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chronique

Raptors-Warriors : un avant-goût de la finale de la NBA?

Klay Thompson des Warriors de Golden State dribble devant Pascal Siakam des Raptors à Toronto, le 13 janvier 2018.
Klay Thompson des Warriors de Golden State dribble devant Pascal Siakam des Raptors à Toronto, le 13 janvier 2018. Photo: Reuters / USA Today Sports
Olivier Paradis-Lemieux

BILLET - Après le premier quart de la saison, les Raptors trônent au sommet du classement général de la NBA avec un écart appréciable sur l'ensemble des autres équipes du circuit Silver. Mais Toronto entame jeudi soir contre les doubles champions (en crise) de la NBA, une séquence ardue qui pourrait révéler la vraie nature de la troupe de Nick Nurse.

Les Raptors ont commencé la saison en lion, remportant 12 de leurs 13 premiers matchs. Leur seule défaite, assez sévère aux mains des Bucks de Milwaukee qui se sont établis comme leur principal rival dans l’Est, soulevait déjà la question si cette équipe ressemblait à celle de l’an dernier : impériale face à adversaires inférieurs, mais poussive contre des équipes de même niveau.

Puis, un petit relâchement s’est soldé par une série de trois défaites, qui s’est conclue avec l'un des matchs de l’année jusqu’à maintenant dans la NBA contre les Celtics de Boston. Ces derniers ont gagné en prolongation après que Danny Green et Pascal Siakam eurent été expulsés pour accumulation de fautes.

Depuis, les Raptors ont gagné leurs six derniers matchs, alors que les Celtics vivotent autour de la barre de ,500, freinés par la guigne de la deuxième année qui semble avoir frappé Jayson Tatum et par l’incapacité de Gordon Hayward de retrouver le niveau qui avait fait de lui un homme très riche avant sa double fracture à la jambe dans les premières minutes de la dernière saison.

Avec une fiche de 18 victoires et 4 défaites, les Raptors ont trois matchs d’avance sur les Bucks (14-6)… et sur les Warriors de Golden State (15-7), qui s’amènent jeudi soir à Toronto dans un match que le garde Klay Thompson a qualifié d’aperçu de la finale en juin prochain.

« Présentement, ils sont les meilleurs et ils devraient l’être pour encore un moment », a affirmé l’autre membre avec Stephen Curry des Splash Brothers.

Rarement a-t-on entendu un des joueurs membres de la dynastie californienne qualifier quelque autre équipe que ce soit de meilleure que les Warriors dans les quatre dernières années. Même après la victoire des Cavaliers en finale en 2016, l’épithète n’était prononcée que du bout des lèvres à propos de l’ancienne équipe de LeBron James.

Les Warriors sont toutefois en crise depuis quelques semaines.

Le malaise lié à la situation contractuelle de Kevin Durant, qui sera joueur autonome cet été et qui n’a rien fait pour repousser les rumeurs que cette saison sera la dernière de son association avec les Warriors, a éclaté au grand jour après une prise de bec en fin de match avec Draymond Green. Le bouillant ailier fort, moteur émotionnel de Golden State, s’est valu un match de suspension sans salaire de son équipe pour avoir invectivé Durant.

Les deux hommes ont depuis fait la paix, publiquement, mais les traces de la dissension demeurent.

Kevin Durant tente de calmer le bouillant Draymond Green lors d'un match contre le Jazz.Kevin Durant tente de calmer le bouillant Draymond Green lors d'un match contre le Jazz. Photo : Getty Images / Gene Sweeney Jr.

Stephen Curry soigne quant à lui une blessure à l’aine depuis une dizaine de matchs, soit la moitié de la saison jusqu’à maintenant.

En son absence, la structure offensive dominante des Warriors s’est écroulée, et Durant a pris quelques matchs pour se mettre réellement en marche. Ses meilleures performances (44 et 49 points notamment à ses deux derniers matchs) sont d’ailleurs survenues une fois que Green a quitté la formation, d’abord pour sa suspension, puis pour une blessure à un orteil, peut-être salutaire pour l’esprit d’équipe des champions.

Jeudi soir, Green sera à nouveau absent contre les Raptors, mais Stephen Curry pourrait être de retour. Avec des Warriors diminués, il sera difficile d’évaluer avec précision la tenue de l’une et l’autre des formations, et surtout des unités de cinq choisies par les entraîneurs. Si ce duel est pour être répété en juin avec le trophée Larry-O’Brien à la clé, l’on aura peut-être que des réponses partielles sur la façon dont le duel pourrait tourner.

Heureusement, les deux équipes se feront face de nouveau le 12 décembre prochain à Oakland pour la dernière fois de la saison.

Ces deux matchs contre les Warriors sont toutefois loin d’être les seuls baromètres que rencontreront les Raptors dans les prochaines semaines. Des 12 matchs que devra jouer Toronto jusqu’à Noël, 10 seront contre des formations qui ont une fiche positive : les Warriors, les Nuggets (14-7) et les 76ers (14-8), deux fois, les étonnants Clippers (13-6), les Bucks (14-6), les Trail Blazers (12-8) et les Pacers (13-8), une fois.

