•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Nous avons tous une responsabilité » - Stéphan Larouche

Stéphan Larouche

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis le début de sa carrière comme entraîneur, Stéphan Larouche a vu plusieurs de ses boxeurs se retrouver au tapis. Chaque fois, une remise en question s'impose.

Un texte de Christine Roger

S’il croit qu’il s’agit d’un malheureux accident dans le cas d’Adonis Stevenson, plongé dans un coma artificiel après sa défaite par K.-O. contre Oleksandr Gvozdyk, il reconnaît que l’entraîneur a une responsabilité quand un de ses protégés monte dans le ring.

« On est une équipe. Si un boxeur subit une défaite et qu’il y a eu du dommage, c’est un travail d’équipe. Est-ce qu’on aurait dû arrêter le combat plus tôt? Est-ce que l’adversaire était trop fort? Est-ce que l’athlète était bien alimenté? Est-ce qu’il était bien hydraté? Est-ce qu’il a pris de l’alcool », explique-t-il.

Le boxeur Jean Pascal abonde dans le même sens que son entraîneur et parle de la responsabilité de l'athlète.

« Il faut évoluer dans le sport comme dans la vie. La responsabilité première revient au boxeur lui-même. Quand on se sent en danger, on peut mettre un genou au sol pour récupérer au lieu d’essayer de gagner un round à tout prix », indique-t-il.

Diminuer les risques

Impossible d’éliminer complètement le risque pour le pugiliste, mais Stéphan Larouche croit tout de même que des précautions peuvent être prises au préalable pour le minimiser.

« Si ton boxeur se fait ébranler pendant une séance d’entraînement, il y a des actions à prendre. Si ton boxeur a vieilli et qu'il est sur la fin de sa carrière, ce n’est pas le même genre de combats à l’entraînement qu’on faisait lorsqu’il avait 20 ans », souligne-t-il.

Le monde de la boxe est de plus en plus sensibilisé aux conséquences des blessures à la tête. Les boxeurs sont soumis à de nombreux tests médicaux afin de déceler des signes de commotions cérébrales. Malheureusement, les résultats sont peu probants, selon lui.

« Il y a des règlements qui sont respectés, il y a une sécurité qui est de plus en plus présente. Mais malgré tous les examens médicaux qu’on peut faire, 99 % du temps, on ne va pas trouver ou détecter la commotion », mentionne Larouche.

Le boxeur peut donc être très bien préparé, son entourage, très vigilant, mais il demeure impossible de tout prévoir. Personne n’est à l’abri d’un choc comme celui qu'a vécu Stevenson.

« Dans le cas d’Adonis Stevenson, c’est qu’il a été ébranlé une bonne partie du 11e round, soutient son entraîneur. S’il avait été dans le milieu du ring plutôt que dans les câbles, il aurait eu un coup ou deux de moins et probablement qu’il y aurait eu moins de dommages. »

Vous allez me dire, un accident, c’est un de trop. Mais je pense que le sport, tel qu’il est aujourd’hui, est le plus sécuritaire qu’il puisse être.

Stéphan Larouche

Stéphan Larouche est bien conscient qu’un tel accident peut ternir la réputation du sport qui le passionne. Mais à ses yeux, avant d’être un sport dangereux, la boxe est un art.

« Le but ultime en boxe, c’est de frapper plus souvent que l’adversaire. C’est mathématique. Ce n’est pas de faire mal, assure-t-il. C’est d’être le meilleur au niveau de la technique, au niveau de la vitesse, au niveau des déplacements. »

Jean Pascal en réflexion

Jean Pascal, battu à la fin novembre dans un combat contre le champion des mi-lourds de la WBA Dmitry Bivol, n’a toujours pas pris de décision quant à son avenir, mais reconnaît que la situation d’Adonis Stevenson le porte à réfléchir davantage.

« Je ne sais pas si je veux continuer. J’ai encore du gaz dans le réservoir, mais je dois aussi penser à ma famille et à ma santé », dit-il.

L'Hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec a publié un communiqué lundi après-midi. Adonis Stevenson est dans un état stable, mais demeure sous sédation contrôlée.

(Avec les informations de Robert Frosi)

Boxe

Sports