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chronique

Le Canadien frappe tout ce qui bouge, est-ce bon signe?

Brendan Gallagher entre en contact avec Chris Wagner, des Bruins
Brendan Gallagher entre en contact avec Chris Wagner, des Bruins Photo: Getty Images / Minas Panagiotakis
Martin Leclerc

Le Canadien glissait depuis la fin d'octobre et la tendance s'accentuait. Or, l'équipe a compilé une fiche de 0-3-2 et connu son pire segment de la saison au cours des cinq derniers matchs. Aucune équipe de la LNH n'a fait pire durant cette période.

Les entraîneurs de haut niveau aiment souvent décortiquer le calendrier de leur équipe de hockey en tranches de cinq matchs afin d’aider leurs joueurs à se concentrer sur des objectifs à court terme et aussi afin de mieux mesurer la progression de leur groupe. Dans cette perspective, voici notre cinquième analyse (matchs 21 à 25) de l’intéressante saison 2018-2019 du Canadien.

En défense, le CH a accordé 94 chances de marquer de qualité au cours des cinq dernières rencontres. C’est un peu moins que les 100 lors des matchs 16 à 20, mais ça reste tout de même une augmentation de plus de 47 % par rapport à ce qu’on avait vu dans les trois premières tranches du calendrier.

Cette multiplication des chances de marquer adverses place les gardiens dans une situation difficile. En quatre départs, Carey Price a maintenu un taux d’efficacité de ,874. Dans sa seule sortie, Antti Niemi est toutefois parvenu à afficher un excellent ,925.

Curieusement, l’attaque du Tricolore a produit son plus haut total de chances de marquer de qualité (84) durant cette séquence. Mais l’équipe n’est parvenue à concrétiser que 11 de ces occasions. C’est la première véritable panne offensive enregistrée cette saison.

Des statistiques de matamores

Posez la question à n’importe quel observateur ou partisan de l'équipe. Il vous dira que la formation montréalaise est jeune, peu imposante physiquement et que son style de jeu est axé sur la vitesse et les transitions rapides.

Pourtant, le Canadien occupe le 3e rang de la LNH en ce qui a trait au nombre de mises en échec distribuées (657) depuis le début du calendrier. Les Golden Knights de Vegas (716) et les Penguins de Pittsburgh (709) occupent les deux premiers échelons dans cet aspect du jeu.

Il s’agit de chiffres extrêmement surprenants. Mais s’agit-il d’une bonne nouvelle? Pas nécessairement parce que cette statistique camoufle parfois un taux de possession de rondelle déficient.

Depuis la saison 2012-2013, quand il connaissait du succès, le Bleu-blanc-rouge flirtait surtout avec le dernier tiers ou la deuxième moitié de la LNH pour les mises en échec données. Cette situation a changé de façon draconienne la saison dernière. Les hommes de Claude Julien ont distribué le plus haut total de mise en échec de la ligue (2169), mais bouclé le calendrier au 28e rang.

Le retour de Shea Weber

Le dernier segment a aussi été marqué (c’est le cas depuis le 23 octobre) par un incessant jeu de chaise musicale à la ligne bleue.

Shea Weber est revenu au jeu lors du dernier match et sa présence a semblé avoir un effet stabilisateur sur le reste des troupes. Le CH n’a accordé que 10 chances de marquer de qualité aux Hurricanes mardi dernier.

Le capitaine du Canadien Shea Weber effectuait son retour au jeu contre les Hurricanes de la Caroline.Le capitaine du Canadien Shea Weber effectuait son retour au jeu contre les Hurricanes de la Caroline. Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Brett Kulak, qui jouait dans la Ligue américaine depuis le début de la saison, s’est retrouvé au sein du deuxième duo dès son troisième match avec le CH. Et malgré un manque évident de constance dans son jeu, David Schlemko ne cesse de se faire confier des responsabilités supplémentaires. Deuxième défenseur pour le temps d'utilisation (105 minutes), Schlemko a présenté un bilan défensif de -5, le pire de l’équipe.