L’an dernier, les Raptors n’avaient montré qu’une fiche de 24-21 contre les équipes gagnantes, un indicateur assez fiable de la puissance réelle d’une formation, alors qu’ils avaient été presque parfaits contre les équipes perdantes (35-2).

Depuis le début de la saison, Toronto continue d’accumuler les victoires contre les équipes avec une fiche inférieure à 0,500 (11-1), mais fait pour l’instant mieux que la saison précédente contre de potentiels adversaires en éliminatoires (7-3).

Même si les Raptors dominent jusqu’à présent, le matin du 25 décembre, leurs partisans auront sous le sapin un bien meilleur portrait de cette version de l’équipe.

L’émergence de Siakam

L’ailier fort camerounais Pascal Siakam est l’un des plus sérieux candidats au titre de joueur le plus amélioré dans la NBA. En fait, le joueur de troisième année, nommé joueur de la semaine de l’Est à une reprise cette saison, pourrait même accompagner Kyle Lowry et Kawhi Leonard au match des étoiles en février.

Même s’il est surtout réputé pour son effort constant des deux côtés du terrain, c’est surtout en zone adverse que la progression de son jeu est la plus notable. Siakam a doublé sa production offensive cette année, passant de 7,3 à 14,3 points par match en moyenne.

Avec une touche fort améliorée près du panier, Siakam est au 3e rang de la NBA pour les points par possession, à 1,24, juste devant Stephen Curry (1,21/possession), qui, lorsqu’il est en santé, a toutefois plus du double de possessions par match. Son travail défensif lui fait prendre souvent quelques fautes de trop, ce qui force Nurse à l’asseoir plus tôt que prévu, mais quand il joue (en moyenne 30 des 48 minutes), Toronto domine.

Pascal Siakam (43) est au 5e rang de la NBA pour le pourcentage de réussite de ses tirs (0,630).Pascal Siakam (43) est au 5e rang de la NBA pour le pourcentage de réussite de ses tirs (0,630). Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Quand il est sur le terrain, les Raptors inscrivent 15,3 points de plus que leurs adversaires. Le meneur dans cette catégorie? Son coéquipier Danny Green, en pleine cure de jouvence depuis qu’il s’est amené avec Leonard de San Antonio.

Leader incontestable des Raptors sur le terrain et dans le vestiaire, Kyle Lowry est quant à lui entièrement remis du départ crève-coeur de son meilleur ami, DeMar DeRozan. Le meneur de jeu est le seul joueur de la NBA à amasser plus de 10 passes décisives par match. Et, à 32 ans, le ralentissement attendu de sa production attendra encore un peu.

Toronto creusait l’écart l’an dernier à l’aide de ses formidables réservistes. Mais cette année, ce sont les partants qui font le plus gros du travail. Et c’est une excellente nouvelle considérant que dans les séries, ce sont eux qui jouent la majorité des minutes disponibles.

Leonard dans ses souliers

L’énigmatique Leonard sort aussi de plus en plus de sa coquille, même s’il reste un apôtre de la discrétion médiatique.

La semaine dernière, l’ailier étoile et meilleur joueur défensif en 2015 et en 2016 a même écopé de la première faute technique de sa carrière pour avoir lancé quelques remontrances à un arbitre après un appel contre lui. Pour un joueur qualifié de robotique et dénué d’émotions, ce coup de sang était signe qu’il a vraiment adopté les Raptors comme son équipe… du moins pour cette saison.

Son ancien entraîneur, le réputé Gregg Popovich, a d’ailleurs envoyé une pointe à celui qui a tourné le dos aux Spurs la saison dernière, affirmant que même s'il est « un grand joueur, Leonard n’avait jamais été un leader ».

Kawhi Leonard des Raptors de TorontoKawhi Leonard des Raptors de Toronto Photo : usa today sports / USA Today Sports

Avant, l’ailier de 27 ans n’aurait probablement rien répondu, laissant la critique filer sur sa robuste échine, mais il a tenu à rétorquer à son ancien entraîneur qu’il était « un leader par l'exemple ». Une défense un brin timide, à l’image de l’homme.

Sans prendre parti pour Popovich, même s'il est assurément entièrement dédié à son sport, Leonard conserve une propension à jouer à un contre un, souvent isolé de son côté du terrain. Ce qui entraîne des coups d’arrêt dans le jeu des Raptors. Mais pour l’instant, avec les victoires qui continuent de s’empiler à Toronto, l’individualisme de Leonard n’a pas encore créé de remous.

Enfin, s’il est toujours impossible de savoir si l’entreprise de séduction envers Leonard a percé sa carapace – le joueur autonome en juillet ne fait que répéter qu’il n’est concentré que sur la présente saison –, l’ailier est devenu mercredi le nouveau visage de l’équipementier New Balance.

Une bonne nouvelle pour la seule équipe canadienne, qui n’aura pas à voir Leonard douter qu’il peut décrocher pareil contrat, crucial pour un joueur de sa trempe. Pour s’assurer de ses services pour encore longtemps, il ne reste maintenant qu’à gagner le championnat.

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