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Le badminton, nouvelle recrue des Jeux paralympiques

Le joueur de badminton Pascal Lapointe en tournoi

Photo : Courtoisie : Pascal Lapointe

Radio-Canada

Le badminton fera son entrée aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. Au Québec, les athlètes de badminton handisport se font rares pour l'instant. Il y a en toutefois cinq au Club international de Montréal, dont trois joueurs de petite taille, l'une des six catégories reconnues aux Jeux.

Un texte d’Antoine Deshaies

Les jumeaux Zachary et Tristan Lelièvre ont 15 ans. Ils souffrent d’achondroplasie, la cause de nanisme la plus fréquente. Cette maladie nuit à la croissance des os en longueur. La taille moyenne d’un homme adulte qui en est atteint est de 125 centimètres.

Quand les parents des jumeaux leur ont proposé de se joindre à un club de badminton élite, la réponse allait de soi.

« On a toujours aimé le badminton, confie Zachary Lelièvre. À l’école, chaque fois qu’on jouait au badminton dans nos cours d’éducation physique, on était toujours super heureux. »

Zachary et Tristan s'entraînent depuis huit mois à peine au club International de Montréal. Ils sont dirigés par Danièle Bouffard, qui a formé son lot de joueurs internationaux dans sa carrière.

Elle les traite comme tous les autres joueurs dans le gymnase.

« Je trouve qu'ils sont capables de tout faire, explique-t-elle. Le handicap, dans leur cas, il est visible, mais pour les autres, il est invisible. Tout le monde a un handicap. Des fois, le handicap, c’est un manque de confiance ou d’expérience. Les jumeaux, eux, doivent juste travailler le fait qu'ils sont capables de tout faire sur le terrain. »

Ils répondent au journaliste.

Les jumeaux Zachary et Tristan Lelièvre sont athlètes en para-badminton

Photo : Radio-Canada

Tristan et Zachary ont les Jeux paralympiques de 2024 dans leur ligne de mire. Les personnes de petite taille n'ont leur place que dans six sports aux Jeux d'été.

Le badminton fait maintenant partie de la liste.

« Oui, j'aimerais beaucoup y aller, mais ça prend de la patience, explique Tristan. On va essayer de notre mieux et travailler fort. »

Les joueurs de petite taille s'exécutent sur des terrains de mêmes dimensions qu'aux Olympiques. Leur raquette, le bras bien tendu, dépasse à peine le filet.

Malgré tout, ils peuvent smasher.

« Ce n'est pas des gros gros smashs là, mais on est capable, insiste Zachary. La trajectoire du volant lors des smashs est normalement plus inclinée. Mais nous, quand on frappe, c’est plus sur le bord de la ligne du filet. Il n'y en a pas de limite dans le fond. Ça va peut-être être moins vite, moins fort, mais il n'y en a pas de limite. »

Un sport en quête de profondeur

Avant les jumeaux Lelièvre au club International de Montréal, il y a eu Pascal Lapointe.

Le joueur de 42 ans est atteint d'hémiplégie spastique, une paralysie partielle du côté gauche.

Il répond au journaliste.

Pascal Lapointe est triple médaillé aux championnats panaméricains de para-badminton

Photo : Radio-Canada

« Il y a des ordres que j'ai de la difficulté à donner à mes muscles, dit Lapointe de façon imagée. Dans mon cas, mon mollet gauche est atrophié. »

Cet automne, il a participé aux Championnats panaméricains, où il a remporté trois médailles, dont une d'or. Il rêve que son sport gagne en popularité.

Au dernier Championnat provincial, au printemps dernier, il n'y avait que 7 participants répartis dans 6 catégories. C’est donc dire que les matchs disputés n’ont été que des démonstrations.

On estime pourtant, par exemple, qu'il y aurait de 3500 à 5000 personnes de petite taille au Québec. Pascal Lapointe espère que son sport trouvera une façon de rayonner au cours des prochaines années.

Le badminton n’est pas le sport le plus visible dans la sphère médiatique canadienne.

« J’espère qu’on parviendra à rejoindre des athlètes à qui il manque une main, par exemple, et n'a jamais pensé au para, explique-t-il. On espère joindre ces gens-là. »

D’ici là, Danièle Bouffard continuera d’ouvrir ses entraînements aux athlètes paralympiques. Leur intégration à son groupe d'athlètes est bénéfique pour tous.

« C'est magnifique pour les petits jeunes, explique-t-elle. Les petites personnes, ils n'en font pas de cas. Pascal, ils ne le voient même plus. Comment ça Pascal est handicapé? Ah, tu ne le vois plus? Bravo! »

Une autre façon de démocratiser le sport.

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