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Tennis Canada dresse un bilan mi-figue mi-raisin

Denis Shapovalov
Denis Shapovalov Photo: Getty Images / Matt Roberts

Les ascensions récentes de Félix Auger-Aliassime, Milos Raonic et Denis Shapovalov ont permis au tennis masculin canadien de se hisser dans l'élite de l'ATP. Une nouvelle garde féminine pousse dans la même direction et fait rêver l'état-major de Tennis Canada.

Les dirigeants de la fédération se sont donné rendez-vous mercredi au stade IGA afin de dresser leur bilan annuel qu'ils qualifient de « satisfaisant ».

Les performances enregistrées par les raquettes masculines cette saison aux quatre coins du globe ont comblé de bonheur les membres de la direction, dont Louis Borfiga.

Le vice-président du développement de l’élite se frotte les mains de satisfaction lorsqu'il jette un regard sur le classement mondial et constate que le drapeau unifolié se retrouve non loin du sommet. Il affiche également un large sourire en évoquant la profondeur des effectifs.

« Il est évident que du côté des hommes, les résultats ont été assez exceptionnels. Le Canada a quand même deux joueurs qui sont classés dans le top 30 à la fin de l'année [...] Au-delà de ça, on a maintenant six joueurs dans le top 170 [top 180, NDLR]. »

Milos RaonicMilos Raonic Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Nations avec le plus de joueurs dans le top 30

  • 4 joueurs : Espagne
  • 3 joueurs : France
  • 2 joueurs : Argentine, Canada, Croatie, Italie et Russie
  • 1 joueur : 13 pays

« C'est intéressant d'avoir une bonne base quand on veut être une nation forte au niveau international, renchérit Borfiga. C'est très important, ça prouve que le travail est aussi fait en profondeur. »

Ladite profondeur se traduit notamment par un abonnement dans le groupe mondial de la Coupe Davis depuis 2012.

Sept ans d'affilée, ce n'est pas rien. J'ai comparé avec d'autres pays, l'Espagne est descendue une fois [en 2014], tout comme la République tchèque [en 2017]. De grandes nations ont été rétrogradées, mais le Canada a réussi à [...] se maintenir dans le groupe mondial.

Louis Borfiga, vice-président du développement de l’élite chez Tennis Canada

« Comme la Coupe Davis va changer, presque disparaître, eh bien, ça veut dire qu'on ne sera jamais descendu. C'est quand même fantastique. La réforme de la Coupe Davis a au moins eu un avantage », dit-il à la blague.

Déception chez les femmes

Borfiga ne s'en cache pas, les résultats des raquettes féminines en 2018 ne s'inscrivent pas dans la même lignée que ceux des hommes, malgré quelques prestations dignes de mention et le retour inespéré de Rebecca Marino après cinq années loin des courts de tennis.

« Comme on est ambitieux, on aurait aimé faire mieux parce qu'on met maintenant la barre très haut. On n'a qu'une joueuse dans les 100 premières, ça ne nous satisfait pas. »

« Ç'a été un peu plus difficile chez les femmes, il y a eu des blessures et aussi de petites déceptions », a poursuivi l'entraîneur national responsable du programme féminin, Sylvain Bruneau.

Eugenie BouchardEugenie Bouchard Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Eugenie Bouchard est l'unique joueuse canadienne parmi le top 100. La Québécoise pointe au 88e échelon à l'issue d'une campagne où elle a participé à 19 compétitions de la WTA, dont 3 des 4 levées du grand chelem.

Bouchard, qui n'a pas réussi à se tailler une place dans le tableau principal de Roland-Garros, a maintenu un rendement de 27 victoires contre 19 revers, sans toutefois remporter de tournoi.

