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Les centres et la défense : deux agréables surprises selon Marc Bergevin

Marc Bergevin en conférence de presse
Marc Bergevin en conférence de presse Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

CHICAGO – Le premier échange a été hautement médiatisé, le second est passé aussi inaperçu qu'une fausse note dans un groupe de jazz fusion. Les deux permettent au Canadien d'être au plus fort de la course, a assuré Marc Bergevin, samedi, à Chicago.

Un texte d’Alexandre Gascon

Max Domi et Brett Kulak.

Kulak a montré une étonnante maturité à la gauche de Shea Weber au cours des quatre derniers matchs, tandis que le fils de Tie, obtenu à fort prix des Coyotes de l’Arizona, abat un travail colossal au centre du premier trio.

« Oui, je suis surpris, mais moins que vous autres », a lancé le directeur général du CH.

« Est-ce que je pensais qu’il serait là aujourd’hui? Non. J’étais confiant qu’il pouvait faire la job, mais pas autant qu’il l’a fait en ce moment. C’est vraiment un gros atout pour notre équipe », a-t-il renchéri.

Après 29 matchs, Domi est en voie de réussir ce que le CH espérait d’Alex Galchenyuk lorsqu’il l’a repêché au 3e rang en 2012 : devenir le premier pivot de l’équipe.

Le Torontois de 23 ans a amassé 30 points depuis le début de la campagne, un sommet dans l'équipe.

Du 1er au 21 novembre, Domi a inscrit au moins un point dans 11 matchs d’affilée pour un total de 15.

Max DomiMax Domi Photo : La Presse canadienne / Darryl Dick

Surtout, depuis qu’il est réuni à Andrew Shaw et Jonathan Drouin, les trois comparses ont tous une moyenne d’au moins un point par rencontre (1,14 pour le Québécois).

Drouin a pris son envol aux côtés de son ami, ce qui a permis à Bergevin de faire d’une pierre deux coups. Ce que le DG n’a pas manqué de souligner.

« C'est [Domi] un très bon joueur. Il a de la passion, il patine bien, il joue à un rythme élevé. Mais c’est toujours difficile de prédire s’il y aura une bonne complicité avec certains joueurs. Il a cliqué rapidement avec Drouin. Nous espérions que c’était pour être le cas. Mais l’an dernier, nous voulions la même chose pour Max [Pacioretty] et Jo, mais ça n’a jamais marché. »

« Il a un sourire contagieux. Il a une bonne arrogance. Il y avait plus de gars baveux dans mon temps. Tu détestes jouer contre eux, mais tu les veux dans ton équipe », a fait valoir Bergevin.

La qualité de cette ligne de centre a également été rehaussée par l’émergence précoce de Jesperi Kotkaniemi.

Le plus jeune joueur de la LNH fait belle figure, bien qu’il ait démontré quelques signes de ralentissement dans les deux dernières semaines.

« La seule chose que je vois, et c’est normal, c’est à cause de sa force. Dans les batailles, des fois, il va tomber. Mais c’est un petit gars de 18 ans contre des hommes. Ça va s’améliorer. Si c’est juste ça, on va vivre avec », a expliqué Bergevin.

Le directeur général a pratiquement écarté la possibilité de prêter Kotkaniemi à la sélection finlandaise pour qu’il dispute le Championnat du monde junior à Vancouver et à Victoria pendant le temps des Fêtes.

Je me laisse une petite porte ouverte au cas où, mais ça ne devrait pas arriver.

Marc Bergevin à propos de la possibilité de voir Jesperi Kotkaniemi au Championnat mondial junior

N’empêche, on n’entend presque plus parler de ce point faible notoire de l’équipe. Non pas que les quatre centres du Tricolore peuvent rivaliser avec les meilleures équipes à cette position, mais lorsque le sous-sol prend l’eau, tu ne t’attaques pas à tes rampes d’escalier vacillantes.

La musique s’arrête en défense

Voilà quatre matchs consécutifs que le CH dispute avec la même brigade défensive. Une rareté depuis deux ans. Il a utilisé 16 défenseurs depuis le début de la saison 2017-2018. Seuls les Sénateurs ont été plus hétéroclites avec 17.

Vous souveniez-vous des expériences malheureuses de Mark Streit, Jakub Jerabek, Joe Morrow, Brandon Davidson et Rinat Valiev?

Cette instabilité a partiellement pris fin avec le retour au jeu de Shea Weber qui semble s’être trouvé un partenaire en Brett Kulak.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Pour combien de temps, voilà la grande question, mais Bergevin n’était pas peu fier de cet arrière obtenu pour une bouchée de pain (on s’excuse auprès de Rinat Valiev et de Matt Taormina, lecteurs assidus de ces pages sportives, paraît-il).

« Oui, je suis surpris, honnêtement. Nous avons fait l’échange à la fin du camp. Il a passé du bon temps à Laval. Mais de ce que nous voyons de lui cette année comparativement à l’an dernier à Calgary, nous découvrons un joueur différent. Il a une belle progression et il nous aide énormément », a estimé Bergevin.

