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Les Blackhawks : autopsie d’un gâchis à Chicago

Photo: Getty Images / Jonathan Daniel

CHICAGO – Depuis le congédiement de Joel Quenneville, les Blackhawks s'enlisent. Cette formation, l'une des dernières dynasties de la LNH, si glorieuse il n'y a pas si longtemps, apparaît moribonde aujourd'hui.

Un texte d’Alexandre Gascon

Le noyau de l’équipe vieillit. Jonathan Toews, Patrick Kane, Duncan Keith, Brent Seabrook et Corey Crawford sont tous dans la trentaine, avancée dans certains cas.

Il y a bien quelques pépites étincelantes comme Alex DeBrincat. Mais, pour le moment, la passation des pouvoirs d’une génération à l’autre ne se matérialise pas.

Le directeur général des Hawks, Stan Bowman, a même récemment échangé son centre le plus prometteur, Nick Schmaltz, contre deux autres espoirs, Dylan Strome et Brendan Perlini, décevants à leurs débuts professionnels.

Quand on parle aux joueurs, vétérans comme jeunes pousses, on sent presque le fantôme moustachu de l’entraîneur-chef Quenneville planer sur les lieux.

« C’est dur de voir Quenneville partir. C’est le même système, la même routine pendant neuf ans. C’est difficile de changer, mais c’est ce qui arrive quand ça ne va pas bien. Le coach part. Ça fait 15 matchs que le nouveau coach est arrivé et ce n’est pas le système. Il faut trouver quelque chose et que ça change. Il ne reste pas beaucoup de temps pour changer les choses », a estimé le gardien Corey Crawford.

Non, en effet. Chicago avait maintenu une fiche de 6-6-3 sous les ordres de Quenneville et s’est complètement écroulé depuis que le jeune Jeremy Colliton a repris les rênes.

Les Blackhawks ont remporté 3 de leurs 15 rencontres (3-10-2) sous les ordres du nouveau pilote. Ils occupent le 30e rang de la ligue et leurs unités spéciales sont complètement amorphes. Peu importe la statistique que vous choisirez de consulter, vous les trouverez parmi les cancres de la LNH.

Statistiques des Blackhawks avant le match contre le Canadien :

  • Six défaites consécutives
  • Fiche de 2-8-0 à leurs 10 derniers matchs
  • 30e au classement général de la LNH
  • 31e pour le différentiel des buts (-30)
  • 31e en avantage numérique (11,5 %)
  • 29e en désavantage (73,3 %)

D'une légende à un méconnu

Pour Colliton, l’ascension a été fulgurante.

Après une carrière professionnelle de sept ans à naviguer entre la Ligue américaine et la Ligue nationale, l’Albertain a dirigé une formation suédoise en deuxième division pendant trois ans et demi.

Il a passé la saison 2017-2018 en tant qu’entraîneur des IceHogs de Rockford, le club-école des Blackhawks, avant d’obtenir la promotion ultime à seulement 33 ans. Deux de ses joueurs, Duncan Keith et Chris Kunitz, sont plus âgés, tandis que Seabrook et Crawford sont nés la même année.

« Ça n’arrive pas souvent, mais ce n’est pas le dernier. Il est intelligent, il connaît la game, on fait beaucoup de vidéo. C’est bien pour les gars dans la chambre de voir les erreurs et d’essayer de transférer ça sur la glace. Il fait un bon boulot », a décrit Crawford, qui ne considère pas la jeunesse de Colliton comme un handicap.

Par contre, si l’on combine à son expérience limitée le fait qu’il remplace une légende vivante, qui a ramené le prestige dans une ville qui en avait oublié jusqu’à la définition en soulevant la coupe Stanley trois fois en six ans, l’on comprend que Colliton a de grands souliers à chausser.

Photo : Getty Images / Jonathan Daniel

« Je dois être moi-même. Je ne peux essayer d’être lui », a-t-il simplement répondu.

« Je vais avoir des relations différentes avec les joueurs, on ne fera pas les choses exactement de la même manière. Parfois, ça demande une période d’ajustement, mais c’est ce qu’on doit faire. »

Trois Coupes Stanley en six ans, ça gruge du jus, j’imagine.

Phillip Danault, à propos de son ancienne équipe

Dans ce vestiaire habitué aux grands honneurs, Colliton assure ne pas avoir senti de résistance de la part des meneurs de l’équipe.

« C’est plutôt un choc. Le même homme a fait le même boulot pendant 10 ans et il a connu beaucoup de succès. C’est un choc pour les joueurs, mais ils ont été excellents et ont travaillé fort. Notre jeu ou nos résultats ne sont pas parfaits, mais je sens que les joueurs sont engagés. C’est ce qui fait que je me sens bien », a-t-il fait valoir.

Engagés ou pas, les Hawks viennent de subir six défaites consécutives.

Depuis l’arrivée en fonction de Colliton, ils ont inscrit 36 buts et en ont accordé 55.

Pire encore, au cours des neuf dernières rencontres, ils ont joué avec une avance pendant… 41 secondes. Les Golden Knights de Vegas ont alors marqué deux buts en 12 secondes pour reprendre définitivement l'avance.

Bref, rien ne va plus sur les berges du lac Michigan.

On peut bien disserter longuement sur les répercussions du changement d’entraîneur, mais comme l’a bien résumé le gardien Crawford : « Ce sont les joueurs sur la glace qui comptent le plus. Tu peux mettre n’importe qui derrière le banc, mais si tu ne joues pas bien, ça ne va pas marcher. »

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