Pendant ce temps, Xavier Ouellet et Mike Reilly ont pris le chemin de la passerelle de presse. Le niveau de confiance des entraîneurs envers Reilly est clairement en chute libre depuis le début du calendrier. L’Américain avait obtenu 116 minutes de jeu dans le premier segment de cinq matchs. Son utilisation a ensuite chuté à 106, 93, 63 et 33 minutes lors des quatre tranches suivantes. Voilà qui est fort révélateur.

Les unités spéciales

L’attaque massive du Canadien occupe le 30e rang dans la LNH avec un taux de réussite global de 14,4 %. Au cours des cinq dernières rencontres, cette unité a cependant fait mouche trois fois et présenté un taux de succès de 18,8 %.

L’unité de désavantage numérique, par contre, n’a réussi que 71,4 % de ses missions. C’était d’ailleurs exactement la même chose dans le segment précédent. C’est une source de préoccupation constante puisque ce problème perdure depuis le début de la saison 2017-2018.

Cette saison, les hommes de Claude Julien ont connu une seule bonne séquence de cinq matchs à court d’un homme. Ils avaient réussi à défendre 95 % de leurs punitions dans les matchs 11 à 15. Leur taux de réussite a été inférieur à 77 % dans tous les autres segments.

Le tableau

Voici un tableau illustrant le nombre de chances de marquer par tranche de 60 minutes de jeu obtenu par chaque joueur du Tricolore au cours de la dernière tranche de cinq matchs (de 21 à 25), en comparaison avec le rendement fourni au quatrième segment du calendrier :

Hudon et Lehkonen : le mystère s’épaissit

Depuis le début de la saison, chaque fois que nous produisons ce rapport, Charles Hudon et Artturi Lehkonen figurent parmi les attaquants les plus prolifiques quant à la quantité de chances de marquer obtenues par 60 minutes de jeu.

Encore cette semaine, Hudon (7,83 chances) et Lehkonen (7,10) détiennent les 2e et 3e rangs de leur équipe pour ce qui est du dynamisme offensif. Mais ne tentez pas d’expliquer pourquoi ils ne marquent pas davantage, vous y perdrez votre latin.

Parmi les 284 attaquants de la LNH ayant disputé au moins 80 matchs depuis le début de la saison 2017-2018, Hudon (6,1 % des tirs convertis en buts) et Lehkonen (6,4 %) sont respectivement 13e et 20e parmi ceux qui ne saisissent pas leurs occasions. Hudon compte 3 buts à sa fiche cette saison et Lehkonen en a marqué 2.

Charles Hudon manie la rondelle pendant un match du CanadienCharles Hudon Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Tourner le dos à ce genre de jeunes joueurs, mais générant autant d’attaque, peut s’avérer une fort mauvaise idée. Les Blue Jackets de Columbus l’ont fait avec William Karlsson à l’été 2017 et ce dernier est devenu un marqueur de 43 buts la saison passée à Vegas.

Drouin est en pleine ascension

Oui, Jonathan Drouin perd souvent le disque aux mains de l’adversaire, mais c’est l’apanage de tous les joueurs de la LNH qui sont souvent en possession du disque.

On soulignait dans notre dernier rapport que Drouin connaissait ses meilleurs moments dans la LNH. Or, il s’est avéré encore plus dynamique durant le dernier segment de 5 matchs en récoltant 6,38 chances de marquer par tranche de 60 minutes. Drouin a d’ailleurs été plus utilisé que jamais durant ce laps de temps, avec pas moins de 94 minutes de jeu (près de 19 minutes par rencontre).

Jonathan Drouin reçoit les félicitations de ses coéquipiers après avoir marquéJonathan Drouin reçoit les félicitations de ses coéquipiers après avoir marqué contre les Red Wings de Détroit, lundi. Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Cette saison, à chaque tranche de cinq matchs, le nombre de chances de marquer obtenues par Drouin n’a jamais cessé de progresser. Il se situait à 2,64 en début de calendrier. Et conséquemment, une première saison de 30 buts semble de plus en plus à sa portée.

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