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Quand partir? La retraite d'Erik Guay fait réfléchir les meilleurs du monde

Aksel Lund Svindal et Erik Guay sur le podium de la course de Bormio en 2013.

Aksel Lund Svindal et Erik Guay sur le podium de la course de Bormio en 2013.

Photo : Getty Images / OLIVIER MORIN

Radio-Canada

La retraite d'Erik Guay, annoncée à Lake Louise en ouverture de saison, fait réfléchir les vétérans du circuit de la Coupe du monde sur le moment idéal de la retraite.

Un texte de Philippe Crépeau

Le skieur québécois a réalisé, après l'accident dont a été victime Manuel Osborne-Paradis à l'entraînement le 25 novembre, qu'il n'était plus dans un bon état psychologique pour continuer au plus haut niveau, avec le degré élevé de risque dans les épreuves de vitesse.

Et sa décision, survenue quelques heures après la double fracture tibia-péroné qu'a subie son coéquipier, fait réfléchir les skieurs de sa génération qui sont dans la tranche d'âge critique, entre 35 et 40 ans.

Le premier à se poser des questions sur la suite des choses, c'est le Norvégien de 35 ans Aksel Lund Svindal.

Le double champion olympique, quintuple champion du monde, double vainqueur du grand globe de cristal (classement général), a accepté de partager sa réflexion au micro de Radio-Canada Sports.

« Je suis dans une situation similaire à celle d'Erik. Je sais que je devrais prendre ma retraite bientôt », admet-il volontiers.

Il marche avec ses skis sur l'épaule.

Aksel Lund Svindal quitte la montagne après l'annulation de la dernière descente d'entraînement à Lake Louise

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

« J’ai eu des blessures ces deux dernières années, et vous vous rendez compte que ces blessures vous nuisent aussi dans votre vie quotidienne, pas juste dans votre carrière d’athlète », explique le grand Norvégien.

« Donc, à un moment donné, il sera temps de déposer mes skis et de faire autre chose. Je pense qu’Erik a pris la bonne décision s’il a réalisé que le temps était venu. »

Avant l'âge, il y a la santé

« La limite, c’est vraiment votre état de santé, tranche Svindal. Si vous êtes en santé, si vous n’avez pas trop de malchance avec les blessures, et si… comment dire?... si vous pensez à tout ce qui remplit votre vie, si vous avez des enfants par exemple, et que pour vous le ski a encore sa place, alors, même si vous avez 38 ans, vous pouvez continuer. »

L'important pour lui est de ne pas se mentir quand les signes sont là.

Quand vous sentez que c’est le bon moment [pour arrêter], peu importe si vous avez 32 ou 42 ans, c’est le moment d’arrêter.

Aksel Lund Svindal

Le Français Johan Clarey est de la même année de naissance qu'Erik Guay, soit 1981. Avec quatre podiums de Coupe du monde, le grand athlète de 1,91 m (6 pi 3 po) croit que c'est d'abord et avant tout une question d'envie.

« Je trouve que la tranche 35-40 ans, c’est la limite. Moi, j’ai 37 ans, et ça commence à être difficile physiquement sur pas mal de points », mentionne-t-il.

Johan Clarey

Johan Clarey

Photo : Société Radio-Canada / André Jacques

« J’ai mal aux genoux, j’ai mal au dos, j’ai mal à pas mal d’endroits, mais bon, tant que je prends encore du plaisir, je vais continuer sur ma lancée », affirme-t-il.

Tant que je peux me battre avec les meilleurs, je vais continuer.

Johan Clarey

Et c'est justement ce que ne pouvait plus faire Erik Guay.

« Pousser et prendre des risques pour un podium ou un top 5, je veux bien, mais pour une 35e place, ça, je ne veux plus », a dit le Québécois à Lake Louise pour expliquer sa décision.

Erik Guay

Erik Guay

Photo : Getty Images / Alexis Boichard/Agence Zoom

Le skieur italien Dominik Paris est encore dans la force de l'âge. Il n'est pas encore trentenaire.

Vice-champion du monde de descente (2013) et huit fois victorieux en Coupe du monde, l'athlète de 29 ans croit que tout dépend du niveau de préparation que les athlètes s'imposent.

« Tout le monde est différent, rappelle-t-il d'abord. Ça dépend de votre corps, si vous êtes en santé. Ça dépend de l’état de vos muscles, si vous êtes capables de pousser à la limite à l’entraînement. Tout doit fonctionner ensemble, et c’est plus dur quand vous prenez de l’âge. »

« En ce moment, la tranche 35-40 ans, c’est pas mal la limite, mais ça pourra peut-être changer dans 10 ans, je n’en sais rien », conclut-il.

Dominik Paris

Dominik Paris

Photo : Getty Images / Christophe Pallot/Agence Zoom

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