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Hugo Richard veut être un quart dans la LCF et réussir où plusieurs ont échoué

Hugo Richard
Hugo Richard Photo: La Presse canadienne / Peter Power

Hugo Richard a quitté le football universitaire sous les confettis à l'issue d'un éclatant dernier tour de piste à la Coupe Vanier. Il aspire à prolonger sa carrière en devenant professionnel, si possible sans devoir abandonner son poste de quart-arrière pour une nouvelle position.

Un texte de Félix St-Aubin

Hugo Richard aurait difficilement pu laisser davantage sa marque dans l’U Sports.

Il a récemment raffermi sa place parmi les grands quarts de l’histoire du circuit avec une deuxième conquête de la Coupe Vanier en trois participations consécutives, après avoir abattu nombre de records du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) quelques semaines auparavant.

Parmi tous les quarts ayant tenté au moins une passe dans la Ligue canadienne de football (LCF) en 2018, de Johnny Manziel à Jeremiah Masoli, en passant par Chris Streveler, un seul était Canadien : le Torontois Brandon Bridge avec les Roughriders de la Saskatchewan.

Les Canadiens qui réussissent à décrocher un poste de quart dans la LCF, que ce soit comme substitut ou même dans l’équipe d’entraînement, font figure d’exceptions. Cela n’empêche toutefois pas Richard d’espérer pouvoir renverser cette tendance, tout en demeurant bien lucide.

Je vais tenter au maximum de mes moyens, c’est sûr que je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour avoir une chance comme quart-arrière. C’est très difficile, les probabilités que ça se produise sont minces, mais je vais quand même tenter l’expérience.

Le quart-arrière Hugo Richard

Ses prestations inspirées durant cinq campagnes sous les couleurs du Rouge et Or font croire à Mathieu Bertrand, également un ancien de l’Université Laval à titre de quart, que Richard possède tous les outils nécessaires pour jouer à sa position naturelle et éviter d'en apprendre une nouvelle.

« Je crois que Hugo a la capacité, le bras et l’endurance pour jouer dans la LCF en tant que quart-arrière. Je ne pense pas qu’il devrait avoir à changer de position pour pouvoir faire cela », confie le coordonnateur des unités spéciales et entraîneur des centres-arrières du Rouge et Or.

Honneurs et records enregistrés par Hugo Richard avec l'Université Laval

  • Joueur par excellence de la Coupe Vanier (2016 et 2018) et du RSEQ (2014, 2017 et 2018)
  • Recrue par excellence de l'U Sports (2014)
  • Première équipe d'étoiles du RSEQ (2014, 2017 et 2018)
  • Deuxième équipe d'étoiles de l'U Sports (2014, 2017 et 2018)
  • Plus de passes de touché réalisées en un match (7), une saison (22) et en carrière (70) dans le RSEQ

« Hugo a le jeu de pieds, la tête et il est habitué au football canadien. Je crois fermement que si une équipe lui laisse une chance, elle aura une très belle surprise », ajoute Bertrand.

L’auteur de 70 passes de touché, un record du RSEQ, n’est pas fermé à l’idée d’emprunter une autre avenue pour poursuivre sa carrière de footballeur. « Je vais peser le pour et le contre rendu là, mais c’est certain que je suis très ouvert à essayer. »

Hugo Richard et Mathieu Bertrand ont déjà eu une discussion à ce sujet. L’instructeur du Rouge et Or s'est lui-même posé la question il y a une quinzaine d’années lorsqu’il a accédé à la LCF.

Ryan Hinds (gauche) et Mathieu Bertrand (droite)Ryan Hinds (gauche) et Mathieu Bertrand (droite) Photo : La Presse canadienne / John Ulan

L’homme désormais âgé de 40 ans avait opté pour la position de centre-arrière avec les Eskimos d'Edmonton, au détriment de celle de quart-arrière, notamment en raison de diverses blessures à une clavicule, à une épaule et à un coude.

« Je lui en ai parlé un petit peu, il sait c’est quoi le changement de position. Ce qu’il m’a dit, c’est que c’était très dur pour le corps, explique Richard. N’empêche, il me conseille beaucoup d’essayer de rester à ma position. Il croit que je suis capable de jouer dans la LCF comme quart-arrière. Ça m’encourage beaucoup, c’est sûr que ce serait la position optimale pour moi. »

L’héritage de Richard

Si la deuxième portion de la carrière de Richard avec le Rouge et Or s’est inscrite dans la réussite, on ne peut pas en dire autant de la première, marquée par deux échecs qui ont semé des doutes sur ses capacités à transporter l'Université Laval jusqu’aux grands honneurs.

Quand Hugo est arrivé ici, en provenance du Collège de Vanier, c’était un super espoir. Il avait toujours gagné là où il était passé, donc il avait un potentiel extraordinaire. Il a eu beaucoup de pression parce qu'il a eu l’occasion de commencer à sa première année, ce qui est un peu un couteau à double tranchant dans un gros programme comme le nôtre.

