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Procès Brubaker : la crédibilité de la plaignante mise en doute

Dave Brubaker (à droite) en compagnie de son avocat Patrick Ducharme

Dave Brubaker (à droite) en compagnie de son avocat Patrick Ducharme

Photo : The Canadian Press / Geoff Robins

Radio-Canada

C'était la journée des plaidoiries, vendredi à Sarnia, dans le procès de Dave Brubaker, ancien entraîneur de l'équipe féminine de gymnastique canadienne.

L’avocat de la défense a dépeint la présumée victime comme étant une ancienne gymnaste qui s’entraînait sous la férule de l’un des entraîneurs les plus chevronnés du Canada et qui l’a accusé d’agression sexuelle parce qu’elle était amère de ne pas avoir réalisé son rêve olympique.

« Nous suggérons qu’une déception évidente et significative, quand ses aspirations de devenir une athlète olympique ont graduellement et manifestement diminué et quand son entraîneur et figure paternelle a mené d’autres gymnastes vers de grands succès, ont eu un impact psychologique significatif sur elle », a dit Me Patrick Ducharme.

Dans son témoignage, la femme d’une trentaine d’années, qui était adolescente à l’époque des présumés incidents, a dit qu’elle était déçue et fâchée de ne pas avoir atteint le plus haut niveau malgré des années à s’entraîner 25 heures toutes les semaines et aussi en raison des nombreuses blessures subies dans la quête de son rêve.

Le procureur de la Couronne, David Rows, a soutenu que la volonté de dévoiler ces détails légitimait le témoignage de sa cliente.

« Elle a été franche quant à son amertume à l’endroit de M.Brubaker, a déclaré Me Rows. Tout ça pris en considération ne teinte pas son témoignage. »

Au début du procès, la femme a révélé que Brubaker l'a embrassée sur les lèvres à maintes reprises pour lui dire bonjour et au revoir quand elle n'avait que 12 ans.

Elle a aussi raconté que son entraîneur avait l’habitude d’aller la chercher à l’école pour l’amener chez lui avant des entraînements, et qu’en quelques occasions, il dormait en cuillère avec elle et la chatouillait sur le ventre.

Ducharme a argué que c’était impossible parce que la femme de Brubaker était toujours à la maison aux mêmes moments. Mais la Couronne a rétorqué que la femme de l’entraîneur ne pouvait pas toujours être présente et qu’il aurait pu y avoir des occasions pour de telles siestes.

« Si vous acceptez le témoignage [de la plaignante], la seule conclusion est que toucher son derrière et son ventre dans le contexte de la chambre à coucher était des gestes de nature sexuelle pour lesquels la plaignante n’a pas donné son consentement », a ajouté Me Rows.

Il a également mentionné que le témoignage de la femme, selon lequel Brubaker la tripotait en lui disant au revoir, devait être cru.

Me Ducharme a par contre noté que la femme ne se souvenait pas quelle main Brubaker étendait derrière elle.

Il a remis en question la légitimité de l’enquête parce que le seul policier chargé du dossier était parent avec la plaignante.

« L’enquête n’était pas appropriée. Son enquête manquait de distance professionnelle », a-t-il soutenu.

Selon Patrick Ducharme, l’officier a influencé les allégations soulevées à l’endroit de Brubaker.

« Il l’a persuadée de faire une déposition incriminante », a conclu Me Ducharme, soulignant qu’il y avait des différences entre ce que la plaignante a révélé à l’officier et ce qu’elle avait dit à la cour.

La juge Deborah Austin devrait rendre sa décision le 13 février prochain.

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