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Éric Lucas se questionne sur les dangers des coups à la tête à la boxe

Il répond aux questions du journaliste.
Éric Lucas se dit plus conscientisé aux dangers des coups à la tête, mais il boxerait quand même aujourd'hui si tout était à refaire. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Rencontré par Radio-Canada, non loin de chez lui, lundi matin à Magog, l'ancien champion des super-moyens du WBC Éric Lucas a parlé du choc subi samedi par Adonis Stevenson comme d'un accident malheureux, qui fait réfléchir sur les dangers des coups à la tête.

« Ce sont des images que l’on ne veut jamais voir, a-t-il confié. On est conscient en tant que boxeur que l’on met notre corps et notre vie en danger. Ce qui est arrivé samedi est désolant. Nous avons tous vu des knock-out, il y en aura toujours en boxe. Mais de se retrouver à l’hôpital et de se battre pour sa vie, c’est sûr que ça vient me chercher en tant que boxeur. »

À la lumière de ce qui s’est joué samedi soir au Centre Vidéotron de Québec, Lucas admet que s’il n’avait probablement pas pris un chemin de carrière différent, il aurait abordé la sienne un peu autrement avec les informations disponibles aujourd’hui liées à la pratique de son sport.

« Je n’ai pas de regrets, mais ça me fait prendre conscience, surtout depuis que je me suis retiré, des coups à la tête et des commotions, a-t-il dit. On parle de boxe, mais on peut aussi parler de hockey et de football. Depuis ma retraite, j’ai lu et j’écoute ce qui se dit là-dessus. Des fois, je me demande si j’aurais boxé si j’avais su tout ça avant. Je pense que j’aurais quand même fait de la boxe, mais j’y aurais pensé un peu plus. Le sport existe depuis des centaines d’années. On est juste plus conscientisés. »

Avec ou sans casque?

Malgré les dangers reliés à la pratique du sport, l'Association internationale de boxe amateur (AIBA) a abandonné le port du casque protecteur pour les participants à ses championnats du monde ou aux Jeux olympiques. Est-ce la voie à suivre? Éric Lucas pense-t-il qu’il faut en faire plus afin de protéger les boxeurs?

Je ne suis pas un spécialiste, mais je ne crois pas que les casques sont si efficaces que ça. Ils protègent les boxeurs contre les coupures. On l’a vu aux derniers Jeux olympiques, les boxeurs n’avaient pas de casque et les combats étaient souvent interrompus à cause des coupures. Je ne pense pas que le casque nous protège des commotions. On en porte au hockey et au football. Je ne pense pas que ça protège contre les commotions.

Éric Lucas

Pour Éric Lucas, la boxe n’est pas le seul sport aux prises avec les risques de la compétition de haut niveau. Il estime même que des drames pourraient également se produire sur d’autres terrains de sport.

« On vit ça dans tous les sports. Pour le football, je pense au film Commotion, que j’ai regardé il n’y a pas longtemps. Ça nous montre les dommages que peuvent causer les contacts solides. Est-ce qu’il y a moins de joueurs de football aujourd’hui? Je ne pense pas. Au hockey, les joueurs sont plus gros, plus puissants. Il y a des mises en échec solides, des blessures sévères. Encore personne n’est mort, mais je pense que ça va arriver un jour. Est-ce que l’on doit arrêter tous les sports de contact? Je ne le crois pas. La médecine étant plus performante, on peut prendre les mesures pour rendre ces sports les plus sécuritaires possible », a suggéré Lucas.

Protéger les boxeurs

Et quelles sont, selon lui, les autres manières de protéger les boxeurs?

Il faut continuer d’évoluer, de faire des examens. Dans le cas d’Adonis, on parle d’une accumulation de coups. Mais est-ce que cela aurait pu se produire avec un seul coup? Un spécialiste peut-il nous dire oui ou non? Probablement que la réponse est oui.

Éric Lucas

« On est à risque à tous les jours dans la vie. On l’est encore en plus à la boxe. Mais quand on monte dans le ring, on le fait de plein gré. On parle du combat de samedi, mais il y a de la boxe tous les jours dans le monde. On se bat un soir, mais on a fait plusieurs combats à l’entraînement pour arriver jusque-là. Il y aura toujours des accidents, que ce soit sur la route ou dans les sports. Que ce soit même en travaillant, il y aura toujours du danger dans la vie. On dit souvent que la vie ne tient qu’à un fil. Ce qui est arrivé samedi, personne ne pouvait le prévoir », a expliqué Lucas.

Il déplore ce qui est arrivé à Stevenson et aimerait que l’on en fasse plus pour protéger les combattants.

Il se porte quand même à la défense du sport qu’il a aimé et qu’il aime encore avec la même passion.

Il faut continuer de suivre l’évolution de la boxe et du sport en général, comme la médecine le fait présentement. Prévenir les commotions le plus possible. Se soigner mieux quand on en subit une. Il faut considérer que l’évènement de samedi est un accident malheureux.

Éric Lucas

« C’est sûr que quand on parle de boxe, le principe est de mettre l’autre K.-O. Mais on ne souhaite jamais de blessures sérieuses. Malheureusement, c’est arrivé samedi », a-t-il conclu.

(Avec les informations de Jean Arel)

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