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Patinage artistique : tout sur la finale du Grand Prix de l'ISU en 10 questions

Il salue la foule.
Keegan Messing sera le seul patineur canadien à Vancouver. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Radio-Canada

La finale du Grand Prix de l'ISU mettra en scène la crème des patineurs artistiques de la planète. Seuls les membres du top 6 chez les hommes, les femmes, les couples et en danse sont conviés à Vancouver ce week-end. Tour d'horizon en 10 questions avec notre expert Alain Goldberg.

Une entrevue de Michel Chabot

Q. - Chez les hommes, le champion olympique Yuzuru Hanyu, 1er au classement, est blessé à une cheville et a déclaré forfait. Ça ouvre la porte à Keegan Messing, qui sera le seul Canadien à Vancouver.

R. Il va fêter Noël avant le temps parce qu’aller dans ce championnat-là, c’est aller dans la cour des grands. Il a été 2e des Internationaux Patinage Canada et malheureusement, à la Coupe de Russie, il n’a amassé que sept points, un résultat assez pitoyable. Et ça l’a classé 7e, tout de suite en dessous des six qualifiés.

La finale du Grand Prix de l'ISU à Vancouver est présentée dès jeudi sur ICI TÉLÉ et en webdiffusion par Radio-Canada Sports. Cliquez ici pour le détail de notre calendrier de diffusions.


Q. - L’absence de Hanyu est regrettable, mais on aura tout de même droit à toute une compétition chez les hommes.

R. C’est très relevé, plus que jamais! Les patineurs font trois ou quatre quadruples sauts dans leurs chorégraphies.

L’autre Japonais, Shoma Uno, est très fort : 2e aux Jeux olympiques, 2e aux Championnats du monde… Autant dire que c’est du beau monde. Il y a aussi l’Américain Nathan Chen qui est devenu champion du monde tout de suite après les Jeux de Pyeongchang.

Nathan ChenNathan Chen Photo : Getty Images / Jean-Pierre Clatot

Q. - La Canadienne Katelyn Osmond a pris une année sabbatique, sa compatriote Gabrielle Daleman se repose. Même chez les couples et en danse, il n’y a pas de Canadiens à Vancouver. Est-ce normal dans un nouveau cycle olympique?

R. En fait, on est victime des grands succès des Jeux olympiques. Les patineurs ont fait beaucoup d’efforts et de travail au cours des quatre dernières années, et ils ont tous plus ou moins décidé de surseoir une année pour reprendre des forces et continuer à participer aux championnats.

Mais tous ceux qui se sont lancés dans ce genre de plaisanteries en ont payé le prix. Il semble très difficile de décrocher pendant une année et de reprendre le cours des compétitions internationales tellement le niveau est élevé.


Q. - Chez les femmes, à quoi peut-on s’attendre?

R. À une compétition hors du commun. Il y a trois Russes et trois Japonaises, dont une patineuse exceptionnelle qui est Alina Zagitova, la championne olympique. À mon avis, elle est l’une des plus belles patineuses de la compétition. Elle est la favorite, mais sa compatriote Elizaveta Tuktamysheva, qui fait le triple axel, fait un retour. Elle n’était pas à Pyeongchang ni aux mondiaux. C’est très bien qu’elle revienne au plus haut niveau, je crois qu’elle fera bonne figure. Mais a priori, Zagitova l’emporte.

Alina Zagitova réagit à sa victoire aux Jeux olympiques de 2018Alina Zagitova Photo : Getty Images / Jamie Squire

Q. - Et les Japonaises Rika Kihira et Satoko Miyahara?

R. Elles sont très bonnes et ont des chances de monter sur le podium. Le patinage japonais, c’est un peu comme le patinage russe. Ce pays a de très bonnes patineuses, très puissantes, avec de très faibles poids de corps, donc des caractéristiques uniques qui permettent de faire les triples sauts et même les quadruples, qui sont en train d’arriver.

