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Christine Girard a préféré Ottawa à Tokyo pour recevoir ses médailles olympiques

Christine Girard a reçu ses deux médailles olympiques
Radio-Canada

Christine Girard aurait pu choisir de recevoir à Tokyo, aux Jeux olympiques de 2020, les deux médailles olympiques qui lui ont été attribuées après la disqualification de rivales pour dopage. Mais elle a préféré les recevoir au Canada.

Le Comité international olympique (CIO) lui a en effet offert d'attendre à l'été 2020 pendant le rendez-vous planétaire pour les recevoir, une façon pour le CIO de montrer au monde, devant les caméras, le travail qu'il fait en matière de lutte antidopage.

Dans une entrevue à RDI matin, mardi, l'haltérophile québécoise a expliqué vouloir les recevoir chez elle, et par ce geste rappeler la décision du Canada d'investir dans un sport propre.

« Pour moi, c'était vraiment important de recevoir ses médailles dans mon pays, au nom de mon pays, a-t-elle expliqué. Ça dépasse de loin mes amis, ma famille, mon histoire. »

Christine Girard, double médaillée olympique Agrandir l’imageChristine Girard, double médaillée olympique Photo : Société Radio-Canada

Notre pays a choisi il y a des années de croire à un sport propre, et c'est cette victoire-là que je voulais partager avec les Canadiens. Je voulais partager avec tout le monde nos valeurs qui réussissent ici.

Christine Girard

Christine Girard a persévéré au cours de toutes ces années malgré le fait qu'elle savait que ses adversaires, qui passaient devant elle et montaient sur les podiums, se dopaient.

« J'avais mes soupçons, oui, pour certains pays ou le dopage est systématique. En haltérophilie, la corrélation est très grande entre les résultats et la prise de stéroïdes, affirme-t-elle. Donc, c'est sûr que la tentation est très grande dans un sport comme le mien. »

L'haltérophile Christine Girard soulève la barre aux Jeux olympiques de Pékin.Christine Girard, le 12 août 2008, aux Jeux olympiques de Pékin Photo : Getty Images / Paul Gilham

Christine Girard en a même discuté avec certaines de ces athlètes engluées dans la prise de produits dopants pour leur permettre d'obtenir de meilleurs résultats.

« Pour avoir parlé avec des personnes qui se sont entraînées dans d'autres pays, elles n'avaient pas le choix de prendre ce qui leur était donné, dit la double médaillée olympique. Et certaines ne savaient même pas ce qu'elles prenaient. Elles étaient obligées de les prendre pour pouvoir rester athlètes. Entendre ça, ça me fait un pincement au coeur. Mais ça me rend extrêmement fière de venir du Canada, où je me suis entraînée pendant 20 ans sans jamais me faire offrir quoi que ce soit. »

Évidemment, sans dopage, il faut une dose supplémentaire de patience.

Ça m'a pris 18 ans à me rendre sur un podium olympique. Il faut travailler extrêmement fort. Ça prend des heures et des heures, mais c'est possible.

Christine Girard

« C'est important de savoir que ça vaut la peine de prendre le temps de le faire, et de le faire de la bonne façon, précise-t-elle. C'est ce qui me permet de mériter ces médailles-là maintenant. »

L'affaire Ben Johnson

Le scandale entourant le sprinteur Ben Johnson, pris pour dopage aux Jeux olympiques de 1988 et dépouillé de sa médaille d'or, a conscientisé les autorités canadiennes compétentes à prendre des mesures.

Le gouvernement de l'époque, dirigé par Brian Mulroney, avait créé une commission d'enquête dirigée par le juge Charles Dubin. La comparution de Ben Johnson en 1989 avait permis au Canada de saisir l’ampleur du fléau du dopage.

Voilà pourquoi Christine Girard était mise au fait du dopage très jeune.

« Mes premiers tests antidopage, je les ai subis dès l'âge de 14 ans », rappelle-t-elle.

Au Club Héraclès à Rouyn-Noranda, où Christine Girard a passé sa jeunesse.Au Club Héraclès à Rouyn-Noranda, où Christine Girard a passé sa jeunesse. Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

« Déjà là, j'ai appris qu'il y avait plusieurs médicaments que je n'avais pas le droit de prendre. Si j'avais un mal de tête, je ne prenais même pas de Tylenol, juste pour être certaine. Car je pouvais être testée n'importe quand. »

Christine Girard parle des tests antidopage inopinés, imposés aux athlètes par les fédérations.

« Ça a fait partie de ma réalité très tôt dans ma vie, et c'est beaucoup plus tard que j'ai appris que ce n'était pas la réalité de mes adversaires dans d'autres pays », a-t-elle conclu.

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