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Henri Richard, gagnant de 11 Coupes Stanley avec le Canadien, n’est plus

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Henri Richard boit dans la coupe Stanley après la victoire du Canadien contre les Red Wings en finale en 1966.

Henri Richard après la victoire du Canadien contre les Red Wings en finale de la Coupe Stanley en 1966

Photo : La Presse canadienne / AP Photo

Radio-Canada

Après de nombreuses années à vivre avec la maladie d'Alzheimer, l'ancien capitaine du Canadien de Montréal Henri Richard a rendu l'âme vendredi à l'âge de 84 ans. Il s'est éteint 20 ans après la mort de son illustre frère Maurice.

Henri Richard a été un grand joueur de hockey et un grand ambassadeur pour le club de hockey Canadien, a écrit sur Twitter le président de l’équipe, Geoff Molson. Son décès est une grande perte pour tous.

Henri Richard était un géant du hockey. La famille de la Ligue nationale de hockey est en deuil d’un gagnant incomparable, d’un leader, d’un gentleman et d’un ambassadeur de notre sport et du Canadien de Montréal.

Gary Bettman, commissaire de la LNH

Henri Richard était le dernier grand représentant de cette glorieuse période du Tricolore encore vivant.

Né à Montréal, le 29 février 1936, il était membre d'une famille de huit enfants, cinq garçons et trois filles.

Parmi les garçons, se trouve déjà le légendaire Maurice « Rocket » Richard, de 15 ans son aîné. Henri passera d'ailleurs une grande partie de son existence dans l'ombre de son grand frère.

Henri réalise son rêve de jouer pour le CH et de retrouver Maurice, en 1955. Il a alors 19 ans.

Sans avoir le tempérament incendiaire du « Rocket », il est néanmoins un joueur intense. Malgré sa petite taille, sa hargne et sa détermination défient toute forme d'intimidation.

À 1,70 m (5 pi 6 po) pour 73 kg (160 lb), Henri Richard parvient néanmoins à faire son chemin. Dès sa première saison, celui que l'on surnommait le « Pocket Rocket » remporte la Coupe Stanley au sein d'une formidable équipe qui allait répéter l'exploit cinq années d'affilée, de 1956 à 1960.

Travailleur infatigable, le rapide joueur de centre devient l'un des préférés des partisans et l'un des meilleurs joueurs offensifs de la ligue. À sa troisième saison dans la LNH, il finit au 2e rang des marqueurs avec 80 points en 67 matchs.

Se faire un prénom

Après la retraite de Maurice Richard en septembre 1960, Jean Béliveau devient le capitaine du CH. Henri Richard devra patienter cinq ans avant de tremper de nouveau ses lèvres dans la coupe.

Il ajoute six autres bagues de la Coupe Stanley, dont celle de 1966 où il marque le but vainqueur, en prolongation, contre les grands rivaux de Détroit.

Encore une fois en 1971, il élève son jeu dans un moment crucial. Non seulement inscrit-il le but égalisateur, mais aussi le filet vainqueur lors du septième match de la finale contre Chicago, et après avoir traité son entraîneur Al McNeil d'incompétent!

Il est monté sur les épaules d'un coéquipier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Henri Richard (avec le A) lors de la conquête de la Coupe Stanley, tenue par Jean Béliveau et Clarence Campbell, en 1971.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo

L'automne suivant, avec le départ de Jean Béliveau, il est nommé capitaine du Tricolore.

En 1973, il mène l'équipe à une autre conquête de la Coupe Stanley, sa 11e, ce qui en fait le joueur à avoir son nom le plus souvent gravé sur le célèbre trophée dans l'histoire du circuit.

Appuyant la coupe sur son épaule, il invite alors ses coéquipiers à le suivre pour faire la fête dans le vestiaire des visiteurs du vieux Stadium de Chicago.

Deux joueurs tiennent un trophée

Henri Richard (à droite) avec la coupe Stanley en 1973

Photo : Associated Press

Deux ans plus tard, à 39 ans, il met un terme à sa fructueuse carrière de 20 saisons. Pas mal pour un joueur que plusieurs considéraient comme trop petit pour jouer dans la Ligue nationale.