Certaines patineuses chez les juniors commencent à faire des quadruples, mais il n’y en a pas parmi les finalistes à Vancouver.

Le patinage a énormément progressé, ce qui fait qu’on a changé la réglementation parce qu’on trouvait que les patineurs mettaient trop de quadruples sauts et délaissaient l’artistique.


Q. - Chez les couples, les Français Vanessa James et Morgan Cipres, 1rs au classement du Grand Prix, doivent-ils être considérés comme favoris?

R. Tout à fait. Ils ont un physique exceptionnel! Lui, c’est un athlète que vous voudriez voir être embauché par le Canadien de Montréal! Et elle, elle a une silhouette et une allure grandiose! Ça forme un couple incroyable.

Jusqu’à cette année, ils avaient du mal à tenir les programmes et ils sont partis s’entraîner aux États-Unis avec John Zimmerman, qui a lui-même été champion américain en couple.

Leur progression a été fulgurante. Ils font un très, très beau programme. Ce qu’ils ont fait aux Internationaux Patinage Canada était prodigieux. Par la suite, ils ont réédité l’exploit au Trophée de France, à Grenoble, où ils ont à nouveau très bien patiné, donc ils semblent assez stables.


Q. - Et les Russes Tarasova et Morozov?

R. Très bons... Leur chorégraphie est moins bien que celle des Français, mais il ne faut pas que ceux-ci fassent une seule erreur. Vous observerez, quand les couples font une erreur, c’est quand ils font les sauts côte à côte ou les pirouettes synchronisées.


Q. - Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro n'ont pu se qualifier pour Vancouver. Voyez-vous de l’espoir pour les couples canadiens dans les prochaines années?

R. C’est très difficile à dire. En ce moment, il n’y a pas une relève exceptionnelle qui peut remplacer Meagan Duhamel et Eric Radford. Ça va prendre un peu de temps quand même.

En danse, des couples pourraient apparaître, mais on va avoir une période assez creuse. À moins que tout d’un coup arrive un miracle, qu’un patineur passe du novice aux seniors comme l'avait fait un Elvis Stojko.

Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro durant leur prestation du programme libre en couples au Trophée NHK d'Hiroshima, au JaponKirsten Moore-Towers et Michael Marinaro durant leur prestation du programme libre en couples au Trophée NHK d'Hiroshima, au Japon Photo : The Associated Press / Koji Sasahara

Q. - En danse, les Canadiens Piper Gilles et Paul Poirier sont 8es cette année. Ce n’est pas bon signe…

R. En danse, il y a une tradition. Avant de la renverser, c’est très difficile, quoique Cizeron et Papadakis, les Français, sont passés de la 17e place au titre de champions du monde en une saison. C’était incroyable d’ailleurs.


Q. - À Vancouver nous aurons les Américains Madison Hubbell et Zachary Donohue ainsi que les Russes Alexandra Stepanova et Ivan Bukin. Que voyez-vous comme dénouement?

R. Je pense que les Américains peuvent l’emporter, mais Stepanova-Bukin, ce n’est pas mal non plus. Et les autres Russes, Sinitsina-Katsalapov, je crois que vous les aimerez aussi. Ils sont excellents, très belle chorégraphie. J’ai apprécié.

Zachary Donohue (à gauche) et Madison Hubbell Zachary Donohue (à gauche) et Madison Hubbell Photo : Getty Images / Lindsey Wasson

Vous savez que c’est comme un défilé de mode la danse sur glace. On sort les nouveaux programmes et les nouveaux costumes comme pour la mode vestimentaire. Alors là, ils se sont tous habillés d’un certain style de patinage assez langoureux. Ils se sont laissés influencer par les patineurs français. Est-ce que c’est bien ou pas? Je vous dirais que ça fait que tout le monde se court après dans le même genre et c’est un peu dérangeant.

J’espère que certains vont apparaître avec des programmes plus détachés des autres. C’est à voir.

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