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Jean-Philippe Darche prend position en faveur du maintien du nom des Redmen

Jean-Philippe Darche (no 51)
Jean-Philippe Darche (no 51) Photo: Facebook / Jean-Philippe Darche

L'ex-spécialiste des longues remises Jean-Philippe Darche, qui a fait carrière dans la NFL après ses études à l'Université McGill, se dit « attristé par les récentes démarches visant à remplacer le nom des équipes sportives de McGill en prétendant que le mot Redmen est une insulte raciste, péjorative et méprisante envers les communautés autochtones », dans un communiqué publié vendredi.

Un texte d'Olivier Paradis-Lemieux

En janvier, l'Université McGill déterminera si ses 28 équipes sportives qui portent le nom de « Redmen » abandonneront l'appellation, que certains jugent péjorative pour les Premières Nations. Après une pétition et une manifestation, les étudiants de l'institution montréalaise se sont prononcés pour un changement de nom à 78,8 % en novembre.

« Avant d'émettre une opinion, je voulais faire des recherches. Mon premier instinct était de protéger le nom Redmen, un nom duquel je suis fier. J'ai porté les couleurs des Redmen pendant cinq ans [de 1994 à 1998, NDLR]. [...] On entend beaucoup parler des gens qui sont pour changer le nom, mais on n'entend pas beaucoup parler de ceux qui veulent garder le nom », observe Darche, rejoint chez lui à Kansas City afin d'expliquer sa démarche.

Je respecte l’opinion des gens qui se sentent blessés par le mot et j’ai écouté leurs arguments avec une ouverture d’esprit. J’ai pris le temps et l’effort pour m’éduquer sur l’origine du mot et réfléchir sur ce que le nom Redmen signifie.

Extrait du communiqué de Jean-Philippe Darche

L'ancien Redmen explique qu'il souhaitait d'abord et avant tout rappeler, en se basant sur les archives de McGill qu'il a consultées, que le nom est issu des couleurs de l'université montréalaise.

« Pour ceux qui se sentent attaqués par le nom Redmen, je les invite à s’éduquer sur l’origine du mot qui est sans aucun doute dérivé des couleurs de l’équipe, poursuit-il dans sa lettre. La majorité des gens qui ont porté les couleurs des Redmen sont fortement opposés au changement de nom. Pour tous ces anciens Redmen, incluant des gens d’origine autochtone, le nom ne représente pas et n’a jamais représenté les peuples autochtones de manière négative. »

Dans sa lettre, l'ex-joueur des Seahawks de Seattle et des Chiefs de Kansas City, devenu médecin aux États-Unis, retrace une partie de l'histoire du nom des équipes sportives de McGill.

« Selon les archives de l’université, le nom Redmen date de 1928, explique-t-il. De 1898 à 1928, plusieurs noms différents ont été utilisés pour les différentes équipes sportives, la majorité faisant référence aux couleurs du drapeau et du sigle de l’université : "The Red Team", "The Red and White", "The Men in Red" »

Pour lui, il ne fait toutefois « aucun doute que le nom Redmen est originalement en référence aux couleurs de l’équipe ».

Il concède toutefois que « dans les années 1950, il y a un directeur athlétique qui a pris la décision d'associer le nom à une connotation autochtone ».

« Je comprends parfaitement bien comment ces logos peuvent être interprétés comme offensifs par certains, même si l’utilisation des symboles autochtones n'est certainement pas faite en dérision, mais plutôt en valorisant des valeurs positives de fierté, force, combativité, etc. Ce mal a été corrigé lorsque l’université a créé un comité ayant étudié l’origine du nom Redmen en 1992. À ce moment, la décision fut prise d’adopter une politique interdisant l’utilisation de logos autochtones. Depuis maintenant près de 30 ans, aucune référence autochtone n’a été utilisée », dit-il.

Une perte symbolique

Avant de se prononcer sur la question, Darche a pris le pouls d'autres anciens du programme sur le sujet.

« La grosse majorité a la même opinion que moi, affirme-t-il. J'ai parlé à un ancien qui était d'opinion opposée. On a eu une bonne discussion qui était très raisonnable. Je comprends son point de vue et il comprend mon point de vue, et on est encore des amis. »

Si McGill prenait la décision de renommer les Redmen, ce serait une perte symbolique, selon lui. Il espère « qu'on ne donnera pas à une minorité vocale de faire changer un nom qui est respecté et auquel tiennent des centaines, sinon des milliers, de personnes qui ont été à l'Université McGill et qui l'ont porté ».

« Ça ne changerait pas comment je soutiendrais l'université ni l'équipe de football, précise-t-il, mais ce serait décevant. Mais ce qui serait le plus décevant, c'est que ça serait fait par plusieurs gens qui ne pensent pas vraiment à l'origine réelle du mot et à ce qui est arrivé dans les années 1990 pour enlever les références autochtones. Je ne nie aucunement qu'il y a eu des références autochtones à un moment, je suis en désaccord de penser que c'était raciste, et puis, ç'a été éliminé. J'espère que ça n'arrivera pas. »

Pour l'ex-joueur de ligne offensive, l'utilisation par certaines communautés autochtones du terme Redmen pour désigner leurs propres équipes montre que le terme n'a pas une connotation négative.

« Si le mot est supposément raciste et dénigrant, il devrait être raciste et dénigrant pour tout le monde. Il y a d'autres exemples dans le monde de ça, je comprends l'argument, mais je ne suis pas d'accord », fait-il enfin remarquer.

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