Il a disputé 1256 matchs dans l'uniforme du Canadien, un record d'équipe en saison. Il a marqué 328 buts et récolté 688 passes. À l'époque, il était devenu seulement le neuvième joueur de l'histoire de la LNH à atteindre le plateau des 1000 points.

Ses 11 Coupes Stanley constituent le record pour le nombre de titres récoltés au sein d'une équipe de sport professionnel en Amérique du Nord. Il partage ce record avec Bill Russell des Celtics de Boston de la NBA.

Henri n’était pas un gars qui aimait être à l’avant de la parade. Ce n’est pas un joueur qui a été reconnu à sa juste valeur. Il ne faisait pas de grands discours, il prêchait par l’exemple, un exemple impeccable.

Serge Savard, ancien coéquipier d'Henri Richard

Une fois qu’il mettait une paire de patins, il se donnait à 100 %, même pendant les pratiques. C’est arrivé durant une pratique, il m’avait réveillé un peu, et là, j’ai compris comment il avait gagné 11 Coupes Stanley, se souvient Yvon Lambert, autre ancien coéquipier.

Il était tellement déterminé qu’il n’avait pas besoin de parler. Il détestait perdre. Après une défaite, il ne parlait pas, mais on connaissait son caractère, raconte pour sa part Yvan Cournoyer.

Richard a pris part à 180 rencontres éliminatoires et a enregistré 49 buts et 80 mentions d'aide.

Le Bleu-blanc-rouge a retiré son chandail numéro 16 en décembre 1975. Une décision qui a surpris l’homme modeste et peu bavard.

Je ne croyais pas être de la trempe d'un Jean Béliveau ou d’un Maurice Richard, disait-il à l’époque.

Richard donne la main à Lach, devant Béliveau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Henri Richard, Elmer Lach et Jean Béliveau lors des célébrations du centenaire du Canadien en 2009

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Henri Richard a ensuite été admis au Temple de la renommée du hockey, des Sports du Canada et enfin du Québec comme l'avait été son frère Maurice.

Il m'a toujours devancé ce gars-là. Nous avons toujours réussi à vivre près l'un de l'autre, sans nous parler bien sûr!

Henri Richard en quelques chiffres :

  • 1er dans l’histoire du Canadien avec 1258 matchs disputés, 3e pour les aides (688) et les points (1046);
  • 129 points, dont 49 buts, en 180 matchs de séries;
  • Gagnant en 1974 du trophée Bill-Masterton, qui récompense la persévérance, l’esprit d’équipe et le dévouement à la cause du hockey;
  • 10 participations au match des étoiles.

Caractère bouillant

Chez les Richard, on avait le sang chaud et parfois la mèche courte. À l'instar de Maurice, Henri n'hésitait pas, malgré sa petite taille, à jeter les gants pour se défendre ou pour se porter à la rescousse d'un coéquipier face à des adversaires souvent plus costauds que lui.

Il lui est même arrivé de servir un claque au visage du jeune Serge Savard parce qu'il le trouvait trop bavard devant les journalistes. L'incident s'était produit durant la finale de 1971.

Henri détestait perdre. Certains se souviendront notamment d'une virulente sortie contre l'entraîneur-chef Al McNeil. Il dira plus tard que McNeil avait été le pire entraîneur qu'il avait connu au cours de sa carrière de 20 saisons dans la LNH.

Henri Richard a disputé son dernier match au printemps de 1975. Au terme d'une saison où il n'avait pris part qu'à 16 rencontres, le Canadien est éliminé en six rencontres en demi-finale par les Sabres de Buffalo.

Il a reçu peu d'honneurs individuels. On lui décerna le trophée Bill-Masterton (persévérance dans son sport) à la fin de la saison 1973-1974.

Il a participé au match des étoiles à 10 reprises, dont six années de suite de 1956 à 1961.

Henri Richard est toujours resté associé au CH après sa longue carrière de hockeyeur. Il a longtemps été l’un de ses ambassadeurs.

Il a fait l'une de ses dernières présences publiques à l'occasion du centenaire du Canadien, le 4 décembre 2009, au Centre Bell.

Il laisse dans le deuil sa femme, leurs 5 enfants, 10 petits-enfants et 4 arrière-petits-enfants.

Henri Richard

Henri Richard

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

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