Kulak semble encore se pincer pour s’assurer qu’il est bien dans le monde réel. De peut-être 11e ou 12e défenseur qu’il était dans l’organigramme en débarquant à Montréal, il joue maintenant avec le meilleur défenseur du club.

« Il [Weber] me facilite la vie. On joue contre les meilleurs trios adverses. Ce n’est pas toujours facile, je n’ai pas beaucoup d’expérience là-dedans. Sa capacité à me soutenir quand j’ai la rondelle et comment on travaille dans notre zone, sa communication, ça m’aide beaucoup », a expliqué le jeune homme d’Edmonton.

« J’ai senti à quelques reprises dans ma carrière à quel point les choses changent rapidement, que ce soit en étant rappelé ou rétrogradé, c’est juste les affaires courantes du hockey », a renchéri Kulak.

Bergevin étudie le marché

Malgré les fleurs lancées à Kulak, on peut penser que Marc Bergevin sonde le marché pour s’assurer qu’un défenseur gaucher à caractère offensif ne lui glisse pas entre les doigts.

Le DG a d’ailleurs confirmé que sa marge de manœuvre salariale, plus de 9 millions de dollars, lui permettrait d’absorber un mauvais contrat pour obtenir un joueur de qualité.

Bergevin a conclu un échange de cet ordre l’été dernier lorsqu’il a accepté le contrat de Steve Mason des Jets de Winnipeg, qu’il a aussitôt racheté, pour mettre la main sur deux choix au repêchage ainsi que Joel Armia. Le Canadien avait également cédé Simon Bourque.

« Ça, c’est intéressant. Tu prends [une portion de la masse salariale], tu achètes un joueur et tu vas chercher un joueur en retour. Ce sont des choses qu’on va toujours regarder et, honnêtement, je pense que Joel Armia a fait du bon boulot et il nous manque en ce moment. Si cette porte est ouverte durant l’été, c’est certain qu’on va regarder ça de près », a-t-il conclu.

Le DG se prononce

Bergevin a confié être soulagé que Xavier Ouellet n’ait pas été réclamé au ballottage. Si ç’avait été le cas, l'équipe aurait perdu un troisième joueur de cette façon en deux mois. Nikita Scherbak a d’ailleurs inscrit son premier but avec les Kings de Los Angeles à son premier match samedi.

« Tu n’aimes pas perdre des joueurs au ballottage, surtout parce que tu perds en profondeur. Il est un choix de premier tour, mais 26e ou 27e [26e, NDLR]. Tous les ans, tu peux prédire les deux ou trois premiers choix, mais ça devient plus interchangeable après. Nous ne voulons pas perdre des joueurs, mais ça fait partie de la convention collective. »

Concernant Karl Alzner, aujourd’hui avec le Rocket de Laval dans la Ligue américaine :

« Le plan n’était pas qu’il joue dans la Ligue américaine à sa deuxième année à Montréal. En ce moment, on met les meilleurs joueurs possible sur la patinoire. Des jeunes comme Kulak et Mike Reilly sont passés devant lui. Ce n’est pas fini, mais en ce moment les joueurs vont bien. Est-ce qu’il y a une possibilité qu’il revienne à Montréal? Oui. Mais, en ce moment, on est contents avec la formation qu’on a en défense. »

Sur son club-école qui occupe l'avant-dernier rang dans l'AHL :

« J’ai vu beaucoup de leurs matchs. Ils jouent très bien, ils compétitionnent, ils ont de la misère à marquer. La dernière joute, c’est une joute de 7-2. J’ai parlé à Scott Mellanby ce matin, ce n’est pas une joute de 7-2. Les lancers, c’était 9-2 en première période pour Laval. On dirait qu’un soir c’est la défense, un soir c’est les gardiens de but, un soir c’est les joueurs qui ne marquent pas ou des punitions tard dans une partie. C’est un apprentissage aussi pour Joël. On a trois joueurs, Chaput, Kulak et Agostino, qui font du bon boulot et ça c’est chapeau à Laval, Joël et ses entraîneurs. »

Sur ses piliers, Shea Weber et Carey Price :

« Même moi, je ne me souvenais plus à quoi ça ressemblait d’avoir Shea Weber au sein de la formation. Ça fait du bien de le voir. Nous avons joué pratiquement un an sans lui. Mais quand tu analyses un peu plus, il faut se rappeler qu’il s’était blessé dès le premier match de l’année à Buffalo. Il avait joué jusqu’à la mi-décembre en cachant une blessure. Ce n’était pas le même Shea Weber. Avec Shea en santé, nous replaçons un peu tout le monde dans la bonne chaise. »

« Nous en parlions il y a quelques jours de Price. Nous remarquons qu’il est plus confiant et agressif depuis le retour de Shea. Tranquillement pas vite, il redevient le Carey que nous connaissons. Oui, l’arrivée de Shea a un impact sur son jeu, mais je vois aussi de l’amélioration chez Carey. »

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