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chronique

Lance Stroll a eu du temps pour apprendre et en a profité

Lance Stroll à Abou Dhabi

Lance Stroll à Abou Dhabi

Photo : Twitter

Philippe Crépeau

Le directeur technique de l'équipe Williams, Paddy Lowe, a donné son point de vue sur la progression du pilote québécois Lance Stroll durant ses deux premières saisons. Une analyse publiée dans le magazine Racer qui passera peut-être dans l'ombre du titre choisi : Lance Stroll est arrivé trop tôt en F1.

L’important dans l’entrevue qu’a donnée Lowe n’est pas le titre, accrocheur, mais le corps du texte.

Que Lance Stroll soit arrivé trop tôt ou non en F1 est une réflexion qui n’a plus aucun intérêt. Cela fait deux ans qu'il est en F1, et le Québécois a fait du chemin depuis.

Le titre de l'article de Racer sur Lance StrollAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le titre de l'article de Racer sur Lance Stroll

Photo : Racer

Si Stroll avait raté sa première saison au point de perdre son volant, là, oui, on aurait pu tirer cette conclusion, en tout cas en discuter.

Il se trouve qu’il a énormément progressé en deux ans en F1, car l’équipe Williams, bien soutenue financièrement par Lawrence Stroll, lui a donné le temps d’apprendre.

Peu de pilotes ont eu la possibilité de commencer leur carrière en F1 si jeune et d'avoir le temps d'apprendre. On peut citer les noms de Sebastian Vettel et de Max Verstappen.

« Il a modifié son approche après la saison 2017. Il a été plus fort en 2018, surtout en qualification, ce qui était son point faible », dit Paddy Lowe dans l'article.

C’est là la partie la plus pertinente de l’entretien.

L’ingénieur britannique qui n’a plus de compte à rendre à la famille Stroll donne un point de vue éclairé. Et la question qui se pose aujourd’hui est : le bagage acquis en fond de grille avec Williams va-t-il l’aider avec l'équipe Racing Point? La réponse est oui.

Ce qu’il a déjà acquis lui sert de fondation sur laquelle il peut bâtir quelque chose de solide. Il a mûri techniquement à bien communiquer ses sensations et à apprendre à échanger avec les ingénieurs.

Lance Stroll pendant un arrêt aux puits de l'équipe Williams

Lance Stroll pendant un arrêt aux puits de l'équipe Williams

Photo : Getty Images / Charles Coates

Il a mûri aussi psychologiquement, car il a été obligé de traverser deux saisons extrêmement difficiles, freiné dans ses ambitions par la non-performance de la voiture, surtout la FW41 de 2018.

Stroll a réussi à prendre le recul nécessaire pour ne pas se laisser ronger de l’intérieur par le doute. Il a réussi à ne pas surpiloter, c’est-à-dire à ne pas aller au-delà des limites de la voiture, qu'il atteignait pourtant rapidement.

Les carences de la FW41 lui ont rendu la tâche quasi impossible. Comment attaquer sans avoir pleinement confiance dans sa voiture?

Il l'a admis en cours de saison, sans pour autant se plaindre. Robert Kubica, promu titulaire en 2019, n'a pas hésité à dire que l'équipe aurait dû écouter ses pilotes lors des essais présaison à Barcelone.

Robert Kubica et le directeur de la performance de Williams, Rob Smedley

Robert Kubica et le directeur de la performance de Williams, Rob Smedley

Photo : Williams F1 / Twitter

Lance Stroll et Sergey Sirotkin ont tout de suite senti que quelque chose n'allait pas. Mais ni l'un ni l'autre n'avaient l'autorité pour imposer une direction à prendre. Et l'équipe a perdu du temps avant de réagir.

Les changements à l'usine ont pris l'essentiel de l'énergie de la direction, qui a fait le ménage dans son personnel technique, et les équipes de course ont dû faire leur possible avec du matériel qui n'évoluait pratiquement pas.

Voilà pourquoi le Québécois a dû passer la plupart des courses à regarder dans ses rétroviseurs pour ne pas gêner les pilotes plus rapides.

Comment garder le moral quand on finit à deux tours du vainqueur, ce qu’a vécu Lance Stroll au Mexique?

Ses deux jours d’essais à Abou Dhabi dans la voiture de l’équipe Racing Point ont montré qu’il pouvait tirer parti d’une voiture nettement plus performante.

Il a fait 122 tours, sans commettre d'erreur majeure, dans cette monoplace qu’il ne connaissait pas.

Lance Stroll dans le garage de l'équipe Racing Point Force India

Lance Stroll dans le garage de l'équipe Racing Point Force India

Photo : Twitter / RPFI

Qu’il ait terminé au 3e rang des chronos de ces deux jours d’essais a moins de signification, puisqu’on ne pouvait pas connaître pas les programmes de travail des équipes et les configurations des voitures.

Mais Lance Stroll peut sourire, il sait que la saison 2019 sera forcément meilleure.

Son travail en simulation a retenu l'attention du directeur général de l'équipe Otmar Szafnauer.

« Dans le simulateur, il a trouvé le rythme très rapidement, au niveau d’Esteban [Ocon], a dit M. Szafnauer dans une conversation sur le site officiel de la F1 [Esteban Ocon a été pilote titulaire pour Force India en 2017 et 2018. L'arrivée de Lawrence Stroll lui a fait perdre son volant au profit de Lance Stroll, NDLR].

Lance Stroll pourra-t-il atteindre le même niveau de performance que son coéquipier Sergio Pérez, qui est dans l’équipe depuis 2014? Peut-être pas au début. Mais il veut continuer à apprendre pour progresser, et c'est le plan de match de l'écurie Racing Point pour 2019.

« Nous voulons lui enseigner certaines choses à propos de la gestion des pneus, comment les monter à température et les faire durer », a précisé M. Szafnauer.

Si la voiture se montre aussi performante que celle de 2018, il fera rapidement un bond en qualification, un exercice qu’il maîtrise mieux maintenant.

C’est pour cela que les deux saisons qu’il vient de vivre chez Williams sont inestimables.

Une première au Canada

Que le lancement ait lieu au Canada est un message clair.

Les montants investis pour sauver l'équipe Force India en juillet sont d'abord des « dollars canadiens », avec les investissements de Lawrence Stroll et d'André Desmarais, président de Power Corporation (PCC), une entreprise de gestion dont Paul Desmarais (père d'André) a pris le contrôle en 1968.

Doit-on reprocher à Lawrence Stroll de ne pas faire le lancement au Québec, d'où il vient (il est né à Montréal) et où il a élu domicile?

Le Salon de l'auto de Montréal se déroule du 18 au 27 janvier, et c'était trop tôt pour tout organiser, prétend l'équipe.

C'est en avant-première du Salon de l'auto de Toronto, le 13 février, qu'on découvrira la nouvelle « identité » (comme l'équipe le précise), ce qui veut dire les nouvelles couleurs et peut-être un nouveau nom. Le nom Racing Point ne semble pas plaire.

Un lancement qui sera très couru, mais qui obligera les journalistes spécialisés à faire un saut de puce au Canada, car la nouvelle Ferrari sera présentée deux jours plus tard en Italie...

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