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Hockeyeuse retirée de son équipe : il faut éduquer les parents, dit Isabelle Charest

Enfant de 8 ans retirée de son équipe : les réactions d'Isabelle Charest et d'Enrico Ciccone
Radio-Canada

« Inacceptable », « dérangeant », « choquant »... L'histoire de cette gardienne de but 8 ans qui a été retirée de son équipe à la suite de pression de parents a fait réagir jusque sur la colline Parlementaire à Québec.

Un texte de Christine Roger

La jeune fille n’est pas douée dans les buts, avoue sa mère. Pressée d’agir par les autres parents, l’organisation des Sieurs de Longueuil a choisi de retirer temporairement la gardienne, qui a depuis cessé de jouer.

La ministre déléguée à l’Éducation et responsable des sports et des loisirs, Isabelle Charest, soutient que de tels agissements n’ont pas leur place dans le sport mineur, peu importe la catégorie d’âge et le niveau de jeu.

« On parle de niveau C, mais je pense que ce serait tout aussi inacceptable dans une catégorie plus compétitive. Le sport, l’activité physique, la compétition, c’est une occasion de faire de grands apprentissages, de donner des notions aux enfants, mais aussi aux parents », explique-t-elle.

L’ancien joueur de hockey aujourd’hui député et porte-parole officiel en matière de loisirs, de sports et de saines habitudes de vie, Enrico Ciccone, avoue s’être senti interpellé par cette situation. À son avis, la jeune fille n’aurait jamais dû être retirée de son équipe. Les parents, les entraîneurs et l’organisation devraient, selon lui, se remettre en question.

« Atome C, c’est une catégorie qui appartient aux joueurs ou aux joueuses qui veulent commencer à jouer au hockey. Tout le monde est accepté, indique-t-il. Ce qui me dérange dans tout ça, c’est que la petite fille a une passion, elle veut jouer comme gardienne de but et on la retire parce qu’il y a une pression extérieure. »

« Je pense que les parents ne sont pas de mauvaise foi, mais peut-être qu’ils ne savent pas comment agir, qu’ils ne comprennent pas l’opportunité qu’ils ont de faire du renforcement positif », ajoute Isabelle Charest.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l'Éducation et responsable du sport et des loisirsIsabelle Charest, ministre déléguée à l'Éducation et responsable du sport et des loisirs Photo : Radio-Canada

La triple médaillée olympique en patinage de vitesse sur courte piste s’est donné pour mandat de faire davantage bouger les jeunes. Elle convient que la situation vécue par la jeune fille de 8 ans vient directement à l’encontre de ce qu’elle tente d’inculquer.

Il y a une différence entre la compétition et la performance. La compétition, il faut apprendre à gagner et à perdre aussi. Si on mise uniquement sur la performance, on passe complètement à côté de ce qu’on peut apprendre par le sport.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation et responsable des sports et des loisirs

« C’est un exemple parfait de parents qui ne comprennent pas ce qu’ils peuvent donner comme valeurs aux enfants dans la pratique du sport », poursuit-elle.

Enrico Ciccone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vieEnrico Ciccone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vie Photo : Radio-Canada

Enrico Ciconne reconnaît que de tels débordements ont toujours fait partie du monde du sport et que c’est probablement une lutte qui ne finira jamais. La ministre Charest est consciente qu’il y a encore énormément de travail de sensibilisation à faire.

« Il faut comprendre que ce sont souvent des bénévoles qui ont peu de formation, alors c’est important de leur donner des outils pour pouvoir justement intervenir auprès des parents pour que ce soit un contexte agréable pour les enfants. Sinon, on se tire dans le pied », soutient-elle.

Hockey Québec réagit

À la suite de la publication de l’histoire de cette jeune hockeyeuse la semaine dernière, plusieurs associations et intervenants du monde du hockey ont voulu entrer en contact avec elle. C’est le cas notamment de l’ancienne capitaine de l’équipe canadienne de hockey féminin Caroline Ouellette, qui lui a offert de participer à l’un de ses camps d’été.

Contacté par Radio-Canada Sports, le directeur général de Hockey Québec, Paul Ménard, a réagi à la situation et a proposé une piste de solution.

« La mission de Hockey Québec est d’offrir un environnement positif, sécuritaire et propice au développement des personnes qui pratiquent le sport. C’est ainsi que nous avons travaillé avec la région du Richelieu et l’Association de hockey mineur des Sieurs de Longueuil, en plus d’être en contact régulier avec la mère de la jeune gardienne, afin qu’elle puisse retourner s’amuser au hockey dès que possible, indique-t-il.

« D’ailleurs, nous pouvons vous confirmer qu’un premier contact a eu lieu afin qu’elle puisse s’aligner prochainement avec une équipe novice B. Nous comprenons que, comme tous nos membres, elle est une véritable passionnée de notre sport et, ne serait-ce que pour cette raison, nous nous devions comme fédération de faire tout en notre pouvoir afin qu’elle puisse rapidement sauter sur la glace et avoir du plaisir à garder les buts dans un futur rapproché. »

La mère de la jeune fille a confirmé qu’une équipe novice B était bel et bien prête à prendre l’enfant de 8 ans dans sa formation. Elle ne sait cependant pas quand sa fille pourra renouer avec la compétition. Des détails administratifs doivent d’abord être réglés.

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