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chronique

La mi-saison du CH : les bulletins des plus méritants

Shea Weber

Shea Weber

Photo : USA Today

Martin Leclerc

Le Canadien vient d'atteindre le cap des 40 matchs et s'apprête à entamer la période du calendrier durant laquelle, selon le vieil adage, « on sépare les hommes des enfants ». Alors que débute la nouvelle année, le temps est donc venu de remettre les traditionnels bulletins de mi-saison aux élèves les plus méritants.

Ce qui a bien fonctionné

- Jusqu’à présent, le Canadien fait mentir la quasi-totalité des experts lui ayant prédit une exclusion des séries. L’équipe de Claude Julien a amassé 47 points de classement (rythme d’une saison de 96 points) et figure toujours parmi les huit meilleures formations de l'Association de l’Est.

- L’attaque produit en moyenne 3,15 buts par match et se situe, à la surprise générale, au 13e rang dans la LNH.

- Contrairement à la saison passée, le CH fait preuve de caractère et offre un rendement constant. Les contre-performances ont été peu nombreuses et, après 40 matchs, l’équipe a déjà remporté 6 victoires après avoir remonté la pente en troisième période.

Ce qui ne fonctionne pas

- La défense de l’équipe est perméable. Elle concède en moyenne près de 16 occasions de marquer de qualité à l’adversaire par match, et le CH apparaît au 23e rang de la LNH quant au nombre de buts accordés (128). En général, les équipes se situant dans le dernier tiers de la ligue en défense se qualifient rarement pour les séries. Même chose dans le cas des équipes affichant un bilan défensif négatif (moins de buts marqués que de buts accordés) ce qui est aussi le cas du CH (126 buts marqués/128 accordés).

- Les unités spéciales sont mauvaises. En avantage numérique, le CH vient au 29e rang avec une moyenne de réussite de seulement 13,4 %. C’est le pire résultat de l’organisation depuis qu’on a commencé à compiler cette statistique, il y a 42 ans. En désavantage, le CH a compilé le pire taux d'efficacité de son histoire l’an dernier (74,1 %). Or, les résultats de cette saison (76,6 %) ne sont guère plus probants et situent l’équipe au 27e rang dans la LNH.

- Le flanc gauche de la brigade défensive est une véritable boîte à surprise. Aucune autre formation de la LNH ne voit des défenseurs passer directement de la Ligue américaine au premier duo, ou encore passer du premier duo de défenseurs à la passerelle de presse. Juste au cours des 10 derniers matchs, les entraîneurs ont concocté 12 paires différentes avec les arrières dont ils disposaient. Sachant que la stabilité est le premier facteur de succès dans le monde du sport, c’est certainement problématique.

Ceux qui font la différence

Shea Weber : Quand le capitaine a rejoint la formation le 27 novembre, le Canadien présentait une fiche de 11-8-5 (,562). Depuis son retour, le CH a récolté 20 points sur une possibilité de 32 (fiche de 10-6, moyenne de ,625). Il y a bel et bien eu un effet Weber au sein de l’équipe.

En 16 matchs, Weber a cependant déjà été jumelé à cinq partenaires différents, ce qui en dit long sur le casse-tête auquel font face les entraîneurs.

Étonnamment agile à ses premiers matchs, l’arrière de 33 ans a paru davantage ressentir les effets du lourd calendrier de l’équipe dernièrement. Son patinage est moins explosif. En plus de s’imposer physiquement en zone défensive, Weber apporte une touche offensive supplémentaire au sein du groupe de défenseurs. Lors des 24 premiers matchs, les arrières du CH n’avaient inscrit que six buts. Mais à leurs 16 dernières rencontres, les défenseurs ont marqué sept filets, dont cinq ont été signés par le capitaine.

Jeff Petry : Puisqu’il a longuement été question de Petry dans l’une de mes récentes chroniques où je le qualifie de joueur le plus utile au CH durant l’année 2018, je m’étendrai moins sur son cas.

