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La Fédération internationale d'athlétisme maintient la suspension de la Russie

Sebastian Coe
Sebastian Coe Photo: Getty Images / Alexander Hassenstein
Radio-Canada

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a décidé mardi, à Monaco, de maintenir la suspension de la Russie en cours depuis la révélation d'un vaste scandale de dopage en 2015.

La Fédération russe d'athlétisme est donc toujours suspendue par l'IAAF. Elle l'est pour une 9e fois depuis novembre 2015.

Dans le huis clos d'un salon feutré d'un hôtel de Monaco, le vote des 27 membres du conseil de l'IAAF a suivi les recommandations du groupe de travail sur l'évaluation des progrès russes en matière de lutte antidopage.

« L'AIU (Unité d'intégrité de l'athlétisme) doit nous confirmer avoir reçu toutes les données et les échantillons dont elle a besoin avant de réintégrer la Russie », a précisé Rune Andersen, chef du groupe de travail chargé d'évaluer les progrès de la Russie dans sa lutte antidopage.

La Fédération internationale d'athlétisme a estimé que deux conditions devaient encore être remplies : récupérer les données du laboratoire de Moscou et se faire rembourser les coûts générés par le traitement du scandale de dopage russe.

L'IAAF n'a donc pas suivi les pas de l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui avait réintégré l'Agence antidopage russe (RUSADA) le 20 septembre, sous certaines conditions.

« Nous travaillons de près avec l'AMA et d'autres organisations, mais au final, la décision de savoir si c'est le bon moment pour réintroduire une fédération, c'est l'affaire du conseil de l'IAAF », a tenu à rappeler le président de l'IAAF, Sebastian Coe.

L'AMA a fait le pari de réintégrer provisoirement la RUSADA à condition qu'elle récupère les données du laboratoire, qu'elle a visité récemment pour une étape préparatoire à l'extraction des informations, d'ici le 31 décembre.

Le drapeau russe, absent des compétitions internationales d'athlétisme depuis les Championnats du monde de 2015, à Pékin, ne devrait donc pas apparaître aux Championnats d'Europe en salle de Glasgow en mars 2019.

De plus en plus d'athlètes russes sont cependant autorisés à concourir sous bannière neutre. Ils étaient 72 aux derniers Championnats d'Europe, en août, à Berlin.

Le dopage et la Russie

Voici les chiffres des cas recensés dans l'histoire des Jeux olympiques et des championnats d'athlétisme :

Depuis la dislocation de l'URSS en 1991, 326 cas de dopage ont touché les différents Jeux d'été et d'hiver, dont 89 concernent des athlètes russes, soit 27 % du total, selon une base de données de l'AFP.

Sur ce plan, la Russie se place loin devant les autres pays les plus sanctionnés, le Bélarus (27 cas), l'Ukraine (23), la Turquie (17), les États-Unis (15) et le Kazakhstan (13).

Conséquence de ces cas de dopage, les Russes se sont vu retirer 41 médailles olympiques, dont 10 en or, soit un tiers du total (123) des médailles perdues sur la période.

Là encore, la Russie devance largement les autres pays, le Bélarus ayant perdu 11 médailles (dont 2 titres), les États-Unis, 10 (6 titres), le Kazakhstan, 9 (5 titres), et l'Ukraine, 9 (1 titre).

L'athlétisme russe a été particulièrement sanctionné. Il compte pour plus de la moitié des cas de dopage russes aux Jeux olympiques (49 sur 89), et plus du tiers de ses médailles perdues (18 sur 41).

Aux Championnats du monde d'athlétisme, d'après les données de l'IAAF et de l'AIU, près de 200 cas de dopage ont été sanctionnés, dont plus d'un quart concernent des athlètes russes.

Les chiffres sont particulièrement alarmants entre 2011 et 2015, période au cours de laquelle un dopage institutionnalisé a été mis en place en Russie avec l'implication du ministère des Sports, des autorités antidopage russes et des services secrets (FSB), selon le rapport du juriste canadien Richard McLaren, commandé par l'AMA.

Les deux commissions Oswald et Schmid, mises en place par le CIO, ont confirmé ces conclusions.

On recense 42 cas de dopage russes aux Jeux de 2012, à Londres, la plupart révélés depuis 2016 et une vague de nouvelles analyses des échantillons d'athlètes par le CIO.

Pour les Jeux olympiques d'hiver de 2014, à Sotchi, 16 cas de dopage russes ont été révélés par la commission Oswald. Vingt-huit autres athlètes initialement sanctionnés ont été blanchis par le TAS.

Avec les informations de Agence France-Presse

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