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« La victoire du sport propre » : Christine Girard reçoit ses médailles olympiques

Christine Girard avec ses deux médailles olympiques Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

L'haltérophile canadienne Christine Girard a reçu lundi, à Ottawa, les deux médailles olympiques qui lui ont été attribuées après la disqualification de rivales pour dopage, des récompenses qu'elle voit comme « la victoire du sport propre ».

Elle a mis la main sur sa médaille d'or chez les moins de 63 kg, qu'elle a décrochée aux Jeux de Londres en 2012, et sa médaille de bronze obtenue dans la même catégorie à Pékin en 2008.

« J'attends ce moment depuis un long moment déjà, ce sont tellement d'émotions que je vis en même temps, a indiqué Girard. Je suis très fière d'être ici aujourd'hui pour recevoir mes médailles, mais pas seulement pour moi, pour ma famille et mes amis qui m'ont encouragée et pour le Canada. »

C'est le 19 avril 2018 que la Québécoise est devenue officiellement championne olympique de 2012.

Pour moi, c’est la victoire du sport propre, et c’est extrêmement important. Il y a plusieurs personnes qui pensent que c’est impossible de se rendre à un haut niveau en restant propre et fidèle à ses valeurs. Ça, c’est la preuve que non, que c’est important de demeurer fidèle à ses valeurs et à celles du pays. C’est ce que ça représente pour moi.

L'haltérophile canadienne Christine Girard

L'athlète originaire de Rouyn-Noranda est la première médaillée d'or en haltérophilie de l'histoire olympique canadienne.

Un podium a été aménagé sur la tribune afin de reproduire la cérémonie de remise des médailles.

Girard a reçu l'or et le bronze des mains de la présidente du Comité olympique canadien (COC), Tricia Smith, sous le regard attentif de son conjoint, de ses trois enfants et de ses deux parents, notamment, au Centre national des arts d'Ottawa.

Christine Girard avec ses trois enfantsChristine Girard avec ses trois enfants Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

En remportant la médaille de bronze aux Jeux de 2008, elle était devenue la toute première femme du pays à décrocher une médaille olympique dans ce sport.

Si Christine Girard reçoit ses médailles longtemps après ses efforts, c'est en raison des nouvelles analyses des échantillons d'urine effectuées par le CIO.

C'est évident que si j'avais eu ma médaille en 2008, les quatre années [suivantes] auraient été complètement différentes. Je me suis entraînée dans un abri d'automobiles, pas chauffé, ç'a vraiment été difficile. C'est sûr qu'il y a un côté un peu amer qui revient avec ces médailles-là, mais j'aime regarder le côté positif.

L'haltérophile canadienne Christine Girard
Christine Girard cache son visage avec ses mains après avoir tenté en vain de soulever la barre.L'haltérophilie Christine Girard aux Jeux olympiques de Londres Photo : Associated Press / Ng Han Guan

En novembre 2016, la Russe Svetlana Tzarukaeva, d’abord médaillée d’argent en 2012, avait été déclarée positive au déhydrochlorméthyltestostérone.

Un mois plus tôt, Tzarukaeva avait hérité de l’or après que de nouvelles analyses eurent révélé que la championne olympique initiale, la Kazakhe Maiya Maneza, avait utilisé des substances interdites.

Il a cependant fallu attendre jusqu’au 5 avril 2017 avant que le Comité international olympique (CIO) confirme que Tsarukaeva perdrait aussi sa médaille. Un jeu de dominos qui permettait à Christine Girard de devenir championne olympique.

À la fin de 2016, le CIO avait informé l'athlète québécoise, 4e aux Jeux de 2008 à Pékin, qu’elle obtiendrait la médaille de bronze à la suite de la disqualification pour dopage de la médaillée d'argent, la Kazakhe Irina Nekrassova.

Apprendre que tu vas du bronze à l'or, c'est quelque chose de bon qui devient excellent. C'est donc positif. Mais d'apprendre qu'une 4e place, qui était un incroyable échec pour moi, difficile à vivre, devenait une victoire, c'était vraiment difficile au début. J'avais l'impression que les quatre années vécues de 2008 à 2012 n'auraient jamais dû être aussi difficiles. Ça m'a pris un petit peu de temps pour digérer ça.

L'haltérophile canadienne Christine Girard

Avant Girard, quelques exemples

La fondeuse Beckie Scott avait reçu sa médaille d'argent des Jeux d'hiver de 2002 lors d'une cérémonie le 25 juin 2004, à Vancouver, après les disqualifications des athlètes russes Larissa Lazutina et Olga Danilova.

Le lanceur de poids Dylan Armstrong avait, lui, reçu sa médaille de bronze des Jeux de 2008 pendant une cérémonie en février 2015 après la disqualification du Bélarusse Andrei Mikhnevich.

« Est-ce qu'on peut vraiment arriver à un sport complètement propre? Je ne le sais pas, mais la lutte [pour y parvenir] en vaut la peine, et je ne suis pas près de baisser les bras », promet Girard.

Christine Girard soulève une barre aux Jeux olympiques de Londres.Christine Girard à Londres Photo : AFP/Getty Images / Yuri Cortez

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