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L'AMA à Moscou pour récupérer les données du laboratoire antidopage

Une enseigne devant le siège de l'Agence russe antidopage (RUSADA) à Moscou
La Russie était suspendue par l'Agence mondiale antidopage depuis novembre 2015. Photo: Reuters / Maxim Shemetov
Agence France-Presse

L'Agence mondiale antidopage (AMA) sera à Moscou à partir de lundi pour récupérer les données des contrôles menés dans l'ancien laboratoire de la capitale russe, ce qui lui permettrait d'éclairer un peu plus la sombre période de dopage institutionnel dans ce pays.

Cette étape, si elle est menée à bien, serait un pas important pour une résolution définitive de la crise avec la Russie, qui a démarré fin 2014 avec les premières révélations sur un système de corruption dans l'athlétisme, et qui lui a valu des sanctions depuis fin 2015, dont certaines sont toujours en cours.

Par la suite, des enquêtes à la demande de l'AMA ont dévoilé un véritable système de dopage institutionnel, avec la participation de rouages de l'État, dont les services secrets FSB, qui a pu toucher 30 sports et concerner un millier d'athlètes, selon les conclusions du juriste canadien Richard McLaren.

L'AMA a annoncé vendredi qu'une délégation de cinq personnes, conduite par l'expert antidopage espagnol José Antonio Pascual, se rendra lundi à Moscou. Mais l'opération d'extraction des milliers de données devrait prendre trois jours.

Pour la crédibilité de l'AMA?

L'enjeu est important pour l'AMA, cible d'une pluie de critiques depuis qu'elle a accepté, le 20 septembre, de lever la suspension de l'Agence antidopage russe (RUSADA), en cours depuis novembre 2015.

Accusée d'indulgence, elle avait répondu que cette nouvelle chance donnée à Moscou serait le meilleur moyen de mettre les Russes au pied du mur pour exiger l'accès aux données brutes des contrôles. Elle avait fixé le 31 décembre comme date limite, promettant de nouvelles sanctions en cas de non-respect de ses exigences.

« Les données brutes sont la pièce manquante du casse-tête qui viendra compléter la duplication de la base de données (LIMS) déjà détenue par l'AMA et contribuera à la conclusion des enquêtes », s'est félicité vendredi le directeur général de l'agence mondiale, Olivier Niggli. Une délégation de l'AMA s'était déjà rendue à Moscou fin novembre pour préparer cette nouvelle visite.

Depuis le début de l'affaire russe, l'AMA, le mouvement olympique et les fédérations internationales sont devant une insuffisance de preuves directes pour impliquer des athlètes et ouvrir des procédures disciplinaires.

Ainsi, en février 2018, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait annulé totalement les sanctions de 28 des 43 athlètes russes suspendus par le CIO en vue des JO de Pyeongchang pour avoir profité du système de dopage d'État aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

L'AMA n'est pas du tout certaine de disposer des échantillons correspondants - autrement dit la reine des preuves - pour les analyser à nouveau, car certains ont été détruits et d'autres ont pu être falsifiés.

« Les données contenues dans le laboratoire devront être entièrement évaluées et vérifiées, ce qui prendra du temps », explique l'AMA.

« Elles seront ensuite utilisées, conjointement avec la réanalyse des échantillons si nécessaire, pour instruire des procès contre des athlètes qui ont triché », ajoute l'agence.

Jusqu'à présent, seules les fédérations d'athlétisme (IAAF) et de biathlon (IBU) ont ouvert des procédures disciplinaires sur la base notamment du rapport McLaren.

L'IAAF est la seule fédération qui interdit toujours aux Russes de participer à ses compétitions, à l'exception d'un groupe d'athlètes triés sur le volet.

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