La phase défensive du jeu n’a jamais été la tasse de thé de l’Américain, mais Petry a assumé les lourdes responsabilités de défenseur numéro un avec une certaine constance durant les 24 premiers matchs de la saison. Et au passage, il a réussi à se maintenir parmi les 10 défenseurs les plus productifs de la LNH en attaque. Il dispute le meilleur hockey de sa carrière.

Paul Byron : La saison que connaît Byron est extrêmement intéressante. Malgré une absence de 14 matchs, le rapide attaquant flirte avec le rythme d’une saison de 20 buts. Encore plus impressionnant : ses 9 buts ont tous été inscrits à égalité numérique et trois d’entre eux étaient décisifs.

Les succès que connaît le CH lorsque Byron est en uniforme méritent aussi d’être soulignés à grands traits. Avec Paul Byron, l’équipe a maintenu une remarquable fiche de 16-8-2 (,654), alors qu’en son absence, ses coéquipiers n’ont pu faire mieux qu’un dossier de 5-6-3 (,464).

Depuis son retour au jeu le 1er décembre, Byron obtient 7,80 chances de marquer par tranche de 60 minutes de jeu, ce qui fait de lui l’un des attaquants les plus menaçants de l’équipe, tout juste derrière Brendan Gallagher.

Brendan Gallagher : Beaucoup d’observateurs ont cru que le combatif ailier s’était hissé parmi le groupe sélect des marqueurs de 30 buts par accident la saison dernière.

Or, Gallagher maintient à nouveau une cadence de 30 buts. Son secret? Il travaille à proximité du filet adverse et récolte beaucoup plus d'occasions de marquer que le reste de ses coéquipiers. Depuis le début de la saison, Gallagher obtient près de 8 chances de marquer par 60 minutes de jeu.

Cette statistique s’avère aussi un hommage au travail parfois effacé de Phillip Danault. Le centre québécois pivote le seul trio à ne pas avoir été modifié depuis le début du calendrier.

Sur le flanc gauche de cette unité, on retrouve aussi Tomas Tatar, qui maintient aussi une cadence avoisinant les 30 buts (il en a jusqu’à présent marqué 14) et qui obtient quelque 6,22 chances de marquer par tranche de 60 minutes. Chez le CH, aucune autre paire d’ailiers n’obtient autant d'occasions de marquer.

Max Domi : L’arrivée de Domi a complètement changé la donne chez le CH. Son excellent rendement au centre a permis de renvoyer Jonathan Drouin à sa position naturelle d’ailier, en plus de permettre à Claude Julien de se façonner au moins deux bons trios offensifs.

Après avoir inscrit neuf buts en trois semaines (en 10 matchs) à compter de la mi-octobre, Domi a retrouvé une cadence plus réaliste. Il a marqué 5 fois lors des 25 dernières rencontres et n’a pas réussi à secouer les cordages depuis 10 matchs. Son niveau d’intensité est toutefois resté le même et il continue d’obtenir beaucoup de chances de marquer (6,74 par tranche de 60 minutes lors des 5 derniers matchs).

Élève en progression

Jesperi Kotkaniemi : Au début du camp, on doutait de la possibilité de voir le centre de 18 ans entamer la saison à Montréal. Après 40 matchs, le voilà au sixième rang du classement des recrues de la LNH (4 buts, 14 passes) et le meilleur semble à venir dans son cas.

De façon générale, le temps d’utilisation de Kotkaniemi n’a pas changé depuis le début de la saison (environ 14 minutes par match), mais Claude Julien lui confie de plus en plus de responsabilités, notamment en avantage numérique. Les résultats ne sont pas encore visibles sur la feuille de pointage mais sa progression constante permet de croire que le Finlandais jouera un rôle plus important en seconde moitié de calendrier.

En début de saison, Kotkaniemi obtenait quelque 2,6 chances de marquer par 60 minutes alors qu’au cours des 10 derniers matchs, cette moyenne a grimpé à 5,70.

Depuis le début de décembre, Kotkaniemi est donc l’un des attaquants du CH qui génère le plus d’actions en territoire adverse. Il a toutefois atteint de nombreux poteaux. Si la tendance se maintient, il surpassera largement sa production offensive des 40 premiers matchs durant la seconde portion du calendrier.

