipe n’accorde plus de tirs que les Sénateurs. Malgré ce fait, Anderson (14-13-3) est parvenu à rapatrier 51,7 % des points qu’il a défendus en première moitié de calendrier. Les trois autres hommes masqués utilisés par Guy Boucher (Mike Condon, Marcus Hogberg et Mike McKenna) présentent une fiche globale de 1-8-2 et n’ont donc récolté que 18,2 % des points disponibles.

Cet écart de rendement de 33,5 % est le deuxième plus important à travers la ligue. Anderson étant aux prises avec une commotion cérébrale, Pierre Dorion a fait l’acquisition du vétéran Anders Nilsson (des Canucks) mercredi dernier. Et le prochain paragraphe nous laisse croire qu’il est loin d’être certain que la brèche soit colmatée...

3. Jakob Markstrom (Canucks de Vancouver): Neuvièmes dans l’Ouest, les Canucks de Vancouver feraient partie des équipes qualifiées pour les séries si leur second gardien, Anders Nilsson(!) (3-8-1) s’était montré plus compétitif.

Excellent derrière cette jeune équipe, Jacob Markstrom (17-11-3) a rapporté 59,7 % des points qu’il a défendus alors que Nilsson n’a pu en engranger que 29,2 %. Ça démontre qu’un gardien auxiliaire, même en étant peu utilisé, peut faire dérailler une saison.

La moyenne d’efficacité de Markstrom (,910) n’est supérieure que de 15 points à celle de Nilsson (,895). Mais leur différence de taux de succès (30,5 %) est la troisième dans la LNH.

Les auxiliaires dominants

Laurent Brossoit stoppe un tir de Louie Belpedio.Laurent Brossoit stoppe un tir de Louie Belpedio. Photo : La Presse canadienne / Trevor Hagan

1. Laurent Brossoit (Jets de Winnipeg): Situation extrêmement intéressante chez les Jets, qui ont réussi un excellent coup en embauchant Laurent Brossoit sur le marché de l’autonomie l’été dernier (un an, $650 000).

Âgé de 25 ans, Brossoit avait grandi dans l’organisation des Oilers. Le voilà qui présente une fiche de 8-1-1 et qui a donc empoché 85 % des points qu’il a défendus. L’excellent gardien numéro un des Jets, Connor Hellebuyck (17-11-1) a pour sa part récolté 60,3 % des points lorsqu’on lui a confié le filet.

En plus, la moyenne d’efficacité de Brossoit (,939) est de 31 points supérieure à celle de Hellebuyck. C’est le plus grand écart à travers la ligue.

Linus UllmarkLinus Ullmark Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

2. Linus Ullmark (Sabres de Buffalo): Âgé de 33 ans, Carter Hutton (13-12-3) n’a jamais obtenu plus de 34 départs en une saison dans la LNH. Mais la direction des Sabres a tout de même décidé que cet excellent auxiliaire de carrière allait camper le rôle de gardien numéro un en 2018-2019.

Juste à côté de Hutton, le Suédois Linus Ullmark (9-1-3), 25 ans, présente pourtant des statistiques hallucinantes. Il a rapatrié 80,8 % des points de classement qu’on lui a confiés comparativement à 51,8 % dans le cas de Hutton. Les moyennes d’efficacité des deux gardiens (,922 pour Ullmark et ,915 pour Hutton) sont pourtant très semblables.

Il y a un écart de rendement de 29 % entre les deux gardiens. Pourquoi Ullmark ne joue-t-il que cinq fois par mois? Ça défie la logique.

3. Pheonix Copley (Capitals de Washington): Le parcours éliminatoire des Capitals de Washington a changé d’allure quand Barry Trotz s’est enfin décidé à confier le filet à Braden Holtby le printemps dernier. Son ancien adjoint Philip Grubauer est parti. Cette saison, c’est le jeune Pheonix Copley qui change la donne.

Quand Copley (9-2-1) joue, les Caps obtiennent 79,2 % des points disponibles. Et quand Holtby obtient le départ, ce sont 59,3 % des points qui sont mis en banque par les champions de la Coupe Stanley.

Les Capitals sont en 1re place dans la Division métropolitaine en vertu d’une récolte de 51 points. Mais si Copley avait simplement offert le même rendement que Holtby en première moitié, les Caps ne feraient présentement pas partie des équipes qualifiées en vue des séries.

La situation montréalaise

La moyenne d’efficacité de Carey Price est de 25 points supérieure à celle de son adjoint Antti Niemi (,906 versus ,881). Mais quand vient le temps d’empocher des points de classement, le Finlandais fait tout de même un boulot très respectable depuis le début du calendrier.

Niemi (6-4-1) a défendu avec succès 59,1% des points de classement lorsque Claude Julien a fait appel à ses services alors que Price (16-10-4) en a rapatrié 60 %. Les deux peuvent évidemment faire mieux. Mais le CH obtient au moins une récolte de points acceptable de la part de son auxiliaire.

Un duel étonnamment serré

Andrei Vasilevskiy et Louis Domingue (Lightning de Tampa Bay): Le Lightning a inscrit 171 buts en première moitié de saison. Seulement trois équipes ont fait mieux lors du dernier quart de siècle. Détenteur du 1er rang de la LNH, Tampa Bay détient une priorité de 12 points sur ses plus proches poursuivants à la mi-saison. Selon les statisticiens de TSN, aucune équipe n’a joui d’une telle avance depuis le Canadien de la saison 1959-1960.

Derrière cette formidable machine offensive, qui accorde tout de même 32,4 tirs par match (23e dans la LNH), le Russe Andrei Vasilevskiy et le Québécois Louis Domingue se livrent l’un des meilleurs duels de gardiens de la saison.

Vasilevskiy (16-3-2) a rapatrié 80.9% des points qu’il a été appelé à défendre. Et son adjoint Domingue (15-4-0), qui a pris la relève durant une blessure de Vasilevskiy, a répliqué avec une récolte de 78,9 %.

On peut arguer qu’il est plus facile de récolter des points derrière une bonne attaque. Mais dans notre classement de l’an dernier, Vasilevskiy récoltait 85,9 % des points qu’il défendait alors que son adjoint Peter Budaj ne parvenait à protéger que 50 % de ceux-ci.

Le Lightning est donc en bien meilleure position qu’à pareille date l’an dernier.

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