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À son procès, Dave Brubaker reconnaît avoir embrassé régulièrement la plaignante

Il marche avec un autre homme.
Dave Brubaker (à gauche) au palais de justice de Sarnia Photo: The Canadian Press / Geoff Robins

À la reprise de son procès pour agression sexuelle, jeudi à Sarnia, l'ex-entraîneur de l'équipe féminine canadienne de gymnastique Dave Brubaker a raconté qu'il n'a jamais fait de sieste avec la plaignante, une de ses anciennes athlètes, et qu'il n'avait jamais non plus dormi en cuillère avec elle. Mais il l'embrassait sur la bouche chaque fois qu'il la voyait, a-t-il admis.

Dave Brubaker a plaidé non coupable, en octobre, à des accusations d'agression sexuelle et d'invitation à des attouchements sexuels dans ce procès se déroulant devant juge seul.

Les accusations émanent d’une série d’incidents qui se seraient produits entre 2000 et 2007 et mêlant Brubaker à une athlète de moins de 16 ans qu'il a entraînée pendant cette période.

Au début du procès, la femme dans la trentaine a révélé dans son témoignage que Brubaker l'a embrassée sur les lèvres à maintes reprises pour lui dire bonjour et au revoir quand elle n'avait que 12 ans.

Elle a aussi raconté que son entraîneur avait l’habitude d’aller la chercher à l’école pour l’amener chez lui avant des entraînements, et qu’en quelques occasions, il avait dormi en cuillère avec elle et l’avait chatouillée sur le ventre.

« Ce n’est jamais arrivé », a dit Brubaker en cour au sujet de ces siestes.

Il a aussi expliqué à la juge Deborah Austin que la plaignante et lui avaient effectivement l’habitude de s'embrasser sur la bouche, mais qu’il ne l'avait jamais contrainte à le faire.

« C’était devenu une habitude… elle a commencé à m’embrasser », a-t-il dit, en insistant qu’il s’agissait de baisers « innocents ».

Dans son témoignage, la plaignante a également indiqué que Dave Brubaker l'a touchée de manière inappropriée durant des massages sportifs, ce qu’a aussi réfuté l’entraîneur, jeudi, dans son témoignage.

Brubaker a nié toute intention à caractère sexuel. Il a expliqué qu’il palpait le haut de la cuisse de la plaignante, près de son pubis, de même que les muscles pectoraux près de ses seins, et qu’il le faisait pour améliorer ses performances sportives.

Ronald Weese, expert en physiologie du sport, a expliqué en cour que ces parties du corps sont très importantes pour une gymnaste, parce que très sollicitées pour de grands écarts et pour se soulever. Il a aussi dit qu’il était possible, pour un physiothérapeute ou quelqu'un de peu expérimentés, de toucher les mauvais endroits en massant ces parties.

Questionné par l’avocat de la couronne David Rows, Ronald Weese a dit qu’il serait inhabituel de la part d’un entraîneur de se tenir derrière un athlète pour lui frotter le ventre.

La vidéo de l'interrogatoire admissible en preuve

La juge Deborah Austin a admis en preuve la vidéo de l’interrogatoire de Brubaker réalisé par la police. La défense contestait sa validité.

Au cours de cet entretien, Brubaker s'était excusé pour avoir « franchi la limite » avec la plaignante.

La validité de l'enregistrement avait été remise en cause par la défense en début de procès parce que l'enquêteur qui a procédé à l'interrogatoire a un lien de parenté avec la plaignante. Il est son cousin et a agi comme garçon d’honneur à son mariage. La victime alléguée est la marraine de l’enfant du policier.

« Le fait que l’enquêteur connaissait la plaignante a pu avoir un impact sur la façon dont l’interrogatoire a été mené », a dit la juge Deborah Austin. Mais on ne peut pas dire avec certitude que les réponses de Brubaker auraient été différentes si l’enquêteur et la plaignante ne se connaissaient pas, a-t-elle ajouté.

La juge Austin a dit qu’elle examinerait avec « prudence » cette vidéo comme élément de preuve.

Dave Brubaker est bien connu dans le monde de la gymnastique canadienne et internationale. Il était entraîneur de l’équipe nationale féminine pendant les Jeux olympiques de 2012 et de 2016 et a dirigé le club Bluewater Gymnastics de Sarnia de 1985 à 2017.

Avec les informations de La Presse canadienne

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