Mathieu Bertrand, coordonnateur des unités spéciales et entraîneur des centres-arrières au Rouge et Or

« Je dirais que ç’a été rock and roll un peu au début avec l’apprentissage du livre de jeux. J’étais très jeune, encore très émotif sur le terrain, se remémore Richard.

« Ça m’a appris beaucoup, j’ai acquis énormément d’expérience. Il n’y a absolument rien comme jouer au football. Le fait d’avoir eu la possibilité de jouer dès mon premier match a fait une grosse différence dans mon développement, j’en suis persuadé. »

Hugo Richard est débarqué sur le campus de l’Université Laval en 2014, au beau milieu de la saga Alex Skinner. Une suspension de trois matchs imposée au quart ontarien à la suite d’incidents survenus l’année précédente avait ouvert la voie à la verte recrue.

Vainqueur du championnat national une saison plus tôt, Skinner n’a plus jamais lancé un ballon pour le Rouge et Or en raison des brillantes performances de Richard.

Quasiment du jour au lendemain, je me suis ramassé à être le seul quart qui pouvait jouer. Non seulement Alex Skinner avait été suspendu, mais Antoine Leduc avait aussi pris sa retraite […] Ça m’a mis énormément de pression.

Hugo Richard

Trois matchs, dont un préparatoire, lui ont suffi pour confirmer son rôle de quart partant dans le programme de football universitaire le plus riche en histoire d’un océan à l’autre. Richard n’a tout simplement pas laissé le choix à ses supérieurs.

Hugo Richard (no 4) et Maïko Zepeda (no 20)Hugo Richard (no 4) et Maïko Zepeda (no 20) Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

« Il a super bien performé, il a été [nommé] recrue [par excellence] au Canada, mais malheureusement en séries, on a perdu la Coupe Dunsmore à ses deux premières saisons, se souvient Bertrand. Ç’a été la partie un peu plus difficile de son parcours. »

La première de deux défaites successives en finale québécoise, qui survenait après les sacres à la Coupe Vanier de 2012 et 2013, a mis un frein à une séquence heureuse de 11 triomphes provinciaux chez les Rouges.

« Je m’en voulais beaucoup et je me mettais beaucoup de pression parce que pour les finissants, j’étais en partie la raison pour laquelle leur dernier match s’est conclu par une défaite […] Je me sentais très mal d’avoir déçu mes coéquipiers », révèle Richard.

« C’est quelqu’un qui n’a jamais eu peur des défis et des grands matchs, qui performe très bien sous pression, de poursuivre Bertrand. Ce n’était pas nécessairement tout le temps de sa faute quand on a perdu à la Coupe Dunsmore. Ç’a toujours été un grand joueur des grandes occasions. »

Face à son incapacité d’emboîter le pas de ses prédécesseurs après qu’il eut coup sur coup baissé pavillon devant les Carabins au tour décisif, l’incertitude s’est installée dans l’esprit des partisans.

C’est sûr que Hugo a vécu toute la pression du monde. Québec, c’est une grande ville, mais en même temps c’est un grand village. Les gens sont extrêmement fiers du Rouge et Or, ils ont vu plusieurs quarts-arrières au cours des années, il y a eu beaucoup d’équipes championnes […] Les fans sont gâtés, et je pense qu’à un moment donné après la deuxième défaite, ils commençaient à douter si on avait le bon quart pour nous faire gagner. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il s’agit d’une affaire d’équipe, ce n’était pas juste Hugo et de sa faute.

Mathieu Bertrand, coordonnateur des unités spéciales et entraîneur des centres-arrières au Rouge et Or de l'Université Laval

Les doutes se sont cependant dissipés l’année suivante à la Coupe Dunsmore lorsque Richard a conduit les siens à la victoire sur l’ultime série offensive, qui plus est, au CEPSUM.

Le succès s’est aussitôt remis à coller à la peau du Rouge et Or, qui a du même coup retrouvé sa place sur son trône.

« J’avais la mentalité de quelqu’un qui voulait laisser sa trace au football universitaire québécois et canadien. Je pense que j’ai réussi, j’ai accompli ça, se félicite Richard. Je ne pensais peut-être pas que ça allait arriver à ce point-là, mais évidemment c’est ce que je visais. Je voulais être un joueur d’impact pour mon équipe, un joueur qui allait faire la différence. »

« Quand j’ai commencé, si on m’avait dit que ça allait finir comme ça, je n’y aurais pas cru, renchérit-il. Ça fait en sorte que je suis extrêmement satisfait et content de la façon dont ça se termine. »

Chris Merchant (gauche) et Hugo Richard (droite)Chris Merchant (gauche) et Hugo Richard (droite) Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

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