« Elle avait trois gros objectifs à atteindre en 2018 : elle devait jouer des matchs, se remettre en forme physique et trouver de la stabilité dans son entourage, a énuméré Bruneau. Je dirais qu'elle a atteint deux de ces trois objectifs. Elle a disputé de nombreux matchs et a démontré qu'elle était plus performante, plus forte, notamment grâce à son préparateur physique Scott Burns. Et puis, il reste maintenant à régler son environnement. Cela étant dit, je suis très content qu'elle travaille maintenant avec Michael Joyce. Je crois qu'ils ont le même type de tempérament et qu'ils sont sur la même longueur d'onde. »

Ce qui n'a pas nécessairement été le cas pour Bruneau et la Montréalaise Françoise Abanda la saison dernière.

Cette dernière s'est d'ailleurs retrouvée au centre de nombreuses controverses au fil des derniers mois, notamment au sujet de son absence d'une vidéo promotionnelle de Tennis Canada. Elle a aussi allégué en septembre avoir été forcée de disputer un match à la Coupe Banque Nationale, en dépit du fait qu'elle se disait incommodée par une blessure. Mercredi, Bruneau, pesant chacun de ses mots, a voulu remettre les pendules à l'heure une bonne fois pour toutes.

« J'aime beaucoup Françoise, il n'y a pas de ressentiment, d'aucune façon, a-t-il assuré. Vous savez, chacune des filles a une personnalité. Parfois, il y en a une qui parle un peu plus, d'autres un peu moins, c'est correct. Mais elle entre dans une période cruciale de sa carrière. Le prochain mois sera très important pour elle. Elle devra se remettre en forme sur le plan physique et tennistique. Je crois vraiment qu'elle pourrait faire beaucoup plus que ce qu'elle fait présentement. »

Bruneau juge qu'Abanda, 224e du monde, peut atteindre le top 100. Pas seulement elle. Bianca Andreescu (156e), Marino (190e) et Katherine Sebov (204e) peuvent toutes « facilement être dans le top 100 ».

Ça, c'est être réaliste, et non hautement optimiste [...] Je ne serai pas satisfait comme entraîneur responsable du programme féminin tant que ces filles-là n'auront pas intégré le top 100 parce que je suis convaincu qu'elles ont ce qu'il faut.

Sylvain Bruneau, entraîneur national responsable du programme féminin

Une relève à surveiller

« On a pas mal de jeunes qui arrivent derrière, mentionne Borfiga. On est assez confiants pour l'année prochaine et le futur, car on a vraiment beaucoup de talent en ce qui concerne les jeunes filles arrivantes. »

Celui qui a jadis formé la deuxième garde des quatre mousquetaires français, composée de Gaël Monfils, Richard Gasquet, Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga, voit d'un bon oeil un groupe de jeunes athlètes canadiennes âgé de 13 à 16 ans qui est « assez exceptionnel », selon ses dires.

« On a ce groupe de jeunes filles qui est une relève vraiment exceptionnelle, mentionne Bruneau. Ce sont cinq, six joueuses de 13 à 16 ans qui ont un grand potentiel. Je pense que c'est un peu les bienfaits, les retombées d'Eugenie Bouchard qui a bien joué. Les filles qui étaient toutes jeunes ont regardé le tennis. »

Leylah FernandezLeylah Fernandez Photo : Gracieuseté / Coupe Rogers

« On est surtout excités parce qu'il y a autant de filles. C'est arrivé par le passé qu'on avait une ou deux bonnes joueuses. Là, c'est un groupe de plusieurs jeunes filles qui jouent à un très, très bon niveau, ajoute-t-il. C'est sûr qu'on se prend un peu à rêver et à les voir aller très loin, mais il faut être patients et prudents. »

L'entraîneur national et vice-président du développement de l’élite considère que cet environnement est propice au développement et à l'épanouissement.

« Elles se motivent, se poussent entre elles, et il y a une saine compétition qui s'installe. C'est toujours bien d'avoir ce phénomène », estime Bruneau.

« J'ai vraiment été agréablement surpris par la qualité des jeunes filles, elles ont un bon esprit et déjà un tennis complet, poursuit Borfiga. L'émulation entre elles peut nous amener à avoir dans quelques années de très, très bons résultats chez les femmes. »

Avec les informations de Félix St-Aubin

Avec les informations de La Presse canadienne

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