Peuvent en donner plus

Jonathan Drouin : Malgré le fait qu’il soit l’attaquant de l’équipe le plus utilisé en avantage numérique, Drouin a obtenu près de la moitié moins de chances de marquer de qualité (huit) que Jesperi Kotkaniemi (13) au cours des 10 dernières rencontres. À moins qu’il joue en dépit d’une blessure, c’est inacceptable. Et cette situation affecte certainement le rendement de son joueur de centre, Max Domi.

Au cours des cinq dernières rencontres, Drouin a obtenu 1,41 chance de marquer de qualité par 60 minutes de jeu. C’est la moitié que ce que Kotkaniemi soutirait alors qu’il disputait ses premiers matchs à vie dans la LNH l’automne dernier.

Cette statistique ne doit toutefois pas faire oublier le fait que Drouin occupe le deuxième rang des marqueurs du CH en vertu d’une récolte de 32 points (12 buts, 20 passes). Après les 15 premiers matchs du calendrier, le patineur de Sainte-Adèle survolait la patinoire. Il récoltait plus de 6 chances de marquer par 60 minutes et transportait l’équipe avec Domi. On croyait même qu’il était parvenu à embouteiller la constance, cette qualité essentielle qui sépare les joueurs d’élite de la masse.

Carey Price : Le gardien numéro un de l’équipe a connu deux bons mois sur trois. Il a maintenu un taux d’efficacité de ,915 en octobre et de ,916 en décembre. En novembre, il n’a toutefois remporté que trois victoires sur une possibilité de 10 et n’a pu faire mieux qu’un taux d’efficacité de ,886.

En comparant ses statistiques actuelles avec celles des années passées, beaucoup d’observateurs croient que Price peut en donner plus. J’en suis. Il faut toutefois se rappeler que la défense du CH est beaucoup plus poreuse qu’avant et garder en tête que des moyennes d’efficacité de ,927 ou ,933 sont probablement irréalisables quand l’adversaire profite d’un aussi grand nombre de chances de marquer de qualité.

Artturi Lehkonen : Le Finlandais en est à sa troisième saison à Montréal. Il ne lésine jamais sur l’effort et fait preuve d’un sens des responsabilités irréprochable dans la phase défensive du jeu. Toutefois, on se demande encore si un jour il fera sa place au sein du noyau de l’équipe.

Malgré le fait qu’il soit une machine à collectionner les chances de marquer (5,5 par 60 minutes), Lehkonen n’a marqué que 2 buts lors des 25 premiers matchs de la saison. Il affichait l’un des pires taux de réussite de la LNH sur ses tirs au filet. Mais depuis 15 matchs, voilà qu'il se met à profiter de ses chances (cinq buts en décembre).

Si Kotkaniemi prend du galon et que Lehkonen se remet à marquer, Claude Julien pourra miser sur un troisième trio intéressant en deuxième moitié de calendrier.

Apprécié de tous ses compagnons de classe

Andrew Shaw : Durant le camp d’entraînement, l’ex-attaquant des Blackhawks se remettait de deux blessures (dont une commotion cérébrale) et il a connu un départ tranquille. Mais dès qu’on l’a jumelé à Jonathan Drouin et Max Domi au début de novembre, ce trio a fonctionné à plein régime et inscrit 21 buts en 21 matchs.

Depuis quelques semaines, Shaw est souvent jumelé à Jesperi Kotkaniemi et la recrue connaît ses meilleurs moments dans la LNH.

Andrew Shaw est en quelque sorte le couteau suisse (ou l’attaquant caméléon) de Claude Julien. Peu importe l’environnement dans lequel on le plonge, il est capable de contribuer à la cause de l'équipe.

Certains estiment qu’il est un joueur de troisième ou de quatrième trio surpayé. Mais à six chances de marquer par 60 minutes de jeu depuis le début de la saison, il demeure l’un des attaquants les plus pugnaces de son équipe. Et il vogue au rythme d’une production de 22 buts, ce qui serait un sommet dans sa carrière.

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